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Chers camarades, chers compagnons
Je vous remercie de vous être déplacé aujourd’hui pour ce rassemblement organisé par le secteur fédéral CGT des cheminots.
Nous sommes réunis ici pour la deuxième fois suite à la saisine par le CHSCT de Gevrey des institutions judiciaires. En effet lors de l’audience du 3 octobre, le tribunal n’a pu se prononcer du fait que la SNCF avait remis les documents hors délais. Qu’elle pirouette va-t-elle inventer pour tenter de s’extraire de la justice aujourd’hui ? Quel sera le verdict de la justice ? Nous n’allons par tarder a le savoir. Il est bon de se rappeler dans la période pourquoi nous sommes réunis ici, car la méthode utilisée par l’entreprise à Gevrey n’est plus un cas isolé.
L’expertise votée sur proposition de la CGT, dans le cadre du passage au tri à plat au triage de Gevrey n’a constitué pour la direction qu’une procédure dont elle n’a pas tenu compte un seul instant, la restituant à la hussarde aux mandatés CHSCT en dépit des formes prévues contractuellement.
Le CHSCT n’a pas été consulté, et nombre d’interrogations posées par les mandatés notamment concernant la sécurité des personnels n’ont pas trouvé de réponses. Les mandatés CHSCT ont d’ailleurs refusé de prendre part au vote et ont adopté plusieurs motions que la direction a balayées d’un revers de main. Le CE FRET enfin a été saisi du dossier malgré l’absence de consultation du CHSCT ce que la directrice du FRET s’était engagée à ne pas faire !
Je tiens à saluer au nom du secteur fédéral l’engagement des élus CGT qui malgré les pressions, qui en dépit de la casse, programmée par la direction, de leur outil de travail, n’ont rien lâché et ils ont eu raison de le faire.
En effet plusieurs incidents graves sont survenus depuis sur le site de Gevrey, des trains ont déraillé, des collisions ont été évitées de justesse, un agent a même été blessé, le tout en seulement quelques mois.
Ces risques la CGT les avait identifiés dès le départ, mais elle n’a pas été entendue dans les instances représentatives du personnel. Les dirigeants de la SNCF doivent aujourd’hui répondre de leurs choix, même si certains ont bénéficié depuis de promotions après leur soutien zélé à la politique de l’entreprise…
La CGT en équilibre sur ses deux pieds a toujours été à l’initiative sur ce dossier.
Elle a rencontré les élus politiques, elle a déposé un vœu au CESER.
Le 19 janvier dernier avec les organisations syndicales, la CGT avait porté lors d’une réunion à la préfecture de Côte d'Or la nécessité d’une table ronde tripartite (État, SNCF, organisations syndicales représentatives) concernant le FRET ferroviaire sur le département et l’avenir du triage de Gevrey.
Un accord de principe pour une telle réunion avait été donné par la préfète.
Le 10 mars 250 personnes se sont rassemblées devant la préfecture de Côte d’Or à l’initiative de la CGT pour exiger la tenue de cette rencontre avant la mise en œuvre des restructurations prévues sur le triage.
Une délégation a été reçue à cette occasion porteuse de propositions alternatives visant à maintenir et à développer l’activité de FRET SNCF sur notre territoire. Les risques ferroviaires induits par le passage au tri à plat avaient là aussi été pointés !
Des discussions ont eu lieu pendant plusieurs jours pour organiser cette table ronde.
Le processus était arrivé quasiment à terme puisque la date du 30 mars 2011 avait été fixée ainsi qu’un certain nombre de participants : le nom de Mr BLAYAU était évoqué pour représenter la SNCF.
Le 25 mars après 15 jours de discussions la préfecture et la direction SNCF ont fait le choix de ne pas donner suite à cette table ronde et le 30 mars une réunion entre la préfète et le président Pépy a eu lieu sans les organisations syndicales.
Une fois de plus nous pouvons prendre toute la mesure, au travers de ce dossier, du dialogue social de haut niveau porté aux nues devant les médias par la direction SNCF. C’est l’enfumage à tous les étages et nous opposons avec force au Président Pépy lorsqu’il prétend « on ne négocie pas pendant la grève », qu’en réalité à la SNCF on ne négocie pas en dehors du rapport de force !
Depuis la date du 5 avril 2011, l’activité de fret SNCF se réduit comme peau de chagrin sur le site. Mais l’activité du site elle progresse, car depuis ECR s’est installé. La SNCF lui a laissé la moitié du triage pour ses opérations, elle lui a fourni pour le soutenir un client de taille, GEFCO dont le président est l’ex-président de fret SNCF ; elle lui laisse libre accès à ses locaux, et ECR ne paie rien ! Quand la SNCF n’a pas les moyens de mettre en place sa filiale VFLI, elle contribue, et organise le développement des autres EF.
Pépy ne négocie pas avec les cheminots qui par leurs actions luttent pour le développement du service public, mais pour ce qui est des petits arrangements entre amis du libéralisme, il est grand seigneur.
