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Courrier au Directeur de Région 17 janvier 2010 Imprimer Envoyer
Secteur Fédéral CGT Cheminots Dijon - Communiqués
Mardi, 18 Janvier 2011 09:21

Monsieur le Directeur,

Le Président Pépy et son COMEX se sont rendus fin 2010 dans plusieurs régions pour présenter un « film de communication » aux cadres de l’entreprise.
Sur notre région la Direction fait le choix d’une large diffusion aux 5400 cheminots sur leur temps de service. 36 séances sont programmées jusqu’au 17 février à raison de 150 cheminots par séance, 15 de chaque établissement : ce sont donc des moyens considérables qui sont mis en œuvre.

Après une semaine de diffusion, les échos qui nous parviennent font état d’interventions pour le moins critiques, de cheminots qui quittent la séance, d’autres qui émargent la feuille de présence à l’entrée pour repartir aussitôt… même si le baromètre social n’a pas été communiqué aux organisations syndicales en 2010, cela vient confirmer que l’aiguille oscille entre orage et tempête.

Casse du Service Public, du FRET SNCF, réforme des retraites, suppressions d’emplois, baisse du pouvoir d’achat, ce programme n’est pas du goût des cheminots, et le budget d’austérité présenté pour 2011 n’augure pas d’accalmie.
Les agents du FRET et les retraités qui ne sont pas conviés à ces rencontres n’ont pas d’ailleurs meilleur appétit pour cette mauvaise cuisine.

5400 journées de services cela représente 26 emplois pendant un an sur notre région. Sans revenir sur les dysfonctionnements que nous avons connus récemment, notre fédération s’est exprimée sur ce sujet, nous ne pouvons nous empêcher de penser que cela aurait peut-être permis d’épargner les déboires qu’ont connus les usagers du train Strasbourg - Nice / Port Bou.

C’est un autre événement pourtant qui a attiré notre attention. Le 11 janvier le train 894 212 départ 07h09 de Besançon à destination de Dijon a été supprimé. L’agent de conduite qui était prévu pour assurer ce train est tombé malade dans la nuit et en a avisé le permanent entre 01h00 et 01h30. Vous le savez le seuil épidémique a été dépassé dès la semaine dernière en Franche-Comté. Visiblement aucune solution pour le remplacer n’a été trouvée alors que ce matin-là la direction enjoignait à 10 agents de conduite de Dole et de Besançon d’assister à la séance de projection à Dijon.

 

Des milliers de journées de services sont consacrées à tenter de justifier la politique d’entreprise et dans le même temps un train est supprimé, les conditions de travail des cheminots sont dégradées, et ceux qui n’adhérent pas au projet de la direction sont sanctionnés sous de faux prétextes:

En août dernier un jeune cheminot du Technicentre BFC s’est vu licencié d’office alors qu’il était en mission humanitaire au motif qu’il n’avait pas posé sa demande de congés supplémentaires sans solde dans les formes et alors même que de votre propre aveu il n’y avait rien à lui reprocher sur le plan professionnel : il semble qu’il y ait moins de problèmes pour dégager 5400 cheminots en ce début d’année que pour en dégager un seul pour une mission humanitaire… Ce jeune cheminot n’a toujours pas retrouvé d’emploi à ce jour.

Un militant CGT de la SUGE s’est vu sanctionné par un BAI, au motif qu’il n’avait pas assuré son service jusqu’à la fin. Dans les faits cet agent a avisé sa hiérarchie qu’il était dans l’impossibilité de terminer sa journée de service faute d’avoir trouvé des sanitaires décents et adaptés depuis des heures: là encore aucune solution de remplacement n’a été trouvée.

Un militant CGT gestionnaire des moyens à l’ET BFC s’est vu sanctionné par un BAI au motif qu’il aurait annulé de son propre chef une table ronde programmée par l’entreprise alors que ce sont les élus du personnel eux-mêmes qui ont fait choix de ne pas y assister (la direction ayant décidé unilatéralement de remplacer un CHSCT par une table ronde).

Obliger les cheminots à aller voir ce film est déjà plus que contestable, mais lorsque cela se fait à leur dépend (1850 suppressions d’emplois dans le budget 2011), à coup de bâton (sanctions à l’encontre de ceux qui osent contester cette politique) et contre l’intérêt des usagers (suppression d’un train): la coupe est pleine !

La CGT exige l’abandon immédiat des sanctions vis-à-vis des deux militants, qui n’ont fait qu’exercer au mieux leur métier dans des conditions rendues insoutenables par la politique de casse menée par la direction depuis des années.

La CGT exige la réintégration immédiate du jeune cheminot qui est victime de la politique managériale du Technicentre!

Puisque vous semblez disposer d’importants moyens et comme il est d’usage de formuler des vœux en début d’année les nôtres porteront l’ambition du développement du Service Public, du FRET SNCF de la défense des emplois du pouvoir d’achat et des usagers.

Veuillez agréer, monsieur le Directeur, nos salutations distinguées.


Sébastien GASC
Secrétaire Général