| Déclaration CGT rassemblement des retraités devant le CER du 14 decembre 2010 |
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| Mercredi, 15 Décembre 2010 00:35 |
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Monsieur le Directeur, Aujourd’hui les retraités cheminots de la région de Dijon sont aussi dans l’action avec la CGT sur leurs revendications et vous interpellent pour différentes raisons que je vais évoquer :
Nous venons de vivre dans le pays un grand mouvement sur la réforme des retraites. Les salariés actifs et retraités prennent la mesure des enjeux lourds de conséquences de la réforme des retraites menée à marche forcée par le Gouvernement.
Le tandem Sarkosy-Woerth ne s’attendait certainement pas à une telle résistance face à une réforme qui semblait acquise sans encombre avec une opinion publique conditionnée par des médias complaisants. La situation a été tout autre.
Pour ce qui nous concerne, les retraités ont été de plus en plus nombreux à comprendre qu’ils étaient eux aussi concernés, l’un des objectifs premier de cette réforme étant bien l’affaiblissement des pensions et du système solidaire par répartition.
La participation des retraités dans ce mouvement social ne s’est pas réalisée que sur un fonds de solidarité avec les jeunes générations, les retraités ont aussi des revendications à défendre, en particulier sur l’évolution du pouvoir d’achat des pensions.
Nous ne faisons pas partie de ceux qui se contenteraient d’attendre les échéances électorales de 2012 pour régler la question.
Le recul de l’âge de départ à la retraite ne débutera qu’au 1er juillet 2011 pour les salariés du régime général et il n’y a pas lieu d’abandonner les revendications parce que la loi est promulguée.
A propos de cette loi, le CA de la CPRP du 15 décembre devrait être saisi pour avis sur le projet de décret déclinant dans notre régime spécial, les dispositions de la loi promulguée le 10 novembre par le Président de la République.
C’est pour dénoncer ce nouveau passage en force, qu’un courrier unitaire a été adressé au 1er Ministre, contestant la méthode et exigeant du Gouvernement, comme il s’y était engagé, une négociation sur le contenu du décret.
Rien ne justifie une telle précipitation puisque les mesures prévues dans la loi sont sensées impacter notre régime spécial qu’en 2017…si ce n’est cette volonté de faire plier le corps social aux exigences du MEDEF, relayées par le pouvoir en place et soutenues par une direction qui a fait le choix de retirer la totalité des jours de grève en une seule fois.
Pour finir momentanément sur ces questions, notons que se sont ouvertes les négociations sur l’avenir des régimes complémentaires ARRCO et AGIRC en vue d’un nouvel accord d’ici fin mars 2011.
Nouveau théâtre d’affrontements, cette fois directement avec le patronat, cette négociation est un volet important de la poursuite de notre bataille sur les retraites.
C’est plus de 18 millions de salariés et 11 millions de retraités concernés et pour nous cela concerne les agents au PS25, les cheminots de droit privé ainsi que les personnels CE et CCE.
Cette indispensable bataille sur les retraites complémentaires se conjuguera avec la proximité de notre action sur la retraite à 60 ans (55 et 50 ans dans notre régime)
Nous intervenons également sur le dossier retraite pour les agents issus des « centres d’apprentissage » afin que soient pris en compte et validés, par le régime spécial SNCF, l’ensemble des trimestres d’apprentissage effectués.
Le 30 mars 2010, lors de la manifestation nationale des cheminots retraités à PARIS, le représentant du gouvernement au CA de la CPR s’était engagé à examiner l’évolution des pensions des cheminots et la situation des pensions de réversion. Depuis, rien n’a bougé !
NOUS DISONS HALTE AUX PERTES DE POUVOIR D’ACHAT !
La suppression de la péréquation et l’indexation des pensions sur les prix que nous a imposées Sarkozy et son gouvernement depuis 2009, n’assure en rien un réel maintien de notre pouvoir d’achat.
En 2010, nos pensions n’ont augmenté que de 0,9 % au 1er avril alors que la hausse officielle des prix a déjà atteint 1,15 % à la fin août !
La péréquation (indexation des pensions sur les salaires liquidables des actifs de même position, ancienneté et grade,) qui était appliquée à la SNCF depuis 1949, nous permettait, grâce à l’ensemble des mesures prises (augmentations générales, intégrations de points d’indemnité de résidence, attributions de points de grille, revalorisation des primes de travail, etc.) de maintenir le pouvoir d’achat des pensions brutes (et même de l’améliorer pour les plus basses positions).
En 2010, en l’état actuel de la situation, nous aurions eu 1,3% d’augmentation, soit 0,4% de plus.
Ainsi, depuis janvier 2009, si la péréquation avait été appliquée, nous aurions eu 2,46% d’augmentation des pensions.
Même avec l’indice officiel, la perte de pouvoir d’achat est évidente ! C’est totalement inacceptable, c’est pourquoi nous exigerons une nouvelle augmentation dès 2010.
Nous refusons une indexation sur les prix qui n’assure pas un réel maintien du pouvoir d’achat, et qui appauvrit les retraités au fur et à mesure de leur avancée en âge.
NOUS RECLAMONS AVEC FORCE LE RETOUR DE LA PEREQUATION !
NOUS EXIGEONS EGALEMENT QUE LES RETRAITÉS BENEFICIENT DES MESURES D’AMELIORATION DU SALAIRE LIQUIDABLE DE 2009 ET 2010 !
Suite aux actions de l’automne 2007, des mesures ont été prises pour améliorer le salaire liquidable et donc les retraites, mais les retraités partis avant leur mise en œuvre n’en bénéficient pas du fait de la suppression de la péréquation. C’est totalement injuste !
