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Une SNCF plus simple… Pourquoi ? Comment ? Imprimer Envoyer
Vendredi, 02 Janvier 2009 00:00

En juin, le président Pépy a tracé la feuille de route avec « Destination 2012 ». En octobre il a lancé le projet « simplifier et rassembler la SNCF » pour préciser comment atteindre le but. Le 16 décembre, la table ronde stratégie, demandée par la CGT, était censée répondre aux questions. Premiers enseignements : changez tout, votre projet ne tient pas debout !

Être en 2012 une entreprise concurrentielle, de dimension mondiale, leader sur les marchés de l’écomobilité ». Le slogan peut se décoder de la manière suivante : le mot entreprise désigne le groupe et la dimension mondiale indique son développement à l’étranger au détriment de l’EPIC, la notion de service public disparaît au profit de la concurrence, et le terme écomobilité n’est que le paravent « développement durable » des objectifs financiers.
En effet, les seuls objectifs sont d’une part l’augmentation de 50 % du chiffre d’affaires pour atteindre 36 milliards d’euros en 2012, et d’autre part le doublement du résultat opérationnel courant (ROC : différence ente le chiffre d’affaires et les coûts liés à la production et à l’amortissement des investissements) pour atteindre 2 milliards d’euros en 2012.
La réponse à la question « pourquoi simplifier la SNCF ? » étant claire, la réponse à la question « comment ? » consiste à satisfaire la boulimie de croissance du groupe en doublant l’endettement d’ici 2012 et au régime minceur de l’EPIC.


Une boulimie de croissance pour le groupe

Les marges financières de l’entreprise publique, dues aux efforts des cheminots ces dernières années, ont déjà permis la prise de contrôle de la totalité de Geodis et l’achat de 75 % de l’opérateur ferroviaire allemand ITL. Plus récemment Geodis a racheté l’ensemble de la logistique d’IBM qui ne comporte aucune prestation ferroviaire. En voyageurs, c’est le rachat de 20 % du capital de NTV, opérateur ferroviaire italien sur la grande vitesse. Le montant de ces opérations capitalistiques a déjà représenté plus de 830 millions d’euros en 2008 et s’élèvera à près de 5 milliards d’euros en fin de période, soit l’équivalent de 100 000 cheminots.
En quoi cette stratégie répond-elle aux besoins d’amélioration et de développement du ferroviaire en Europe et en France ?


Le régime minceur pour l’EPIC

En s’appuyant sur l’organisation mise en place dans la branche fret, le projet « simplifier et rassembler » consiste à placer le pilotage économique et social sous la responsabilité des branches, en poussant au bout la dédication des moyens, la responsabilisation sur les résultats et l’implantation territoriale en fonction des marchés.
De plus, l’allègement des structures, des processus et des modes de pilotage ainsi que l’abaissement du centre de gravité réduiront drastiquement les effectifs et les fonctions transverses, rebaptisées « corporate » comme dans n’importe quel groupe industriel organisé en holding.
La situation du fret est pourtant l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire : avec un résultat 2008 estimé à 35 GTkm et un déficit de plus de 330 millions d’euros, en « langue CHSCT » on peut parler de « danger grave et imminent ».


Un « droit d’alerte CGT » pour une autre conception de l’entreprise

L’organisation de l’entreprise doit être liée aux principes d’égalité de traitement et d’accès, de continuité et d’adaptabilité du service public, à l’aménagement du territoire, à une perspective de développement du ferroviaire par l’entreprise publique intégrée.
Elle doit permettre d’offrir toutes les prestations voyageurs et fret sur tout le territoire national, et s’articuler de manière à renforcer l’effet réseau et les avantages de la production liée, gages d’efficacité économique, environnementale et sociale.
Son efficacité nécessite de renforcer la transversalité de la production et la mutualisation des ressources. Dans ce cadre, la création d’établissements multi- activités de proximité, pour mettre en œuvre toutes les interfaces et les synergies entre les différents services de l’entreprise et du groupe, prend tout son sens.
C’est cette conception qui doit être débattue avec tous les cheminots pour gagner des conquêtes sociales dès le 29 janvier et une progression de la CGT aux élections DP/CE le 26 mars.

Alain Prouvenq
Secrétaire fédéral en charge
des questions économiques