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Intervention lors du rassemblement à Dijon le 11 juin à l'appel de la CGT Imprimer Envoyer
Secteur Fédéral CGT Cheminots Dijon - Communiqués
Samedi, 12 Juin 2010 08:22

Monsieur le Directeur,
Ce sont environ 150 cheminots venus une fois de plus exprimer leur mécontentement, cela même après un conflit dur en avril et en dépit du peu de temps dont nous avons disposé pour organiser ce rassemblement la date de la table ronde nationale qui a lieu aujourd’hui , initialement prévue à la mi-mai ayant été connue tardivement.
Depuis le début de l’année 2010, les occasions pour négocier dans notre entreprise n’auront pas manquées. Il y eut le 19 janvier au triage de Gevrey à l’initiative de la CGT avec un rassemblement de 200 cheminots, et un débat public le soir avec les élus et représentants des partis politiques, débat auquel la direction régionale a refusé de participer. Il y eut ensuite le 21 janvier, le 3 février, le 23 mars, le conflit du 6 avril qui a duré 15 jours, et le 27 mai.
À chacune de ces occasions, des DCI nationales, régionales, locales ont été déposées par la CGT pour porter les revendications, balayées d’un revers de main par une direction refusant toute remise en cause de sa politique de casse, refusant de négocier sur le fond.
Au mois de mars les 7 DCI nationales, déposées dans tous les métiers avec des revendications transverses sur l’emploi, les restructurations, le FRET, et la rémunération auraient du permettre de voir aboutir les négociations.
 Mais si pour résoudre des sources potentielles de conflit la meilleure façon de le faire est de nouer en amont un dialogue social de qualité, encore faudrait il que la direction s’y engage avec de réelles intentions de parvenir à une entente, sous peine de voir les débats tourner au monologue.
C’est bien singulièrement ce qui a manqué en avril : la direction en décidant unilatéralement de rompre le dialogue en annulant la table ronde nationale du 30 mars et en mésestiment le niveau de mobilisation porte l’entière responsabilité de ce conflit.
Le Président Pépy plus enclin aux grandes déclarations, à diviser, à asseoir un pôle réformiste à la SNCF plutôt qu’à tout mettre en œuvre pour éviter le conflit à méjugé le niveau de prise de conscience des cheminots vis-à-vis de sa politique de balkanisation, et leur détermination.
Sans faillir durant toute la durée du conflit, avec 50 à 60% de grévistes chez les ADC (du fret et du voyageur) et 60 à 70 % de grévistes chez les ASCT de la région, avec une mobilisation sérieuse le 8 avril dans les autres filières les cheminots de la région auront exprimé incontestablement des craintes quant à leur avenir et la nécessité de voir aboutir les revendications.
Ces craintes étaient fondées et ils ont eu raison d’agir, comme l’illustre l’actualité de ces dernières semaines, avec l’injonction de Bruxelle, pour voir changer le statut de l’EPIC SNCF en Société Anonyme, au prétexte que son statut actuel, lui permettrait d’obtenir un meilleur classement de la part des agences de notations ce qui constituerait selon la commission européenne une concurrence déloyale du fait de l’octroi de prêts à taux préférentiel, vis-à-vis des autres opérateurs ferroviaires.
 
Les slogans « pas de primes à la grève », la « grève s’éteindra au bout de 48 heures » ont vécu, et cela, même dans un contexte d’enfumage médiatique. Car la grève a payé et la direction a dû aller au-delà des simples intentions de départ. Même si les négociations nationales n’ont pas eu lieu, elle a du concéder dans le cadre des bi latérales du 21 avril et des engagements pris en Régions, des mesures notamment sur l’emploi pour atteindre 2300 embauches en 2010 contre les 1000 à 1800 initialement prévues au budget en janvier et sur la mise en place de 3 établissements mono activité sur les 6 envisagés.
 
