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Rassemblement devant la direction régionale 11 octobre 2011 intervention Sébastien GASC Imprimer Envoyer
Secteur Fédéral CGT Cheminots Dijon - Communiqués
Mercredi, 19 Octobre 2011 03:25

Monsieur le directeur, chers collègues, chers camarades,
La Grèce en est à son cinquième plan d’austérité et, chaque fois, le pays s’enfonce un peu plus.
Les 83 syndicats qui composent la CES sont unanimes pour rejeter la politique européenne.
Ils refusent le pacte de compétitivité de Sarko-Merkel qui génère les plans d’austérité dévastant l’emploi, le pouvoir d’achat, la retraite et les services publics, d’autant plus que la politique menée a conduit à plus 10 % de chômeurs dans la zone Euro.
Il faut en finir avec la dictature des marchés financiers et les choix politiques d’austérité qui en découlent donnant encore et toujours plus de gages aux marchés financiers et aux agences de notations.
En Europe, plongée dans la pire des situations avec 23 millions de chômeurs, particulièrement les jeunes, l’unique réponse des dirigeants politiques est l’austérité : pression sur les salaires, réduction des services publics, de la protection sociale, des pensions, durcissement des conditions de travail et de vie. Face aux plans d’austérité, la règle d’or pour les salariés, c’est la mobilisation dans toute l’Europe :
En Italie, Espagne, Grèce, Portugal, les salariés se sont mobilisés contre l’austérité.
Le 19 septembre en Pologne, ce sont 50 000 salariés représentant 18 pays européens qui ont participé à l’Euro manifestation pour une Europe plus forte faite de croissance durable et de cohésion sociale.
En Angleterre, un mouvement de grève est en construction contre la réforme des retraites dans les services publics.
En Grèce, les syndicats du public et du privé appellent à une nouvelle journée de grève le 19 octobre.
En France le « gouvernement des riches » a adouci le régime fiscal applicable aux plus fortunés. Il fait un cadeau de 2 milliards d’euros en réformant l’ISF. Parallèlement il annonce une taxe sur les mutuelles (l’augmentation de 2 à 4 % représenterait une ponction de 1,2 milliard d’euros sur le pouvoir d’achat des salariés). Il modifie l’assiette à partir de laquelle sera prélevée la CSG : elle sera calculée sur 98 % du salaire au lieu de 97 % actuellement ce qui représente 800 millions d’euros. Le compte est bon pour les plus opulents : c’est une austérité cousue d’or !
Dans un des pays les plus riches au monde, le nombre d’habitants vivant sous le seuil de pauvreté a explosé ! 8,2 millions de Français vivent avec moins de 950 euros par mois ce qui représente 13,5 % de la population. Les inégalités professionnelles se creusent et les femmes sont encore une fois particulièrement touchées. Du côté des sociétés du CAC 40, les bénéfices ont progressé de 9,5 % au premier semestre 2011, soit 46,2 milliards !
En fait l’origine des crises à répétition est liée à une dévalorisation de la rémunération du travail au profit d’une survalorisation de celle du capital et les choix gouvernementaux accélèrent cette spirale !
Pour la CGT, les politiques de bas salaires, de basses pensions, de suppressions et de précarisation de l’emploi, particulièrement celui des femmes et des plus jeunes, de réduction de la protection sociale, des services publics et des droits des salariés ne sont pas les conséquences, mais les raisons de la crise.
À l’appel de 7 organisations syndicales, dont la CGT, les retraités se sont d’ailleurs mobilisés le 6 octobre dernier dans toute la France pour la défense du pouvoir d’achat et pour exiger une véritable réforme de l’autonomie avec son financement.
5 syndicats, dont la CGT, particulièrement la CGT de ce que je peux observer à l’occasion de ce rassemblement, ont décidé d’agir ce 11 octobre en cessant le travail et en manifestant, car il est temps de taxer les revenus financiers, d’augmenter les salaires, d’investir dans l’industrie et les services publics pour répondre à l’urgence sociale et promouvoir un nouveau type de croissance.

