Le temps est maintenant venu de negocier
Le mouvement de grève de type reconductible, débuté le 06 avril 2010 à 20H00 engageant principalement les cheminots du domaine Traction, les personnels des Établissements Commerciaux Trains et les cheminots du Fret aura porté sur des éléments transverses aux politiques socio-économiques et industrielles de l’entreprise et sur des revendications spécifiques.
Ces exigences des cheminots ne sont pas nouvelles. Elles ont été au cœur des actions depuis janvier 2010, rassemblements les 19 janvier et 18 mars à Dijon et Perrigny et journées nationales de grèves de 24 heures, les 03 février et 23 mars.
Malheureusement, la Direction n’ayant apportée aucun début de réponse, aura durant deux semaines pratiqué, le mépris des cheminots en envoyant des huissiers dans les établissements, la manipulation des chiffres de grévistes, l’opposition des catégories de cheminots entre elles, la division des organisations syndicales en privilégiant les syndicats d’accompagnement consensuel UNSA et CFDT/FGAAC qui lui permette de garder le cap de ses politiques de démantèlement de l’entreprise de service public moyennant quelques mesurettes.
Une communication de l’entreprise qui n’a pas hésité à désinformer l’opinion publique sur la réalité de la mobilisation, sa durée qui ne devait pas dépasser 48 heures, et la prévision des circulations.
Les cheminots en grève déterminés, sereins, lucides et responsables ont donc contraint le Direction Régionale et la Direction Fret Est à se mettre autour de la table.
Les discussions se sont traduites avec un contenu de négociations sur la base des revendications : emploi, Fret SNCF, organisation de la production et réorganisations, conditions de travail et déroulement de carrière.
Le produit de ces rencontres a été soumis à l’analyse et l’appréciation des Assemblées Générales représentatives des cheminots qui ont décidé démocratiquement de suspendre le mouvement.
Il est dommageable que la Direction SNCF ait mis autant de temps pour revenir à la raison.
Après les premières annonces, lors de la bilatérale du 21 avril entre la Direction Nationale et la Fédération CGT des cheminots, en particulier sur l’emploi avec un niveau de recrutements qui devrait atteindre les 3 000, il était initialement fixé à 1 800 au budget 2010, la CGT, prenant appui sur l’importante mobilisation ira chercher la concrétisation sur l’ensemble de ces sujets.
Elle rendra compte aux cheminots, en temps réel, de l’évolution des négociations qui seront mises sous haute surveillance.
Durant ce conflit, si des obstacles et des difficultés sont apparus, le soutien inconditionnel de l’UNSA et de la CFDT à la Direction, le refus de la fédération Sud Rail de mobiliser dans la plupart des régions, la CGT n’aura cessé de créer les conditions de la mobilisation sur tout le territoire et d’amplifier le niveau du rapport de force afin d’imposer de véritables négociations sur les raisons qui l’ont motivé.
Le positionnement dogmatique de la Direction SNCF qui refuse toute négociation pendant l’action de grève en spéculant sur un pourrissement du conflit, alors que la CGT s’est déclarée être toujours disponible pour négocier, aura vécu.
Mais cette attitude inacceptable et intenable a marqué durablement les relations sociales dans l’entreprise.
Quant à L’unité syndicale, elle ne peut se faire que dans la clarté à partir des revendications avec pour objectif d’engranger des résultats pour tous les cheminots et non pour des intérêts de boutiques.
La forte pression exercée par les cheminots nationalement dont la CGT a été à l’origine et singulièrement sur la région, des taux de grévistes tout au long des 14 jours entre 55 % et 60 % chez les ADC à l’ET BFC et UP Fret de Perrigny et de 55 % jusqu’à 70 % à l’ECT de Dijon, a fait sauter le verrou.
Malgré le blocage qu’elle a opéré, la Direction de l’entreprise a du concédé à aller au-delà des simples intentions de départ.
La CGT ne lâchera rien !! Elle appelle ceux qui ne l’ont pas encore fait à rejoindre les 61 cheminots qui ont adhéré à la CGT sur la région depuis le début de l’année 2010 pour renforcer le syndicalisme de contestation, de propositions, d’action et de négociation.

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