Pour autant force est de constater que les choses ne sont pas uniformes, puisque les échéanciers gagnés suite au conflit ont permis d’obtenir dans certaines régions des engagements forts, d’une autre teneur que ceux que nous avons sur Dijon à ce jour.
La CGT n’a pas manqué de l’exprimer à Guillaume Pépy lors de son déplacement à Besançon le 18 mai dernier, et lors de la DCI et du préavis que nous avons déposé processus qui nous a conduits au rassemblement d’aujourd’hui.
Certes les discussions négociations concédées par la Direction suite au conflit du mois d’avril ont permis d’obtenir au FRET un moratoire sur la fermeture du triage à la gravité de Gevrey jusqu’au mois de décembre (initialement prévue en juin) , une école TA sur TB, une école ASCT et une école TGV, et les discussions ne sont pas closes à ce jour. Mais au regard des 38 embauches à Marseille, 33 embauches à Chambéry, 54 embauches à Clermont-Ferrand, la garantie du maintien de l’effectif sur l'ET Midi Pyrénées, pour ne citer que ceux-là, le compte n’y est pas sur notre Région.
Nous avions dit aux cheminots lorsqu’ils ont suspendu le mouvement, de manière lucide responsable, démocratiquement et sur la base des courriers de cadrage du Directeur de Région et de celui de la DF EST que nous mettrions sous leur contrôle le suivi des avancées suite à ces lettres.
C’est bien cet engagement que nous tenons aujourd’hui. Et la CGT réaffirme à la Direction nationale autant que régionale qu’elle aurait tord de vouloir noyer le poisson, qu’elle aurait tord de ne pas tenir compte du niveau de l’engament des cheminots de leur détermination de leurs revendications, car elle prendrait le risque de créer une nouvelle situation conflictuelle, notamment à Dijon.
Nous avons fait des propositions qui permettraient à la Direction d’user du dialogue social pour démontrer une volonté d’apaisement pour autant qu’elle le souhaite réellement.
Sur l’ECT et sur l’ET elle a en effet les moyens d’annoncer un maintien de l’effectif. Cela passe par le remplacement des agents en CPA, par des mises en stages supplémentaires. Cela permettrait de cesser d’accroître la productivité comme ces dernières années avec les cadencements SUD et NORD BOURGOGNE. Cela permettrait également de répondre par une amélioration de la qualité aux besoins de Service Public exprimés par les usagers.
Elle peut prendre sans attendre des engagements sur les déroulements de carrières à l’ECT car la politique qu’elle a menée et qui conduit à des reconversions d’agents d’autres services, politique combattue par la CGT, appelle des mesures exceptionnelles qui permettent de ne pas péjorer les agents de la filière train.
Sur le triage à la gravité de Gevrey, qui a démontré encore au premier trimestre par le volume de wagon traité toute sa pertinence, nous attendons un engagement bien au-delà du mois de décembre.
Concernant « les concertations approfondies » pour citer le terme exact du courrier, sur les dossiers COPEM et UP TGV, il nous faut redire qu’il ne s’agissait pas pour nous de discuter de la couleur du papier peint. Comment comprendre le refus de la direction sur le dossier COPEM d’une consultation du CER, alors que ce projet impacte 3 établissements ? Comment comprendre la distribution de plaquettes annonçant la livraison de ce COPEM fin juin ? Comment comprendre la posture sur l’UP TGV qui consiste à dire que sa création aura lieu de toute façon ?
 
Si vous vouliez, monsieur le Directeur, ne pas voir aboutir les négociations, vous ne vous y prendriez pas autrement !
 
La table ronde nationale qui se déroule aujourd’hui doit permettre des avancées sur la base des 7 préavis métiers déposés par la CGT en avril, et ces avancées doivent se répercuter sur notre Région.
 
Les cheminots continuent d’ailleurs de se mobiliser :
Le 26 mai les informaticiens avec prêt de 80% de grévistes ont obtenu l’ouverture d’une table ronde le 14 juin.
Le 27 mai 28% de cheminots étaient en grève. Ils étaient nombreux dans les manifestations, et ce, pourtant après 15 jours de grève en avril et en dépit du temps réel qui comme en 2003 prétendait leur faire croire qu’ils n’étaient pas concernés par la réforme des retraites.
Le 8 juin dernier, c’étaient les agents du matériel qui se rassemblaient aux ateliers du Mans, et qui déposaient des motions dans leurs établissements.
Le 24 juin les cheminots se mobiliseront à nouveau pour l’emploi, les salaires, les retraites à l’appel de toutes les confédérations sauf FO.
Le même jour ce sont également les agents de l’exploitation voyageurs, qui se mobiliseront concernant notamment la reconnaissance de la pénibilité.
Rien donc de l’attitude revancharde de la direction qui veut faire payer 15 jours de grève en une seule fois, du refus de négocier sur le fond, ne vient altérer leur détermination.
 
Pour la CGT le conflit du mois d’avril n’est pas fini, et les revendications exprimées indéniablement appellent des réponses de votre part monsieur le directeur.
 
La voie qui consisterait, à choisir de nier le niveau de la mobilisation durant le dernier conflit sur notre région, d’allonger les calendriers, pour refuser de répondre aux attentes, conduirait sans aucun doute les cheminots à de nouvelles mobilisations. C’est ce qu’ils sont venus exprimer aujourd’hui.