La CGT porte 10 exigences pour sortir de la crise
1. Revaloriser les salaires, les pensions et les minima sociaux
2. Contrôler les aides publiques aux entreprises
3. Contraindre les entreprises à des alternatives aux licenciements
4. La suppression des exonérations fiscales et sociales sur les heures supplémentaires
5. Stopper les suppressions d’emplois
6. Développer les politiques publiques et les moyens des services publics
7. Réformer la fiscalité en profondeur
8. Créer un pôle financier public et établir un mécanisme de crédits à taux réduits
9. Taxer les mouvements spéculatifs de capitaux et éradiquer les paradis fiscaux.
10. Mettre en place un fonds européen de solidarité sociale et de développement économique

Rogner sur les dépenses publiques, c’est casser la croissance, l’emploi, le pouvoir d’achat, les services publics et durcir les conditions sociales et de travail des salariés. Où vont les 170 milliards d’euros versés par l’État aux entreprises ? Certainement pas au pouvoir d’achat et l’emploi pour relancer la consommation. À l’inverse de cette politique destructrice, plus de services publics, c’est plus d’égalité, plus d’équité, plus d’efficacité sociale, plus d’emplois. Les moyens financiers existent, l’État doit faire d’autres choix que de servir les intérêts des plus riches.
Les politiques menées contre le Service Public Ferroviaire, aux ordres des marchés financiers, ne jurent que par l’ouverture à la concurrence des transports de marchandises et des voyageurs et la dégradation des conditions sociales des cheminots.
L’expérience de l’ouverture à la concurrence et de la privatisation partielle ou totale?
Nous l’avons déjà faite dans le domaine de la distribution de l’eau, des télécommunications, de l’énergie et dans le fret ferroviaire. Où sont les réussites?
Pourquoi n’est-il pas tiré leçon de ce qui s’est passé?
• Où il y a-t-il eu, pour les usagers, amélioration de la qualité de service?
Pas dans la distribution d’électricité, pas dans la distribution d’eau.
• Où il y a-t-il eu diminution des tarifs, pour les usagers?
Pas dans la distribution d’énergie électrique où les prix ont augmenté de 20 à 30 %.
• Où il y a-t-il eu satisfaction des collectivités territoriales et des populations?
Pas dans la distribution d’eau où beaucoup de communes et de groupements de communes reviennent ou voudraient revenir aux régies municipales.
• Où il y a-t-il eu améliorations des conditions sociales des salariés pour un meilleur service ?
Pas à France Télécom et dans les entreprises de la télécommunication.
• Où il y a-t-il eu des résultats correspondant aux objectifs proclamés?
Pas dans le fret ferroviaire. La brillante politique menée en matière de transport ferroviaire marchandises a abouti à 2 millions de camions supplémentaires sur les routes, une diminution du fret ferroviaire et au dumping social comme nous pouvons l’observer ici avec la perte pour FRET SNCF du chargeur GEFCO au motif que nous ne trions plus sur Gevrey. C’est un peu fort de café de la part de M NADAL ancien directeur FRET SNCF qui avant d’arriver chez GEFCO a lui-même contribué à fermer le tri à la gravité sur Gevrey.
Le 16 juin 2011, plus de 20 000 cheminots ont battu le pavé parisien, soutenus par des associations d’usagers pour exiger un changement de cap, pour le maintien et le développement d’un véritable Service Public Ferroviaire Fret et Voyageur au service de la Nation tout entière.
Avec les assises du ferroviaire, il ne s’agit pas de débat public, mais d’une volonté gouvernementale d’accélérer la mise en oeuvre de l’ouverture à la concurrence des TER, en s’attaquant au statut des cheminots.
En ce sens, les propos tenus par la ministre des Transports dans un article du Parisien en date du 15 septembre confirment cette volonté politique le jour même où s’ouvrent « Les assises du Rail ». Nous sommes bien loin des propos rassurants du Président Pépy. Les masques tombent !
