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Chers amis, Chers Camarades,
C’est au nom du Collectif de Défense et de Développement du Triage de Gevrey que nous apportons notre soutien à votre initiative !
La SNCF doit respecter vos représentants, accepter un vrai dialogue social, écouter les propositions faites par les élus du CHSCT ;
Ce rassemblement participe aux résistances nécessaires pour combattre les stratégies libérales nationales et Européennes. Il nous faut se rassembler le plus largement possible, créer utilement des convergences de luttes.
Ce n’est pas les festivités qui ont entouré l’inauguration de la Branche Est du TGV Rhin-Rhône le 8 septembre dernier et celles qui président à la commémoration des 30 ans du TGV qui pourront masquer la réalité que vivent au quotidien les usagers de la SNCF tans pour les trafics voyageurs, que le Fret.
Citons entre autres, les conditions scandaleuses dans lesquelles ont circulé cet été les trains de Pèlerins, qui pour certains ont mis plus de 20 heures pour faire Strasbourg/Lourdes.
La liberté tarifaire réclamée par le Président de la SNCF et accordée par le gouvernement dans le cadre d’un décret en date du 31 juillet dernier participe de l’idée de faire payer aux usagers le financement du système ferroviaire. C’est un nouveau coup porté au droit au transport pour tous, à l’égalité de traitement, au Service Public !
- La suppression de dessertes de gare, de services, d’établissements, de milliers d’emplois de cheminots ;
- 4 000 Kms de ligne envisagée d’être fermés en 2014 dont les 2/3 dans le Massif Central ;
- Le dépeçage de la SNCF en interne, préparant les futures privatisations partielles ou totales ;
- La casse organisée du transport de marchandises avec la fermeture de gares, de triages tels Gevrey, Villeneuve-Saint-Georges, Somain, Sotteville,…, 450 locomotives fret, neuves non utilisées sont en train de rouiller !
- La sécurité des personnels et des usagers fragilisée, des trains privés qui circulent dans des conditions de sécurité pas toujours optimums mettant en danger les autres trains.
Les « Assises du Ferroviaire » lancées par le Gouvernement depuis le 15 septembre dernier pourraient fournir une occasion de choix pour construire un autre avenir au service public des chemins de fer, plus tourné vers la réponse aux besoins du plus grand nombre, au service de la collectivité nationale.
Malheureusement, d’après ce que nous en connaissons, ce n’est pas le débat public attendu, à fortiori que dans le cadre des travaux proposés, les plus concernés à savoir les usagers et les salariés seront très faiblement représentés.
Il est à craindre que nous assistions à un simulacre de débat permettant d’avaliser des décisions stratégiques déjà prises, notamment sur l’ouverture à la concurrence alors que rien ne l’impose si ce n’est des positionnements dogmatiques.
De ce point de vue, la situation désastreuse dans laquelle se trouve FRET SNCF après plusieurs années d’ouverture à la concurrence devrait faire réfléchir les décideurs politiques afin de ne pas produire les mêmes errements.
Pépy a beau rassurer ses ouailles au séminaire à TANGER. Nier la réalité, on assiste à la casse planifiée organisée de FRET SNCF. C’est d’ailleurs, d’après les syndicats de cheminots, l’appréciation que portent les personnels de l’entreprise doublée d’un sentiment de démission, d’abandon de la direction de la SNCF.
La perte du 3e client de FRET SNCF (GEFCO) intervenue récemment en est une nouvelle illustration.
Lorsque nous constatons que l’actuel patron de GEFCO (filiale du Groupe PSA) est l’ancien directeur de FRET SNCF, Monsieur Luc NADAL, que le responsable France d’E.C.R., (filiale de DEUTSCHE BAHN) Monsieur DELACHAMBRE, est l’ancien responsable de VFLI, filiale de la SNCF, que le dirigeant national de la production d’ECR est Monsieur JP DUTARDE, ex-chef de la Traction à la SNCF, on ne peut que se rendre à l’évidence, oui le dépeçage de FRET SNCF est dûment organisé et le transfert des trafics à la concurrence privée sciemment planifiée.
Le report modal, à savoir le transfert du transport de marchandises de la route vers le train, porté par les engagements du Grenelle de l’environnement se fait à l’inverse. C’est à croire que pour nombre de responsables, l’avenir du train, c’est le camion !
