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« Monsieur le Directeur,
La Fédération CGT des Cheminots met en débat depuis de nombreuses années ses arguments sur les problématiques du FRET. À travers les différentes IRP, nos positionnements ont été exposés aux différents niveaux de l’entreprise et nous avons toujours défendu le fait que les solutions ne pouvaient pas se trouver uniquement en interne. Notre organisation a toujours affirmé que la SNCF appartient à la nation ; au-delà de l’affirmation cela signifie que les citoyens, leurs représentants, les usagers (voyageurs ou chargeurs) doivent avoir droit à l’information ainsi que voix au chapitre.
Les contextes économiques, réglementaires sur le périmètre du FRET sont en constantes évolutions avec des effets de plus en plus marqués depuis 2003. Les dernières décisions prises par l’entreprise ont des conséquences graves sur la pérennité de différents sites, de l’activité qui y est menée et des emplois afférents.
Pour nous le point de rupture semble atteint et c’est dans ses fondements mêmes que l’entreprise est touchée. Sur tous les sites Fret, des voix s’élèvent pour refuser cette situation et les Cheminots agissent avec leurs syndicats CGT pour la défense de l’outil de production, de notre capacité à assurer nos missions et à défendre l’emploi.
Le Secteur Fédéral CGT organise le mardi 19 janvier 2010, sur la place dijonnaise, une initiative autour du FRET en deux temps. Le premier, à 12 heures sur le site de Gevrey, sera constitué par un rassemblement régional de cheminots avec prise de parole et mise en place d’une plaque rappelant le caractère d’utilité publique de cette infrastructure en présence de médias. Le second temps aura lieu à 17 heures à Dijon au Centre de Rencontres Internationales sous la forme d’un débat public auquel sont conviés cheminots, élus locaux, partis politiques, chargeurs et bien entendu la SNCF pour laquelle ce courrier vaut invitation.
Notre attachement à défendre l’avenir de notre entreprise et notre refus de tout fatalisme, nous poussent à croire que d’autres voies sont possibles avec l’expression d’autres voix.
Dans l’attente de votre participation à ce débat, recevez, Monsieur le Directeur, nos respectueuses salutations.
C’est en ces termes que nous avions convié le Directeur de région le 7 janvier dernier à représenter la SNCF, lors de l’initiative CGT du 19 janvier 2010 pour débattre des orientations du plan FRET de manière citoyenne. De réponse, il n’en eut pas. Seule l’absence de volonté de dialogue fut confirmée par un siège vide, devant les cheminots et les élus politiques présents.
Prévoir la casse sans avoir de compte à rendre à la nation, telle est la stratégie croisée de la direction SNCF et du gouvernement. À grand renfort de publicité, ils essayent de nous faire prendre leurs projets pour des réalités. Ne lésinant pas sur les moyens publics, ils tuent dans l’œuf les objectifs du grenelle de l’environnement avec l’assentiment objectif du chef de l’état qui déclarait à l’époque « bon maintenant, ça commence à bien faire avec l’écologie…… »

Malgré ses dénégations, le plan FRET présenté par la direction c’est l’abandon de trafic de wagon isolé (- 60 à 70 %) , donc plus de wagon sur les routes et la casse d’un outil industriel de service public.
Au-delà de la communication publicitaire, les seuls propos de la SNCF ont été les dossiers de restructuration des gares de triages avec la volonté affichée de ne conserver le tri à la gravité que dans trois sites.
Pour Gevrey, le dossier se résume à transformer le 2ème triage de France en gare de desserte alimentée par 2 trains par jour….qui seraient triés à plat.
Bilan humain, 118 emplois directs supprimés, des savoirs faire perdus, des infrastructures laissées à l’abandon et sans mesurer les effets sur les autres fonctions (Matériel, Équipement et EIC).
Pour la SNCF rien ne serait grave puisque l’EME réglerait tous les problèmes. La machine à recycler est en marche et rien ne semble les perturber.
Pour la CGT, c’est inacceptable. L’avenir du FRET passe par des débats citoyens autour des choix de société. Nous avons fait, tant nationalement que localement, des propositions dans le cadre de débats organisés par le CCE et le CE Fret et nous pensons que c’est l’ensemble de ce plan qui est à combattre.
L’avenir du triage de Gevrey passe par une politique de reconquête commerciale locale possible, car l’ensemble des zones industrielles est desservi par le fer. Ne manque que la volonté politique de déclarer le wagon isolé comme relevant du service public et donc de trouver des financements qui restituent son intérêt conformément aux objectifs du Grenelle de l’environnement.
Cette redynamisation locale, multipliée par l’ensemble de l’effet réseau donne dès lors des perspectives nouvelles pour Fret SNCF, dans lequel le triage de Gevrey , par ces nombreux atouts (performances, savoir-faire, situation géographique, maîtrise confirmée par les chargeurs…)doit trouver toute sa place.
C’est donc dans la suite de notre démarche revendicative et informative dans et hors de l’entreprise que nous avons fait éditer deux affiches afin de continuer la campagne d’info des cheminots et des populations pour continuer le débat et poursuivre la lutte pour la sauvegarde du tri à la gravité à Gevrey.
Signer la pétition en ligne
dijon le 26 octobre 2010

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