| Cheminots de Dole dans la Résistance |
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| Secteur Fédéral CGT Cheminots Dijon - Communiqués | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Lundi, 09 Août 2010 09:42 | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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« Celui qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre » Demain aura lieu la commémoration du 66e anniversaire de la grève insurrectionnelle du 10 août 1944, qui sera célébrée comme chaque année par la Fédération CGT des cheminots et l’Association Nationale des Cheminots Anciens Combattants.
En hommage aux mérites civiques et militaires des Cheminots dont la Seconde Guerre a coûté la vie à 8 938 cheminots dont parmi eux 809 fusillés, massacrés, 1157 morts en déportation et 15 977 blessés pour faits de résistance, la SNCF reçut le 30 octobre 1949 la Légion d’Honneur et la Croix de guerre avec palmes.
Certains pourtant tentent de réécrire l’histoire, pour servir leurs idées ultras libérales.
Nous voulons rappeler quel fut le rôle de ces cheminots qui ont donné leur vie pour chasser l’occupant nazi, ici au travers des faits de résistances et des témoignages du Bataillon Maurice Pagnon à Dole.
Le lourd tribut des cheminots Entre le 16 juin 1940 et le 9 septembre 1944, la région doloise se situait en zone interdite et supportait une occupation parmi les plus denses de France.
Elle se trouvait en effet à la pointe de la zone interdite, en lisière des zones libre et occupée, devenant ainsi un lieu tout désigné de passage où s’effectuaient en premier les mouvements de la zone libre vers la zone interdite des populations civiles ayant subi l’exode et rentrant dans leurs foyers, puis de la zone interdite vers la zone libre des captifs, des armées. Il s’agissait de ceux qui ne faisaient pas confiance à la promesse de démobilisation faite par les Allemands. Apparurent ensuite, fin 1940 les Alsaciens-Lorrains et les personnes fuyant les régions occupées pour des motifs raciaux.
De juin 1940 à septembre 1940, la garde de la ligne de démarcation fut assurée par des troupes d’infanteries allemandes et le passage était relativement aisé. De septembre 1940 à mars 1943, la surveillance fut confiée aux douaniers allemands renforcés par les troupes de la police allemande chargées de la maîtrise de la ligne de démarcation. Le passage durant cette période devient alors périlleux. Les passeurs furent les premiers à enfreindre les lois imposées par l’occupant.
Dans cette résistance active, les F.T.P [1] Cheminots créèrent de nombreux passages de démarcation par des trains circulant entre les deux zones, Dole étant un lieu de transit programmé dans les conditions d’armistice.
Le groupe Maurice Pagnon
L’action s’amplifia, des passages clandestins aux sabotages de la machine de guerre au service de l’ennemi. Le 7 mars 1942 Pierre Semard né à Bragny-sur-Saône Secrétaire Général de la Fédération CGT des cheminots, fut fussilé par l'occupant. Cette exécution mobilisa l’ensemble des cheminots contre l’occupant et déclencha des sabotages de toute nature.
Pierre Georges, alias « Colonel Fabien » et Pierre Durand vinrent à Dole organiser le groupe « F.T.P [1] Ville » en 1943. Ce groupe était dirigé par Maurice Pagnon. Il effectua de nombreux déraillements, notamment sous le tunnel de Champvans, le 7 janvier 1944 à Rochefort, Foucherans, etc… ainsi que des actions contre les écluses de la « Prise d’eau » et de « Bons repos ».
À la suite d’un travail de police, ce groupe »ville » fut localisé et des arrestations s’en suivirent. Le responsable de ce groupe Maurice Pagnon, Bernard Oudot, Pierre Conreux deux cheminots appartenant au groupe « ville » et Gilbert Poulet furent arrêtés.
Roger Monge et Robert Pagnon échappèrent à l’arrestation. Maurice Pagnon blessé par balle au cours de son arrestation le 24 février 1944, fut transféré à Dijon où il succombera sous la torture le 10 mars 1944. Gilbert Poulet, Pierre Conreux et Bernard Oudot furent arrêtés le 18 février 1944. Incarcérés à la Butte à Besançon, ils furent fusillés à la Citadelle, respectivement les 23, 24 mars 1944 et le 28 avril 1944.