Que dire des entreprises qui sont embranchées au ferroviaire à qui on interdit de faire transporter leur fret par le rail et les centaines de locomotives Fret en bon état de marche qui pourrissent dans les triages ! ?
On le sait, il n’y aura pas de développement du transport Fret par rail sans la SNCF mais celle-ci se trouve de plus en plus dans l’incapacité de répondre aux enjeux de société, aux besoins des entreprises, de la collectivité nationale.
Pour preuve, en raison de la contraction drastique de l’appareil de production (fermetures de gares, de triages, de dessertes, suppressions massives d’emplois…), la SNCF n’a pu transporter cet été que 10 % des volumes de paille (22 trains sur 150 prévus !) en direction des exploitations agricoles qui en avaient besoin.
90 % l’ont été par la route. 2 000 camions se sont croisés chaque jour sur les routes de France !
Cette politique de libéralisation portée par d’incessantes restructurations n’a pas d’avenir si ce n’est de nous conduire dans le mur !
Persévérer dans la voie serait suicidaire !
Face aux conséquences de ces politiques, nombre d’usagers, de citoyens et d’élus se mobilisent dont la plupart par l’intermédiaire d’associations ou autres collectifs et comités pour s’opposer aux mauvais coups et exiger une autre politique de transport de voyageurs et de marchandises.
A la demande de plusieurs d’entre eux, une structure, un outil de coordination et d’impulsion au plan national est créé, sous l’appellation : « convergence nationale des collectifs pour un service public ferroviaire de qualité ».
Au nom de celles-ci, nous demandons au Gouvernement :
x Une meilleure représentativité des usagers dans les commissions de travail et séances plénières des « Assises du ferroviaire ».
x L’arrêt du schéma directeur FRET de la SNCF qui s’avère être un outil de casse de l’activité transport de marchandises par train.
x Le maintien en activité des triages avec le tri par gravité comme seule technique permettant de répondre à l’ensemble des besoins.
x L’ouverture de réelles négociations pour réorienter l’activité de FRET SNCF dans le cadre du développement durable.
x L’arrêt des suppressions d’emplois de cheminots.
x La mise en œuvre d’une tarification de Service Public, accessible à tous en préservant l’égalité de traitement favorisant le droit au transport pour tous !
x Le maintien, l’entretien, la modernisation des lignes ferroviaires dites « classiques » ainsi que des trains CORAIL (intercités, TEOZ, LUNEA…) au-delà de la convention « TET » (Trains d’Équilibre du Territoire) signée jusqu’en 2013 en l’Etat et la SNCF.
x La non-mise en concurrence des TER que rien n’impose !
x L’évaluation sérieuse et contradictoire des libéralisations intervenues notamment dans le FRET SNCF du point de vue économique, social, environnemental, de la qualité de service, du niveau de la sécurité, de la tarification, de la réponse aux besoins de transport…
x Le retour à l’unicité du système ferroviaire avec l’abrogation des dispositions législatives ayant créé RFF et la DCF (Direction Circulation Ferroviaire..).
x Une maîtrise publique nationale des infrastructures que ce soit dans sa réalisation, son exploitation ou sa maintenance par le Service Public SNCF et dont le financement soit assuré par un pôle financier public en lieu et place des P.P.P. (Partenariats Publics Privés) ou plus exactement Partenariats Pour le Privé. Cette maîtrise doit promouvoir une politique multimodale qui prenne en compte les besoins de transport, les enjeux sociaux, de sécurité, d’aménagement du territoire, environnementaux et énergétiques.
Voilà chers amis, chers camarades,
Aujourd’hui, TOUTES ET TOUS ENSEMBLE, cheminots, usagers, populations, collectivités territoriales, qui vivons au quotidien les conséquences désastreuses de ce choix politique, NOUS DISONS STOP, CELA SUFFIT !
Il est grand temps d’amplifier la résistance de cette mort planifiée du Service Public ferroviaire. Il est grand temps de construire une autre SNCF rénovée, unifiée et intégrée, démocratisée. Un service public ferroviaire dont la finalité doit être la satisfaction des besoins sociaux, économiques et environnementaux de notre population.
Merci. |