Il en a été de même lors de la préparation de la mise en service du premier train de voyageurs privé qui circulera dès le 11 décembre prochain. Le Tello, train financé par trénitalia et veolia, personnel formé par des cadres SNCF, machine fournie par AKIEM, filiales de la SNCF qui a récupéré bon nombre des machines neuves de Fret SNCF, et pour finir le bouquet final, mise a disposition quotidienne par Gare et Connexion de la voie N en gare de Paris gare de Lyon, ce que la SNCF n’a jamais pu obtenir pour ses propres trafics. Concurrence libre et non faussée ?
C’est tout l’inverse, tout est faussé ! Pipé d’avance ! Les libéraux s’arrangent entre eux, se répartissent la charge sur les territoires, organisent le détournement de l’argent public que les collectivités locales mettent dans les transports. Leurs seuls objectifs, c’est de faire du fric, de mettre en concurrence les salariés entre eux, de les stigmatiser en leur expliquant qu’ils coûtent trop cher, les obliger à accepter la baisse de leurs conditions sociales.
Pour ce faire la SNCF et le gouvernement ont lancé le 15 septembre dernier les assises du ferroviaire. Le 8 novembre les députez européens on voté la refonte du 1er paquet ferroviaire, pour plus de libéralisation dans le secteur.
Il est urgent de rappeler que ces deux assemblées n’ont comme objectif que de s’attaquer au statut des cheminots, et qu’en aucun cas la mise en concurrence n’apportera d’amélioration aux usagés de ce mode de transport. L’exemple de Fret est un bon exemple !
La ou cela c’est fait, en Angleterre pour ne pas la citer, le gouvernement a du faire marche arrière. Non pas à causse d’un fort rapport de force, mais au dysfonctionnement, à l’absence d’entretien, à une baisse de la sécurité des circulations.
Il faut que les cheminots, les populations et les élus sachent et comprennent ce que représente le statut de cheminots.
Le statut n’a pas été créé en 1937 lors de la nationalisation de l’a SNCF, mais en 1920. À cette époque il y avait 6 compagnies privées sur le territoire national. Mais alors, pourquoi avoir mis en place un statut de cheminots si c’était géré par des entreprises privées ?
Derrière le statut des cheminots, il y a des garanties pour l’ensemble des personnels de ses entreprises, en matière de conditions sociales, de santé, de formations, de salaire, mais aussi des devoirs et de valeur de service public et de continuité de service. Tout cela garantit aux populations d’avoir un service de qualité, effectué en sécurité, par des personnels compétant dans leur métier au service de la nation.
Le mode ferroviaire est le seul mode de transport, contrairement à la route ou l’aérien, qui n’entraîne pas d’angoisse lors de son utilisation, pour la CGT, c’est le résultat d’avoir une entreprise nationale avec des personnels à statut. Cela doit perdurer !
Quand sera-t-il demain, avec des personnels changeant de direction tous les 3 à 5 ans en fonction des résultats des appels d’offres, soumis a la pression des investisseurs et dans l’incapacité de pouvoir dire NON ! Alors que le train est encore a ce jour un mode de transport sur, la population et les politiques sont-ils prêts à accepter d’entendre à la radio quotidiennement l’annonce d’accident comme pour la route ? Pourquoi chaque matin, des camions sont impliqués dans des accidents de la route ?Les raisons principales sont la misse en concurrence des personnels et la déréglementation totale de ce secteur marchand.
De plus, depuis la suppression en 1984 de la tarification routière obligatoire a conduit à l’absence de prise en compte des coûts externes, à une pression toujours plus forte des chargeurs sur les prix.
Le ferroviaire en France avoisine 8.8 % des marchandises transportées, et cesse détérioré. Les ennemis du ferroviaire sont la route, la politique de Fret SNCF, l’absence de politique gouvernementale, qu’on ne s’y trompe pas !
Aucun engagement ferme de l’État n’est acté, le projet de SNIT (Schéma National d'Infrastructures de Transport), dont la partie ferroviaire reprend cet engagement national le confirme très clairement.
Le seul financement réellement identifié est le milliard que la SNCF va investir sur 5 ans à raison de 200 millions d’euros par an, prit sur la casse du wagon isolé la suppression massive d’emplois comme à Gevrey, les filialisations et la vente du patrimoine.
Quand on examine de près la stratégie du groupe SNCF, on constate que l’EPIC SNCF sert de banque pour financer le développement des filiales routières de Fret. À cet effet, la SNCF a racheté l’activité messagerie du groupe international routier GIRAUD.
De 2004 à 2008, les restructurations SNCF ont jeté 1 500 000 camions supplémentaires par an sur les routes. Sur la base des trafics réalisés en 2008, l’abandon des dessertes locales par la SNCF reportera l’équivalent de 1 200 000 camions supplémentaires par an sur les routes d’ici 2011.