Faits de Résistance :
Le premier acte de résistance connu survient alors que Dole est déclarée ville ouverte et sera occupée le 17 juin à 4H, quelques agents du dépôt de Dole prennent l’initiative d’évacuer l’outillage et organisent un convoi spécial qui quitte Dole vers minuit, passe par Saint Amour et Mâcon, où il subit un bombardement pour finir par être rattrapé par les allemands à Saint-André-Le-Gaz.
Ce déménagement fût couvert par Monsieur Michel Chef de Dépôt à l’époque. Le Conducteur était Gustave Alagirande, qui sera tué lors du déraillement à Rochefort en 1943. Faits rapportés par Jean Gautheron ex-apprenti du Dépôt de Dole Résistant Commandant du Bataillon FTP 4 « Pierre Semard » basé à Fontainebrux dans le Jura.
Les faits suivants de résistances sont relatés chronologiquement.
Bataillon Maurice Pagnon
Francs Tireurs Partisans Secteur de Dole
Groupes Cheminots & Goupes Ville
Bataillon Maurice Pagnon : il était chef d’équipe dans une teinturerie, il fut arrêté le 24 janvier 1944 et décédera le 10 mars suite au dur calvaire que la gestapo lui fait subir à Dijon.
Bernard OUDOT, Etienne DUSART, Pierre CONREUX, Gilbert POULET : Témoignage d’Henri MERMOZ.
Bernard OUDOT
D’autres noms s’ajoutent aussi à cet opuscule, noms de martyrs, noms de héros morts, pour que la France vive. Ceux-là aussi ont leur part de gloire, leur nom sera immortel, leur souvenir sera ineffaçable dans notre métier comme celui de leur chef vénéré, notre regretté Maurice PAGNON.
Bernard OUDOT, enfant de la commune d’Azans(à quelque cent mètres de Dole où il est né en 1911, vint à Dole très jeune, qu’il ne quitte pas ou presque pas. Qui ne connaissait pas Bernard, qui ne connaissait pas son sourire, son caractère gai et aimable et aussi son opiniâtreté à défendre ses idées? Tous ceux qui l’ont connu, ses camarades d’atelier, ses voisins, l’admiraient, l’aimaient, le respectaient.
Militant syndicaliste de combat, toujours en avant il savait, il connaissait les paroles qu’il fallait employer, contre ceux qui cherchaient à léser les intérêts de ses camarades de travail et les siens, il appliquait dans toute sa ligne la vieille maxime si juste : Un pour tous, tous pour un.
Bernard rentre à la SNCF au dépôt des Laumes en qualité d’ouvrier chaudronnier en 1937, il revint à Dole en 1939, ce fut là d’ailleurs que la grande mangeuse d’hommes le trouva le 4 septembre. Il fit comme beaucoup de ses camarades cheminots, il partit défendre son pays, il rejoignit son corps, le 11e chasseurs à Vesoul, et de là, parti au front.
Fait prisonnier le 6 mai 1940, il fut rapatrié comme malade le 10 mai 1943. Après un stage de quelques mois dans un sanatorium de la Côte d’Or, il reprit son labeur au dépôt de Dole comme ajusteur. Immédiatement il se mit en contact avec notre cher Maurice, il fut son dévoué second, il participa à de nombreux attentats contre l’oppresseur, d’actes de sabotage, il était diffuseur par excellence de la presse clandestine, la « Vie Ouvrière », « l’Humanité », le « Franc Tireur », etc. Maurice était la tête qui commandait, lui était la main qui exécutait.
Il était un de ceux qui avaient compris, bien compris ce qu’était cette drôle de guerre, pourquoi elle avait été suscitée, il était de ceux qui savaient qu’il n’existait qu’un remède, pour couper et détruire ce mal, l’union de tous pour chasser l’oppresseur, pour abattre les ennemis du peuple, de ce bon peuple, dont il était issu, il en donna l’exemple avec abnégation : il fut suivi par de nombreux camarades.
