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Rassemblement le 10 mars 2011 à la préfecture dijon 12h Imprimer Envoyer
Mercredi, 23 Février 2011 20:19

LES OBJECTIFS DU GRENELLE DE L’ENVIRONNEMENT PASSENT PAR LE MAINTIEN ET LE DEVELOPPEMENT DU TRIAGE DE GEVREY
RASSEMBLEMENT à 12H00 LE 10 MARS 2011 à DIJON DEVANT LA PRÉFECTURE DE CÔTE D’OR

La direction SNCF « a consulté » le CHSCT ainsi que le CE FRET sur l’arrêt du triage à la gravité de Gevrey. Elle a fait le choix, en dépit des nombreuses questions restées sans réponse, d’un cycle de consultations qui brocarde le dialogue social, les instances représentatives du personnel et les cheminots, de passer son projet en force. Cette mascarade que nous contestons par les mobilisations est révélatrice de la fébrilité des dirigeants de la SNCF, qui ne sont prêts ni à débattre, ni à communiquer de ce qui a trait à la politique mise en œuvre pour l’activité du FRET et pour cause ! Depuis fin 2009, avec le « schéma directeur pour un nouveau transport écologique de marchandises » et « l’engagement national pour le FRET ferroviaire », la Direction de la SNCF et le Gouvernement nous promettent des lendemains meilleurs avec des TGV FRET et des autoroutes ferroviaires.
Mais dans le même temps, au nom de la rentabilité, des trafics sont donnés aux filiales ou aux entreprises ferroviaires concurrentes. Les trafics du lotissement sont abandonnés à la route ou remplacés par une offre multi-lots multi-clients, rigide et inaccessible en terme de prix pour les PME et les TPE qui constituent le tissu économique de la France.
Halte aux dégâts de la libéralisation du ferroviaire

L’ouverture à la concurrence dans le transport de FRET ferroviaire devait, selon les libéraux de tout bord, permettre son développement. Or, jamais aucun bilan officiel n’a été fait sur cette libéralisation, mais les chiffres parlent d’eux-mêmes : en France de 2000 à 2009, le transport ferroviaire de marchandises n’a cessé de régresser, passant de 58 à 33 milliards de tonnes kilomètre (Gtk). La part modale du FRET ferroviaire a reculé de 22 % en 2000 à 14 % en 2009.
Cette politique est catastrophique et va à contre sens du report modal nécessaire, prôné par tous nos dirigeants et décidé par la loi Grenelle.

Malgré les beaux discours d’intention, c’est encore la route qui se développe au détriment du rail et de l’environnement.
Stoppons le dépeçage du FRET ferroviaire SNCF
FRET SNCF, avec un déficit de plus de 900 M€ pour un chiffre d’affaires de près de 1 300 M€, a enregistré les plus mauvais résultats de son histoire. Et alors que l’organisation multi-lots multi-clients est en route, le budget 2011 prévoit de transporter 35 millions de tonnes / kilomètre (Gtk) en comptant les filiales, mais pour FRET SNCF, seulement 22 Gtk! Un niveau historiquement bas.
Tout démontre la volonté d’assécher, d’affaiblir, de siphonner l’EPIC SNCF au bénéfice des filiales.
Pour l’emploi des cheminots, les dégâts sont terribles. Sur l’activité FRET SNCF, les effectifs ont été sabrés de 30 % en quatre ans. La désorganisation engendrée par les plans FRET successifs déstabilise les cheminots de tous collèges.
Quand on examine de près la stratégie du groupe SNCF, on constate que l’EPIC SNCF sert de banque pour financer le développement des filiales routières de FRET. À cet effet, la SNCF a récemment racheté l’activité messagerie du groupe international routier GIRAUD.
Oui, nous pouvons le dire pour le dénoncer, l’avenir du train c’est le camion pour certains dirigeants du groupe SNCF ! C’est inacceptable !
Malgré nos mises en garde et à cause d’une absence assumée d’un véritable dialogue social, l’erreur stratégique qu’a commise la direction de la SNCF a été de vouloir dès 2003 rechercher l’équilibre financier par le bas.
Résultat : 450 millions d’euros de déficit d’exploitation en 2003…900 millions en 2010 et après avoir supprimé près de 10 000 emplois, arrêté des milliers de dessertes, fermé plus de 500 gares FRET au wagon isolé, divisé par plus de deux le tonnage de marchandises transporté, laissé à l’abandon des pans entiers du territoire, transféré des trafics du rail sur la route, fermé des triages…
Ces échecs sont d’ailleurs étrangement reconnus et assumés par l’actuelle direction de la SNCF qui continue malgré tout, dans la même voie !
Elle programme en effet de fermer 7 triages à la gravité sur les 11 qui restaient en activité début 2010. Soulignons que la direction de la SNCF a du annoncer le maintien du triage de Miramas, suite à la mobilisation de la CGT ce qui démontre que d’autres choix sont possibles et que ce type de triage reste pertinent. Monsieur Blayau, directeur général de SNCF GEODIS et de la branche FRET ferroviaire, précisait le 15 juin au colloque FRET organisé par la CCE de la SNCF : « je ne suspendrai pas ma réforme… à moins d’y être contraint »… De quoi illustrer le bien-fondé du propos et le « dialogue social de haut niveau » voulu par le président Pépy !

Qu’importe le Grenelle de l’environnement pourvu qu’on ait la peau du FRET SNCF. C’est en substance le message que délivre la direction de FRET SNCF, sous l’impulsion de Pierre Blayau et Guillaume Pépy, en programmant la transformation du triage de Gevrey-Chambertin.

