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Cheminots. derniers arrêts avant la grève Imprimer Envoyer
Mercredi, 09 Décembre 2009 00:00

Hier, 15 000 cheminots ont défilé dans Paris. Un préavis de grève reconductible chez les roulants a été déposé par la CGT, SUD et la CFDT pour samedi.

« Le congrès de la CGT, ce n’est pas la trêve des confiseurs », lâche un cheminot hilare, à quelques journalistes. Hier, 15 000 agents de la SNCF ont défilé entre le siège de l’entreprise publique, près de la gare Montparnasse, et le ministère des Transports, boulevard Saint-Germain. Un parcours symbolique pour la CGT, l’Unsa et la CFDT qui, avec cette manifestation nationale, entendaient « mettre le président de la SNCF, le ministre des Transports et le gouvernement devant leurs responsabilités ».

Les organisations syndicales exigent l’arrêt des restructurations en cours au sein de l’entreprise publique qui sont, selon elles, mortifères pour le service public, l’emploi et les salaires. Un constat partagé par Marie-George Buffet. Entourée de Jean-Michel Bodin, vice-président de la région Centre, et de la sénatrice Isabelle Pasquier, la secrétaire nationale du PCF s’est jointe au cortège.

« Maintenant on me fixe des objectifs de rentabilité »
Agent de maîtrise à Marseille, Patrice organise le nettoyage des trains. Avec trente-deux ans d’ancienneté au compteur, il a vu son métier évoluer. « Avant on me demandait de bien nettoyer les trains pour le confort et la santé du voyageur, explique-t-il. Maintenant on me fixe des objectifs de rentabilité. “Ne peux-tu pas faire plus avec moins d’effectif  ?”, me dit la direction, tandis que les gars me reprochent d’être obligés de courir tout le temps et de ne même plus avoir le temps de bien faire leur travail. » Pour Patrice, « le travail perd petit à petit son sens et cela génère de la souffrance. À la SNCF, on n’en est pas encore au stade de France Télécom mais on s’en approche à grand pas ». Claude, qui travaille dans un atelier de rénovation des rames TER à Saintes, en Charente-Maritime, n’en est toujours pas revenu. La semaine dernière, avec -ses collègues, il a débrayé une heure. La direction du site leur « reprochait d’être plus chers que nos collègues de Périgueux ou de Saint-Pierre-des-Corps ». « Ils veulent nous mettent en concurrence entre cheminots », constate-t-il amer. Claude est aussi en colère contre « ces publicités mensongères » de la SNCF qui affirme que l’on « va mettre les camions sur des trains alors qu’en cassant le wagon isolé, la direction fait l’inverse ». Au lieu de « parader à Copenhague sur le climat et de nous expliquer que le réchauffement, c’est la faute aux autres, Borloo et Sarkozy feraient mieux de remettre en cause leur politique de toujours plus pour la route ».
Romain, agent de conduite, Ingrid et Christelle, contrôleuses, se mettront en grève reconductible samedi à l’appel de la CGT, de SUD et de la CFDT. « Plus de contrôleurs dans les trains, les passagers et le conducteur livrés à eux-mêmes. La sécurité et l’accueil du public sacrifiés », les trois jeunes lyonnais n’en veulent pas. Ils disent « aimer leur métier » mais ne plus accepter la dégradation des conditions de travail et celle du transport des usagers. Dans les trains, ils se font « engueuler par les passagers parce que les plans de transports et le travail ne sont plus organisés pour permettre aux gens de se déplacer mais pour faire du fric » en tirant sur les coûts et l’emploi en particulier. Et « se faire engueuler pour 1 330 euros brut par mois », Christelle le supporte de moins en moins.
Hier, les cheminots sont venus à Paris pour dire « à M. Pépy et au gouvernement que la SNCF ne leur appartient pas ». Leur dire aussi qu’ils ne laisseront jamais « leur entreprise devenir une entreprise comme les autres » où la recherche du profit supplante le service public.
 
Pierre-Henri Lab
 

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