Hélas de vils délateurs, des lâches, des traîtres, le livrèrent à l’infâme Gestapo. À ce sujet : je me rappelle la veille de son arrestation, en discutant, comme nous le faisions tous les matins, environ à la même heure ce que nous appelions tous deux notre conseil de guerre, il me paraissait ce matin-là soucieux, angoissé, abattu, il ne souriait pas comme d’habitude et tout de suite, sans préambule, il me dit ceci (textuel) « Henri, je sens le brûlé, je ne sais pas, mais il y a quelque chose qui me travaille, aussi je te préviens, en cas de coup dur, à l’endroit que tu connais, il y a des papiers compromettants pour moi et pour d’autres, surtout fais-les disparaître ». Ma réponse fut celle que n’importe qui aurait fait en ce cas là en un coup de cafard, j’essayais de le remonter, de lui chasser ses idées noires, à lui redonner courage. Hélas ! Deux fois hélas, il n’avait que trop raison, je ne devais plus le revoir !!
Quelle fut ma stupeur en allant prendre mon travail, quand un de nos camarades illégaux me prévint que Bernard était arrêté.
Ce n’était que trop vrai, son pressentiment ne l’avait pas trompé, il ne devait plus revenir parmi nous, car le 28 avril 1944 par une matinée grisâtre et brumeuse il était assassiné par les boches abhorrés il tomba sous leurs balles à Besançon, à la Butte de sinistre mémoire.
Il est mort en héros de la résistance, en martyr du parti Communiste, dont il était un ardent militant de longue date. Il est tombé avec le sourire et le mot vive la France aux lèvres.
Etienne DUSART
Etienne nous venait du Nord, où il est né à Anches, Pas-de-Calais, le 4 juin 1898, de ce Nord, pays des mineurs. Ce fut la grande tourmente de 1914 qui l’amena à Dole qu’il ne quitta plus que pour aller à la mort.
Dusart, vieux militant syndicaliste, ex-secrétaire de la Bourse du Travail de Dole, était estimé de tous les ouvriers de la place et des alentours, infatigable combattant, il faisait sienne la cause des autres, il était tout au service des faibles, des spoliés, il fallait coûte que coûte qu’il amenat à bien, tout ce qu’il entreprenait.
Il était craint, mais respecté, estimé par les patrons et jamais il ne pliait à leurs exigences.
Lors de l’occupation des nazis dans notre pays, immédiatement il se mit au service du Français, passage des prisonniers de toutes nationalités, de toutes couleurs, passage clandestin, de courrier civil, et de la résistance, passage des réfractaires en zone libre, falsification d’identité, édition clandestine des tracts, parachutage et création de dépôts d’armes ou il s’était spécialisé sans oublier de nombreux actes de sabotage. Tant à la SNCF qu’à l’extérieur. Rien ne le rebutait, il avait ancré dans tout son être, la haine du fascisme, tous les moyens si minimes soient-ils, lui étaient bons pour nuire à l’ennemi. Adhérant au Parti Communiste dans la clandestinité, F.T.P du premier jour il fit son devoir, tout son devoir. Mais lui aussi fut victime de lâches, de traîtres et la Gestapo bien renseignée, aidée de la milice à Pétain, l’arrêtait chez lui le 13 mai 1944 à 17 heures.
Conduit à la Kommandantur, il y fut roué de coups pour avouer, chose qu’il ne fît pas. Conduit ensuite dans une cellule, là encore des coups. Les tortures atroces ne lui furent pas ménagées, il n’avoua pas et le soir seul dans sa geôle, sentant que peut-être suivront d’autres tortures, et que sa force de caractère fléchirait, qu’il pourrait lâcher des paroles dangereuses pour d’autres, il fit le sacrifice de sa vie et se pendit.
Dusart fut aussi, tel que Maurice, que Bernard, un des pionniers de la Libération, de leur et de notre pays.
