| La SNCF veut mettre le triage de Gevrey à plat |
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| Samedi, 06 Novembre 2010 09:47 |
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Qu’importe le Grenelle de l’environnement pourvu qu’on ait la peau du fret SNCF. C’est en substance le message que délivre la direction de Fret SNCF, sous l’impulsion de Pierre Blayau et Guillaume Pépy, en programmant la transformation du triage de Gevrey-Chambertin. Ce sera sans compter sur la CGT qui organise la lutte et met en avant d’autres alternatives possibles pour éviter la décrue organisée du triage par la SNCF !
Malgré les baisses d’activité dans le transport ferroviaire de marchandises dès les années 70 et les différentes réformes et restructurations qui ont eu lieu, la place du triage de Gevrey, sur le plan national, n’avait jamais été remise en cause. Mais depuis un an la direction projette d’abandonner le tri à la gravité sur le site pour passer au tri à plat. Au CE Fret du 28 septembre 2010 la direction est revenue au pas de charge puisqu’ elle programme de mettre un terme au tri à la gravité à Gevrey au mois de décembre 2010 et d’inhumer avec lui un pan entier du Grenelle de l’environnement. La motivation uniquement économique que la direction met en avant s’oppose aux aspirations citoyennes et au choix de société qui visent au report modal des transports les plus polluants vers ceux qui le sont le moins, et à la réduction des émissions de CO2 de 20 % d’ici à 2020. Il convient d’ailleurs de souligner que l’activité du site de Gevrey n’est pas en baisse, puisqu’une quantité de wagons comparable à celle de 2009 va être triée en 2010, soit environ 200 000 (au regard des chiffres du premier semestre). Ce projet, s’il était mené à son terme, aurait entre autres pour effet d’augmenter de près de 35 % le coût de traitement du wagon isolé. Le tri à plat serait dès le départ quasi saturé avec les 40 000 wagons qui resteraient sur le site et les possibilités de développement du wagon isolé seraient réduites à néant, au profit une fois encore du transport routier. La direction Fret Est, tout en voulant faire croire que la majeure partie des trafics triés aujourd’hui à Gevrey seraient détournés sur Woippy et Sibelin, est obligée de concéder que demain avec multi-lots, multi-clients, il ne resterait qu’un volume de 200 000 wagons isolés par an au niveau national soit à peine celui réalisé en 2009 sur le seul site bourguignon : nous sommes bien là aux antipodes des conclusions de la Loi Grenelle. Déclin économique, forfaiture environnementale et dumping social avec des trafics et 118 emplois sacrifiés sur l’autel de la concurrence, au profit du transport routier. C’est la régression durable que la SNCF a choisi de mettre en place ! LA CGT ORGANISE LA LUTTE Dans toutes les manifestations interprofessionnelles depuis le mois de septembre, en passant par l’euromanifestation de Bruxelles le 29, les cheminots de Gevrey ont porté la banderole CGT dénonçant la casse du triage, et se sont inscrits dans la grève sur les retraites, l’emploi, les salaires et le fret. Cette mobilisation ainsi que les contacts qui ont été pris avec les élus tels Jean-Claude Robert, maire de Gevrey et Jean-Paul Pinaud, vice-président de la région Bourgogne chargé des transports, ont permis de voir émerger un collectif de soutien et de développement du fret, regroupant organisations politiques, associatives et syndicales. D’AUTRES CHOIX À FAIRE ENTENDRE SNCF/Geodis a tous les atouts pour être un acteur majeur de la complémentarité des modes de transports, en favorisant Fret SNCF, plus respectueux de l’environnement. Au lieu de cela, à travers les restructurations qu’elle envisage, la direction concourt à la prolifération de véritables « armes de pollution massive ». D’autres choix sont possibles. La CGT propose notamment de moderniser les infrastructures existantes pour développer l’activité sur les principales zones industrielles de la place dijonnaise reliées au réseau ferré et de créer un contournement dédié fret qui améliorerait les transits sur le corridor Luxembourg/Méditerranée. La question du mode de transport pour demain constitue un véritable enjeu de société auquel seul un débat public national peut répondre ! Le développement durable, économique et environnemental, face à une logique de marché, passe par la lutte pour le développement du service public qui constitue la réponse à même de préserver également notre environnement social.
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