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Secteur Fédéral CGT Cheminots Dijon - Communiqués
Vendredi, 21 Mai 2010 05:16

Monsieur le Président,

Les signes avant coureurs du conflit qui vient d’avoir lieu à la SNCF n’avaient pourtant pas manqué depuis le début de l’année. Je pense à la mobilisation du 19 janvier initié par la seule CGT au triage de Gevrey qui a rassemblé 200 cheminots, et au débat public le soir avec les élus et représentants des partis politiques, débat auquel la direction régionale a refusé de participer. Je pense notamment aux journées de grèves des 21 janvier, 3 février et 23 mars au travers desquelles les cheminots ont exprimé des revendications fortes, récusées sans ménagement, sans considération par la direction.
Des demandes de concertations nationales régionales et locales ont été déposées par la CGT avant chacune de ces dates ; mais la direction est restée arcboutée sur ses positions, refusant de négocier sur le fond en dehors pourtant de tout conflit.
Il est d’ailleurs paradoxal de pester contre « la gréviculture » ou encore « la grève réflexe » et décider unilatéralement d’annuler une réunion le 30 mars qui aurait pu apaiser le climat social explosif dans l’entreprise pour autant qu’elle ait été porteuse d’une volonté réelle de la part de la direction de négocier. La grève du mois d’avril aurait donc pu être évité, si plutôt que déclamer qu’elle s’éteindrait au bout de 48 heures  en mésestimant le niveau de mobilisation, vous aviez entrepris de tout mettre en œuvre pour ne pas qu’elle débute.
Les préavis « édulcorés » d’une certaine OS pour mieux les retirer ensuite aidant ainsi la direction dans sa stratégie d’enfumage et de désinformation à l’encontre de ceux qui attendent de vraies négociations, s’ils participent à une politique bien rôdée qui ne vise qu’à asseoir l’influence d’un pôle réformiste dans l’entreprise et à casser l’unité syndicale, n’ont trompé personne : ce scénario n’a aucune chance de prétendre à une palme, pas plus d’ailleurs que ceux qui l’interprètent, tant il nous a été resservi en 2003 et en 2007. Cela n’aura pas entamé la détermination des cheminots qui pendant 15 jours auront avec 50 à 60% de grévistes chez les ADC et 60 à 70 % de grévistes chez les ASCT de la région exigés l’ouverture de négociations.
Le slogan « pas de prime à la grève » aura vécu puisque la direction a été contrainte d’aller au-delà des simples intentions de départ et d’engager des discussions dans les régions qui se sont traduites avec un contenu de négociations sur la base des revendications : emploi, Fret SNCF, organisation de la production et réorganisations, conditions de travail et déroulement de carrière.
Lucides, responsables, et démocratiquement, les cheminots grévistes considérant la table ronde du 21 avril, la promesse de négociations au travers de lettres de cadrages du Directeur de Région, et du Directeur FRET EST, ont décidé de suspendre le mouvement.
La Secteur Fédéral CGT a fait peser aux deux Directeurs l’engagement derrière chaque mot de chacun de ces courriers, courriers qui ont été par ailleurs pilotés par la Direction nationale.
La CGT considère aujourd’hui que ce conflit n’est pas fini, car les échéanciers de réunions acquis grâce à la mobilisation des cheminots pour traiter des sujets conflictuels ne sont pas arrivés à leur terme. Alors, dans le cadre de ce calendrier et puisque nous ne sommes plus en grève nous vous prenons au mot monsieur le Président :  chiche, négocions !
Si la direction tentait de nier le haut niveau de mobilisation, les fortes attentes exprimées par les cheminots particulièrement au mois d’avril 2010 et sur la région de Dijon, pour ne pas répondre aux revendications je me dois de vous le faire savoir, elle prendrait le risque de créer une nouvelle situation conflictuelle.
Or nous constatons qu’elle ne prend pas dans les établissements la mesure des attentes qui ont été incontestablement exprimées, et tente de noyer le poisson, et parfois même joue la provocation : s’entendre dire à l’ET BFC concernant le COPEM ou l’UP TGV, dossiers qui devaient faire l’objet de « concertations approfondies » que nous devrons nous contenter de visiter les futurs locaux, ou encore d’acter le projet en l’état est inacceptable tout autant que repousser aux calanques grecques les réunions comme c’est le cas sur l’ECT. Nous constatons en même temps que sur d’autres régions des avancées significatives ont déjà eu lieux, avec une prise en compte, toute autre, des revendications.
La CGT a d’ores et déjà préparé une DCI pour la DF EST et une autre au niveau régional, reprenant les points qui doivent faire l’objet de négociations conformément aux engagements pris régionalement sous couvert de la direction nationale. Nous attendons donc des gestes forts pour redresser la barre de la part des deux directeurs concernés. Si d’aventure, ils ne contactaient pas d’ici demain matin le Secteur Fédéral CGT pour prendre ces engagements, nous serions contraints de déposer ces DCI.
Les relations sociales dans l’entreprise seront durablement empreintes du conflit que nous venons de traverser et vous en conviendrez avec moi monsieur le Président, il ne serait souhaitable pour personne de les affecter d’avantage. Comme je l’ai dit plus haut, nous avons fait peser chacun des mots des lettres de cadrage régionales, il ne s’agit donc plus que de respecter la parole donnée.