Son souvenir, non plus ne quittera pas notre mémoire, nous, nous rappellerons qu’il fut aussi un bon communiste donc un bon et grand Français.
Pierre CONREUX
CONREUX Pierre, est un enfant de la Marne né à Châlons-sur-Marne, le 18 novembre 1911. Il est venu jeune aussi dans la région qu’il ne quitta qu’en 1939 pour faire comme beaucoup de ses frères, défendre son pays, revenu après la débâcle de 1940, il reprit son travail au chantier des combustibles du dépôt SNCF à Dole.
Il n’aimait pas lui non plus, les nazis, et il le prouva. En accord avec ses frères de misère, il se mit au service de la Resistance dans les rangs des F.T.P, il diffusa notre presse clandestine, il fit du transport d’armes à la barbe des allemands, assista et prit part à de nombreux sabotages.
Mais un jour, la Gestapo bien renseignée comme toujours par de bons Français, lui mit la main au collet et lui fit prendre la direction de la Butte à Besançon, qu’il ne devait quitter le 24 mars 1944 au matin, que pour passer au poteau d’exécution.
Conreux fut une des innombrables victimes de la dénonciation ignoble.
Il est mort lui aussi comme les Pagnon, les Dusart, Les Poulet, mort pour que la France vive.
Gilbert POULET
POULET Gilbert, compagnon de Bernard Oudot, de Conreux, français comme eux, patriotes de la même classe, était partout où était son groupe F.T.P, et il n’était pas le moins acharné à la cause qui les animait tous. Pourtant, il aurait pu rester chez lui, auprès des siens de ses enfants, il en avait 8, il savait pourtant bien que s’il tombait dans les mains de ceux qu’il haïssait qu’il n’y aurait pas de pardon et que les tortures de toutes sortes, la fusillade étaient au bout, non cela ne faisait rien, cela ne l’effrayait pas, il ne voulait pas que ce soit la mort qui le fasse reculer, qui l’empêche de faire son devoir, d’aider à chasser les fascistes.
Il paya de sa vie comme tant d’autres de son groupe, comme tant d’autres Français. À l’aube du même jour que Conreux, il tomba sous les balles des assassins nazis.
Que le nom de tous ces martyrs reste vivace à notre mémoire, que nos enfants les prennent comme exemple. Et nous qui restons, continuons l’œuvre qu’ils n’ont pas achevé, c’est notre devoir, nous le devons à leur mémoire, eux qui n’ont pas reculé devant la mort pour que nous vivions libres et heureux, il ne faut pas que leur sang généreux ait coulé en vain, ce serait un crime de notre part
Témoignage d’Henri MERMOZ
Quelques chiffres et dates :
1938 : 100 locomotives à vapeur affectées à Dole.
1960 : 43 locomotives à vapeur et 13 locomotives électriques.
1972 : Fin de la vapeur (dernières circulations sur la ligne à voie unique Tavaux-Solvay)
Effectif ADC en premier :
1961 : 160
1962 : 147
1964 : 141
1965 : 137
1968 : 126
1980 : Suppression de l’aide conducteur
1985 : 130
2009 : 33
Le nombre de sédentaires était de 600 en 1938 pour tomber à 2 en 2009.
Chefs de Dépôt :
Remerciements à René Lagorse, à Jean Gautheron et aux retraités cheminots CGT pour les recherches et la documentation qui nous ont permis de réaliser ce document.
[1] F.T.P : Francs Tireurs et Partisans
[2] STO : Le service du travail obligatoirefut, durant l'occupation de la France par l'Allemagne nazie, la réquisition et le transfert contre leur gré vers l'Allemagne de centaines de milliers de travailleurs français, afin de participer à l'effort de guerre allemand (usines, agriculture, chemins de fer, etc.).
[3] DCA : « Défense contre aéronefs » : l’ensemble des moyens militaires en vue d’assurer la protection (d’une armée, d’une forteresse, d’une ville) contre les attaques aériennes ennemies
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