Ce n’est qu’à l’horizon hypothétique de 2020, que ces projets prévoient un report modal de 1 400 000 camions sur les trains, soit à peine le rattrapage des « dégâts environnementaux » effectivement réalisés aujourd’hui.
Aujourd’hui, en 2011, Fret SNCF devrait avoir transporté 20 gtk.
20 GTK c’est le volume de marchandise transportée par le fer en 1910 !
Ce chiffre démontre que nous sommes aujourd’hui aux antipodes des conclusions de la Loi Grenelle. Déclin économique, forfaiture environnementale et dumping social avec des trafics et des emplois sacrifiés sur l’autel de la concurrence, au profit du transport routier. C’est la régression durable que la SNCF et le gouvernement ont choisi de mettre en place !
Ce chiffre prouve que la stratégie actuelle ne permettra pas d’enrayer le déclin du fret ferroviaire, même le Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable – organisme du ministère ne croit plus à l’ambition des 25 % du Grenelle, mais au mieux de 16 à 17 % de part modale pour les modes alternatifs à la route.
Face à ce constat d’échec des politiques successives, et pour répondre aux assises du ferroviaire lancées par NKM, dont les conclusions sont connues d’avance, la CGT lance les états généraux des services publics ferroviaire, et le Fret en fait partie.
La CGT propose notamment sur notre région de moderniser les infrastructures existantes pour développer l’activité sur les principales zones industrielles de la place dijonnaise reliées au réseau ferré et de créer un contournement dédié FRET qui améliorerait les transits sur le corridor Luxembourg/Méditerranée. De finir l’électrification de la VFCEA (Voie Ferrée Centre Europe Atlantique) pour le tronçon manquant Nevers Chagny, afin de permettre un report modal des camions de la RCEA sur les trains (Route Centre Europe Atlantique une des quatre routes les plus meurtrières de France).
C’est dans cette conception que la CGT revendique une politique des transports multimodale et complémentaire au service des hommes et des territoires, à partir de leurs revendications.
Seule une politique des transports basée sur des valeurs de service public permet de respecter ces choix.
Je finirai cette intervention en revenant quelques instants sur le préavis de grève de la CFDT pour les we de décembre.
Alors que l’ensemble des libéraux espérait, Mariani et sa droite populaire en tête, que la CGT fasse capoter le changement de service du 11 décembre, justifiant leur position sur la suppression de notre statut de cheminot et du droit de grève à la SNCF, à l’issue des assises de NKM, il n’en sera rien.
La CGT elle n’a pas perdu son triple AAA.
Anticiper, Analyser, Agir.
• Anticipé, c’est ce qu’elle a fait lors de l’annonce du SA 2012, et lors de ces rencontres avec le ministère en janvier et en juin 2011.
• Analyser, elle l’a fait en observant les propos des libéraux dans l’ensemble de l’Europe et leurs intentions, comme le contenu de la refonte du 1er paquet ferroviaire.
• Agir, à travers une action interprofessionnelle le 13 novembre prochain pour s’opposer aux mesures imposées par le parlement européen et Sarkozy.
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Qu’en est-il exactement de la CFDT ?
Cette OS minoritaire, 11.25% aux dernières élections, qui se présentent comme la première OS chez les mécaniciens, alors qu’elle n’est que la 3e, n’a participé à aucune négociation concernant le changement de service 2012.
Son ex-secrétaire générale, Nicole Notat, actuelle directrice d’une agence de notation est nommée médiateur entre la SNCF et RFF dans le cadre du SA2012 !
Son premier secrétaire Chéreque, qui était le premier à monter au créneau et insultait les cheminots en grève en avril avec la CGT, reste muet !
L’attitude du président Pépy, qui soi-disant ne négocie pas sous la pression, se dit près à négocier avec la 4éme os de la SNCF concernant les conditions des ADC alors qu’il refuse de dialoguer de service public et d’augmentation salariale avec la 1ere !
Pour la CGT, la CFDT et le gouvernement nous ressortent la bonne vieille méthode complice. La CFDT au service des intérêts de l’état.
Celle qui à prévalu en 2003 pour entériner la réforme Fillon sur les retraites. Celle qui a permis en 2007 les mesures pour les nouveaux embauchés et la fin des bonifications traction. Celle qui a assisté encore et toujours la réforme des retraites de 2010. Nous ne reviendrons pas sur l’ensemble des signatures de modération salariales depuis de nombreuses années qui on contribué a la perte de + de 20%. Pour 2011 cela sera - 1.8% pour les cheminots, plaçant ainsi le salaire d’embauche a la SNCF a 2€ au dessus du SMIC alors qu’il était à (la j’ai un trou ??).
Des mesures sociales acceptables pour tous ! Pour ne reprendre qu’une expression favorite du leader de la CFDT.
Par son action, la CFDT va une nouvelle fois desservir l’action des cheminots.
Autant de raisons d’agir le 13 décembre prochain, journée d’action à l’appel des confédérations contre la précarité imposée par l’Europe, par des arrêts de travail et dans les manifestations.
Je vous remercie de votre attention.
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