Le désengagement de l’État concernant le système ferroviaire et la SNCF, l’augmentation des péages imposée par RFF ainsi que la hausse du prix de l’énergie, sont autant de freins au développement du service public ferroviaire.
De son côté, la direction a tout mis en oeuvre ces derniers temps pour transformer l’entreprise publique SNCF au service de la rentabilité financière avec une organisation par branches distinctes et son lot de réorganisations et de suppressions d’emplois, notamment au Fret, entraînant un mal-être, voire des incompréhensions, chez les cheminots de tous les collèges.
La Direction de la SNCF est restée sourde aux revendications des cheminots au niveau national, régional et local sur l’augmentation générale des salaires et pensions, sur une autre organisation de la production, sur l’emploi, sur l’avenir de l’entreprise publique et du service public SNCF marchandises et voyageurs.
Alors que les attaques se multiplient pour l’ouverture à la concurrence, contre le statut des cheminots, pour une réunification de l’INFRA en dehors de l’EPIC (d’après le discours de Tanger du président Pépy), la politique de la direction met en péril le SA 2012.
80 % des horaires de TER vont être modifiés, le TGV Rhin Rhône va arriver sur notre région, mais faute de cheminots en nombre suffisant, le moindre grain de sable risque de conduire à un nouvel épisode type Strasbourg - Port Bou.
Cette situation générale, appuyée par la perspective de la mise en place du changement de service le 11 décembre prochain, exacerbe le mécontentement chez les cheminots qui ne supportent plus ces choix qui dégradent leurs conditions de vie et de travail au quotidien.

La fédération CGT des cheminots porte donc des exigences
Sur L’avenir du service public SNCF :
• Le désendettement du système ferroviaire par l’État et son retour à une gestion unique par la SNCF avec l’abrogation des dispositions législatives ayant créé la RFF et la DCF ;
• Le développement du Fret par une politique de volume s’appuyant sur une revitalisation du wagon isolé et donc le retour au tri à la gravité sur le triage de Gevrey.
• Une péréquation entre activités permettant le développement de tous les trafics Voyageurs et Fret ;
• L’attribution par l’État de moyens financiers nécessaires à la SNCF pour l’entretien et la régénération du réseau ;
Des exigences sur le maintien du caractère intégré et de l’unicité de la SNCF passant, entre autres, par :
• Le maintien d’une production transverse avec une mutualisation des ressources dans l’ensemble des activités ; nous avons d’ailleurs fait des propositions en ce sens au matériel par exemple pour éviter le recours au travail de nuit.
• L’arrêt des transferts de charges vers les filiales.
La CGT est décidée à remettre l’emploi sur les rails et porte des exigences sur l’emploi avec :
• L’arrêt des suppressions d’emplois passant par une augmentation significative du recrutement au cadre permanent, permettant de couvrir les départs à la retraite et les besoins du service public. 159 emplois de cheminots ont été supprimés en 2010 sur notre région.
• L’embauche effective des recrutements autorisés ce qui correspond à 210 d’ici la fin de l’année pour la région de Dijon. Nous vous remettons d’ailleurs aujourd’hui 272 candidatures que nous avons rassemblées lors des bureaux d’embauches CGT, candidatures qui attendent des réponses et qui doivent aboutir à chaque fois qu’elles correspondent ! Nous serons bien évidemment vigilants sur cela !
• Le recrutement au cadre permanent des CDD et alternants qui le souhaitent. Notons qu’il y en a dans les candidatures que nous vous remettons aujourd’hui et là encore nous serons vigilants !
• La création d’un centre d’apprentissage sur Dijon au regard des difficultés rencontrées pour recruter.
• L’augmentation des recrutements autorisés pour l’année 2011 sur la région de Dijon au regard des départs prévus l’année prochaine et des sous effectifs dans la plupart des établissements. La CGT estime qu’il faudrait plus de 160 notifications supplémentaires pour 2011.