La direction veut mettre à plat le triage de Gevrey et inhumer avec lui un pan entier du Grenelle de l’environnement. La motivation uniquement économique que la direction met en avant s’oppose aux aspirations citoyennes et au choix de société qui visent au report modal des transports les plus polluants vers ceux qui le sont le moins, et à la réduction des émissions de CO2 de 20 % d’ici à 2020. Ce projet aura entre autres pour effet d’augmenter de près de 35 % le coût de traitement du wagon isolé. Le tri à plat sera dès le départ quasi saturé avec les 40 000 wagons qui resteraient sur le site et les possibilités de développement du wagon isolé seront réduites à néant, au profit une fois encore du transport routier. La direction FRET, tout en voulant faire croire que la majeure partie des trafics triés aujourd’hui à Gevrey seront détournés sur Woippy (Metz) et Sibelin (Lyon), est obligée de concéder que demain il ne restera qu’un volume de 200 000 wagons isolés par an au niveau national soit à peine celui réalisé en 2009 sur le seul site bourguignon : nous sommes bien là aux antipodes des conclusions de la Loi Grenelle. Déclin économique, forfaiture environnementale et dumping social avec des trafics et 118 emplois sacrifiés sur l’autel de la concurrence, au profit du transport routier. C’est la régression durable que la SNCF a choisi de mettre en place !
Il nous faut gagner l’ouverture de véritables négociations sur nos propositions alternatives, porteuses de l’intérêt général et animées par la conception du développement durable. Il en est ainsi, entre autres :
• Du désendettement du système ferroviaire afin de dégager des capacités d’autofinancement supplémentaires et nécessaires aux investissements ;
• De l’harmonisation par le haut des conditions de concurrence entre les différents modes de transports, singulièrement entre le rail et la route ;
• Idem pour les conditions sociales des salariés des différentes entreprises ferroviaires ;
• Du refus de la généralisation des camions de très grande capacité comme les camions de 44 et 60 tonnes, les giga liners de 25m ;
• De faire du wagon isolé (messagerie ferroviaire) un service d’intérêt général, éligible à subventions publiques ;
• D’arrêter les suppressions d’emplois ;
• D’accorder une priorité à la rénovation et à la modernisation du réseau ferroviaire en revalorisant la contribution aux charges d’infrastructures versée par l’État à RFF.

Bien entendu, d’autres propositions et revendications sont à pousser pour que la SNCF, entreprise publique soit un acteur véritablement engagé pour le développement durable des transports.
C’est ainsi qu’il y a lieu de revoir l’organisation de la production, de maintenir en activité les triages ce qui passe par le gel des restructurations en cours, d’améliorer la commercialisation des prestations FRET et de renforcer les moyens qui doivent lui être consacrés, d’impulser une politique du groupe SNCF complémentaire permettant d’offrir des solutions logistiques de bout en bout aux chargeurs.
Enfin, de nouveaux produits et projets sont nécessaires pour répondre aux besoins croissants de transport, tout comme il convient que la SNCF participe concrètement à l’alliance européenne baptisée X Rail portant sur le développement du wagon isolé. À ce titre le positionnement géographique du triage de Gevrey est idéal.
SNCF/Geodis a tous les atouts pour être un acteur majeur de la complémentarité des modes de transports, en favorisant FRET SNCF, plus respectueux de l’environnement.
La CGT propose notamment sur notre région de moderniser les infrastructures existantes pour développer l’activité sur les principales zones industrielles de la place dijonnaise reliées au réseau ferré et de créer un contournement dédié FRET qui améliorerait les transits sur le corridor Luxembourg/Méditerranée. De finir l’électrification de la VFCEA (Voie Ferrée Centre Europe Atlantique) pour le tronçon manquant Nevers Chagny, afin de permettre un report modal des camions de la RCEA sur les trains (Route Centre Europe Atlantique une des quatre routes les plus meurtrières de France).
Le développement durable, économique et environnemental, face à une logique de marché, passe par la lutte pour le développement du service public qui constitue la réponse à même de préserver également notre environnement social.
La question du mode de transport pour demain constitue un véritable enjeu de société nous demandons donc que s’ouvre un débat public national!
A l’occasion de sa premiére rencontre, le 19 janvier, avec les organisations syndicales confédérées la nouvelle préfète Mme BOQUET, la CGT a demandé la tenue d’une table ronde tripartite (Etat, SNCF, Syndicats) pour aborder l’avenir du triage de Gevrey. En Mai 2010, le Prédisent Pépy s’était également dit disponible pour une telle réunion ce qui a été confirmé par le Directeur de Région SNCF lors du CER du 17 février 2011.
Pour pousser plus avant ces revendications la Fédération CGT des Cheminots est à l’initiative d’une action nationale sur le FRET décentralisée sur l’ensemble des triages concernés par ces restructurations (11 sites dans toute la France).
Sur la Côte d’Or, le Secteur Fédéral CGT des Cheminots et l’UD CGT proposent à l’occasion de cette journée du 10 mars un rassemblement devant la Préfecture de Dijon à 12H ainsi qu’un débat public à 18h30 à la Bourse du Travail à DIJON.

LE PLAN FRET SNCF DOIT ETRE REVU D’URGENCE !
Nous exigeons :
L’arrêt des restructurations à Gevrey
• L’ouverture d’une table ronde Etat, SNCF, Syndicats
• La réintégration dans l’EPIC SNCF des activités filialisées
• Le recentrage des filiales du groupe sur leurs activités d’origine
• Le développement de l’ensemble des activités du fret pour répondre aux besoins des entreprises et à l’aménagement du territoire
• La réouverture des installations ferroviaires fermées (gares, triages, plates-formes multimodales) et la création de nouvelles