Nous réclamons que les retraités actuels bénéficient des mesures prises pour améliorer le salaire liquidable suite aux actions de 2007
Sur les basses pensions :
23 000 pensions directes (soit 12,5 % des retraités) bénéficient actuellement du minimum de pension ; plus de 46 100 retraités (soit 25 %) perçoivent moins de 1 265 € bruts par mois… Et dirent que certains osent traiter les cheminots de privilégiés !
NOUS EXIGEONS LA REVALORISATION DES BASSES PENSIONS !
par un relèvement du minimum de pension au niveau du salaire d’embauche SNCF afin d’aller vers les 1 600 € revendiqués par la CGT.
NOUS EXIGEONS LE RELEVEMENT DU TAUX DE REVERSION !
Certes, grâce à la CGT, le taux de réversion du minimum est passé de 50 à 54 %, soit à 621,64 € par mois depuis juillet 2010 ! Près de 35 000 veuves, soit 33 % des réversions, bénéficient de ce minimum… mais 50 % des réversions perçoivent moins de 639 € par mois ! Peut-on vivre décemment avec une telle somme ? Et pourtant près de 54 000 veuves doivent se contenter d’un tel privilège… à faire pâlir Mme Béthencourt !
Lors du CA de la CPRP du 30 mars 2010, la CGT a dénoncé une fois de plus la situation des veuves de cheminots et demandé que des mesures de relèvement du taux de réversion soient prises rapidement. Le représentant du gouvernement s’est engagé à réunir un groupe de travail sur ce point… mais rien n’a bougé depuis ! Pour le gouvernement l’équité ne serait-elle invoquée que lorsqu’il s’agit de réduire les acquis des régimes spéciaux ?
Nous demandons un relèvement immédiat du taux de réversion à 60 %pour aller aux 75 % revendiqués par la CGT, et ce sans remise en cause des conditions d’âge, de ressources et de cumul actuelles.
LA DIRECTION SNCF DOIT CESSER DE S’OPPOSER A NOS REVENDICATIONS !
L’attitude totalement fermée des représentants de la SNCF au CA de la CPRP du 30 mars face aux demandes de la CGT, et la volonté du Président Pépy d’obtenir une réduction, voire même la suppression, du taux de cotisation T2 n’est sans doute pas étrangère à l’immobilisme du gouvernement malgré ses engagements lors du CA de la CPR.
Cette attitude est totalement inacceptable,
Nous avons également d’autres revendications plus générales comme :
Nous voudrions également vous interpeller sur un autre dossier engageant sur l’avenir de notre entreprise, le FRET SNCF dont la saignée se poursuit.
Dernièrement, le 29 octobre 2010, le Président de la SNCF, après une longue abstinence médiatique, annonçait sur une radio nationale que les grèves de l’automne avaient rendu catastrophique la situation de FRET SNCF. Il ne faut pas manquer d’air et de tentatives d’enfumages médiatiques pour tenir de tels propos. Ce sont bien les choix politiques et les stratégies d’entreprise qui ont conduit à la situation catastrophique dans laquelle se trouve FRET SNCF.
L’abandon du tri à la gravité et du wagon isolé sur Gevrey en est le triste exemple.
Preuve en est encore, la dernière décision de la direction SNCF qui suite à la mise en œuvre de la « terre brûlée » va faire transporter 20% de son gasoil ferroviaire par la route.
Nous dénonçons un tel gâchis écologique de ce marché qui consacre une nouvelle fois, la casse de l’activité FRET.
Nous voulons également vous exprimer notre profonde indignation pour des faits qui se sont déroulés à l’encontre d’un salarié du Technicentre Bourgogne Franche Comté (maintenance du matériel roulant) qui s’est vu « démissionné d’office » par la direction de l’établissement à son retour d’une mission humanitaire. La démarche humanitaire de cet agent était d’apporter une aide à des enfants d’un pays qui souffre, démarche d’ailleurs encouragée par la fondation créée par notre entreprise.
La direction n’en est pas à son coup d’essai puisque depuis plusieurs mois la CGT dénonce des pratiques managériales d’un autre âge dans cet établissement notamment vis-à-vis de ses élus. Un élu de la CGT a été péjoré dans son déroulement de carrière et a été victime de menaces à plusieurs reprises du seul fait de son engagement syndical.
Nous sommes choqués par de telles pratiques au Technicentre Bourgogne Franche-Comté et nous demandons que ces deux jeunes cheminots soient rétablis dans leurs droits.
Dans un autre registre très sensible également qui touche l’ensemble des retraités, nous condamnons la déclaration du Président de la SNCF, monsieur Pépy, faite à des élus de l’Etat de Floride auprès desquels il a exprimé sa « profonde peine et son regret » quand au rôle de la SNCF concernant les trains de la déportation.
Notre corporation dans sa plus large composition s’est particulièrement distinguée par des actes de résistance, de désobéissance, de désorganisation et de sabotages des transports malgré un attachement légendaire à notre outil de travail.
Unis par notre statut depuis 1938, les cheminots sont porteurs d’un esprit de solidarité et de luttes, valeurs qui, dès l’occupation, structurent de manière prépondérante une conscience de résistance reconnue historiquement et politiquement.
Il nous parait utile de rappeler que la corporation des cheminots paya un lourd tribu à la paix, à l’indépendance et à la liberté. 8938 cheminots y laissèrent leur vie, 15977 ont été blessés, pour faits de résistance. 2480 ont été déportés dont 1157 sont morts dans les camps d’extermination.
Solidaires de nos camarades actifs dans leurs actions, nous vous demandons de transmettre nos revendications, à la direction de la SNCF, au représentant de l’Etat et au directeur de la CPRP. |