Des exigences sur les salaires, au regard de l’inflation qui s’établit à +1,7 % depuis le début de l’année pour 0,9 % d’augmentations générales contenues dans l’accord salarial SNCF–UNSA-CFDT, la réouverture de véritables négociations salariales à la SNCF est nécessaire pour revaloriser les salaires et pensions par l’augmentation de la valeur du point et la hausse du pouvoir d’achat des actifs et retraités. La fédération CGT des cheminots revendique également un plan de rattrapage du contentieux salarial avec comme première étape +6 %.
Des exigences sur l’évolution des droits des ex-apprentis et élèves de la SNCF en matière de rémunération et de retraite :
• La validation de l’ensemble des trimestres d’apprentissage pour les cheminots ex-apprentis ou élèves afin de rétablir une égalité de traitement pour cette catégorie de cheminots.
• La majoration salariale de 2 % liquidable pour tous les ex-apprentis ou élèves quel que soit le nombre de trimestres validés au régime général (CNAV).
• Des dispositions exceptionnelles pour corriger les problèmes techniques qui existent sur les relevés CNAV.
Des exigences sur les conditions de travail en lien avec le changement de service à venir :
• L’arrêt des organisations de la production entraînant une détérioration des conditions de travail dans l’ensemble des métiers en ce qui concerne la SUGE, le recours intensif au travail de nuit à l’équipement et au matériel, en ce qui concerne la dégradation des roulements chez les roulants et enfin l’arrêt de la déshumanisation des gares et de ce qu’elle génère comme pressions sur les cheminots.
• L’arrêt de la mise en œuvre de l’ EAS entre Besançon Viotte et Besançon Franche Comté TGV
• Le respect de la réglementation du travail en vigueur.

Depuis des mois la Fédération CGT alerte la Direction SNCF sur la dégradation des conditions de travail des cheminots dans les gares et dans les trains.
Nous le disions une fois de plus lors de notre déclaration lors du CER du 31 août dernier je site : « Nous observons que le climat général se dégrade dans les trains, que les conditions de travail se dégradent de manière inquiétante pour les ASCT ».
L’actualité nous a rattrapé puisque le 06 octobre 2011, un ASCT de la région de Strasbourg a été victime d’une violente agression dans le train 4310 Lyon-Strasbourg.

Nous renouvelons tout notre soutien à notre collègue, qui se trouve toujours dans un état grave mais stable, ainsi qu’à sa famille et souhaitons qu’il retrouve la santé le plus rapidement possible
La Fédération CGT des Cheminots tient à attirer l’attention de la direction SNCF, des usagers et des pouvoirs publics sur l’importance de la présence humaine par des cheminots à statut pour garantir la sécurité des voyageurs.
En effet, le manque de moyens humains et matériels impacte les conditions de transport de l’ensemble des usagers et détériore les conditions de travail au quotidien des cheminots.
Sans instrumentaliser la situation, la CGT attend de la direction SNCF, au-delà de la sollicitude, de véritables réponses aux exigences des cheminots.
La Fédération CGT des cheminots s’est rendue au groupe de travail sûreté national hier nationale en formulant des propositions précises :
• Travailler dans les régions et localités sur l’équipement en personnel des trains ou lignes identifiées comme sensibles,
• Réviser les méthodes managériales et mettre en place un responsable sûreté dans les établissements,
• Garantir la présence de deux agents par train et ne pas développer le dispositif de Trains à Agent Seul,
• Mettre en place des « filtrages accueils » sur certains trains ou sur des horaires ciblés, Maintenir dans toutes les gares des guichets ouverts et la présence de cheminots du premier au dernier train, Revenir à une implantation de brigades SUGE dans la proximité,
Là encore, les réponses de la direction SNCF sont très loin de nos attentes.
Les cheminots en grève aujourd’hui attendent M le directeur de vraies réponses de votre part.