| Intervention rassemblement unitaire CGT-CFDT-SUD/Rail 18 juin 2009 |
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| Secteur Fédéral CGT Cheminots Dijon - Communiqués |
| Vendredi, 19 Juin 2009 00:00 |
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En présence de G.Pepy Présentée par R .FOURNERAY Monsieur le président,
Vous ne découvrez pas les mots d’ordre de ce rassemblement.
Les thèmes portent bien sur les préoccupations, inquiétudes et exigences qui se manifestent sur les sites ferroviaires émanant de toutes catégories de personnel.
Depuis le début d’année, les cheminots de toutes fonctions se sont fortement mobilisés dans le cadre de journées d’actions interprofessionnelles.
Vous auriez tort, Monsieur le Président, de banaliser les attentes qui montent dans l’entreprise en considérant que ce n’est que la traduction d’un mouvement social interprofessionnel pour lequel vous n’auriez aucun compte à rendre.
Vous le savez, plus de 60% des cheminots que vous avez dernièrement sondés estiment que les orientations de l’entreprise vont dans le mauvais sens.
Les incessantes réorganisations et restructurations qui génèrent un mécontentement d’une grande majorité du personnel affectent la qualité des services et nos conditions de vie et de travail.
Pas une entité n’est épargnée. Les réductions d’effectifs, l’externalisation de missions, l’utilisation de salariés au statut précaire, le chantage à la déréglementation sont le lot quotidien des cheminots.
L’ensemble des établissements sur la région est fortement impacté par cette logique de séparation des activités qui bouleverse les organisations du travail actuelles, le contenu des métiers et menace l’avenir de certains sites.
Dans ce contexte, nombre d’initiatives revendicatives ont lieu sur la région.
Elles portent notamment sur la structuration des établissements, l’organisation de la production, les métiers, les effectifs, le pouvoir d’achat.
Elles touchent toutes les fonctions.
Malgré les propositions alternatives portées par les organisations syndicales représentatives pour que d’autres décisions prévalent dans l’entreprise et que s’installent de nouveau des trajectoires qui ont marqué un accroissement des activités de l’entreprise et un relèvement important du niveau de l’emploi correspondant à un service public de qualité, vous refusez de débattre sur le fond des choix de gestion et d’organisation qui ont conduit à cette situation.
Pire, vous voulez passer en force de nouvelles réorganisations liées au projet « Simplifier et rassembler la SNCF ».
Prenant prétexte de la crise, vous accélérer le calendrier des réformes et abuser de la situation pour passer aux forceps vos projets :
Il en est de même pour la création de filiales au FRET à qui vous transférez délibérément nos trafics.
Avec la mise en oeuvre d’une politique qui a pour finalité de construire une organisation interne verticalisée autour des branches à l’intérieur desquelles se trouveront des activités, des filiales, des cheminots à statut et de droit privé, comment, Monsieur le Président, pouvez vous affirmer et surtout démontrer que vous allez maintenir l’unicité de l’entreprise et son caractère intégré ?
Cette structuration pousse vers un éclatement des métiers, vers la spécialisation des entités et la dédicace intégrale. Il s’agit d’accélérer l’ouverture à la concurrence, l’autonomie et le caractère d’indépendance des activités de la SNCF, mettre les cheminots et leurs droits sous la coupe des lois du marché.
Autant d’éléments qui ne sont pas sans compromettre les conditions de transport des usagers et la qualité de service de l’entreprise publique SNCF.
Les dérives actuelles avec le transfert de charges de travail entre différents métiers de la SNCF peuvent remettre en cause le haut niveau de sécurité et de service que sont en droit d’attendre les usagers. Que ce soit la circulation des trains TER sans ASCT, la mise en place de deux espaces de vente étanches en gare de Dijon Ville (un, TER multimodal exploité par EFFIA et un France Voyages géré par la maison mère SNCF), le transfert des autorisations de départs des trains à l’ASCT au mécanicien, ces nouveaux contours non seulement ne règlent rien les dysfonctionnements actuels mais engendrent des tensions supplémentaires et mettent encore plus à mal les complémentarités nécessaires entre France Voyages et TER.
Le fonctionnement de l’entreprise SNCF doit répondre avant tout à une volonté d’efficacité au service des usagers.
Or les principes clés retenus dans votre projet « Simplifier et rassembler la SNCF » ne répondent qu’à l’ambition de développer un certain nombre de marchés, choisis en fonction de leur profitabilité, dans une logique de passage du service rendu au service vendu.
Il y a donc un désaccord de fond sur la finalité de l’entreprise SNCF qui doit demeurer publique, un service public nationalisé, favorisant le déplacement des personnes et le transport de marchandises du plus grand nombre, proposant égalité de traitement, contribuant à la cohésion sociale et territoriale et au développement économique et de l’emploi.
Cela passe indéniablement par la remise en cause de certaines stratégies et la mise en oeuvre d’autres orientations, plus tournées vers une politique de service public, vers l’intérêt général.
Le mécontentement grandissant des usagers de notre entreprise, confrontés à des dysfonctionnements de plus en plus quotidiens et la recrudescence d’agressions des cheminots au travail doivent vous amener à arrêter les suppressions massives d’emplois réalisées au nom de la sacro rentabilité financière par la réduction des coûts. Alors que d’expérience, l’évolution positive de l’emploi accompagnée d’une revalorisation des salaires et pensions favorisent la consommation et contribuent au financement de la protection sociale, participent à l’essor économique, à la croissance.
Les saignées commises dans les effectifs de cheminots ( moins 18000 emplois depuis 2002) renforcés par un plan d’économies au budget prévisionnel de 2009 par une baisse de 1000 embauches entraînent des conséquences négatives en matière de conditions de travail, de sûreté, de qualité de service, de conditions de transports. Ce n’est pas non plus avec un déploiement de personnels CDD que l’on va répondre aux enjeux qui requièrent compétences et qualifications.
Le transport ferroviaire ne pourra se réaliser de façon pérenne qu’avec des cheminots à statut. Pour cela il faut arrêter le transfert d’activités vers les filiales, l’externalisation de tâches accomplies aujourd’hui par les agents SNCF et définir le niveau d’emploi en adéquation avec les besoins des usagers du transport voyageurs et marchandises ainsi que l’amélioration des conditions de vie et de travail des cheminots.
Dans ce contexte :
Si nous pouvons admettre que la SNCF fasse appel à sa filiale pour des missions lorsqu’elle est dans l’incapacité d’assurer en interne, vous ne pouvez justifier ce choix sinon par la dégradation des conditions sociales des salariés uniquement pour des raisons financières. Le professionnalisme des agents SNCF, la souplesse d’utilisation du personnel inhérente à la taille des équipes et le statut d’entreprise intégrée de la SNCF, la stabilité du personnel et la qualité de sa formation professionnelle sont les meilleurs garants de la qualité du service rendu aux usagers.
Je profite de ce moment pour interpeller les élus politiques sur le transfert du rail sur la route dans le haut Jura. Les suppressions d’emplois, la diminution du nombre de TER ( trains), c’est à terme la fermeture d’une ligne.
Face aux premières conséquences des restructurations qu’à subi le FRET ces dernières années dont vous avez d’ailleurs pour la plupart reconnu l’échec, il y a lieu de procéder à une véritable remise à plat en matière de stratégie Fret pour déboucher sur la reprise de réelles négociations que vous avez unilatéralement stoppées le 29 mai 2008.
La crise financière et économique ne peut servir d’alibi pour casser l’outil de production, saboter en priorité l’emploi et dérouler le tapis aux entreprises privées. Nous réaffirmons que le transport Fret SNCF comporte des missions de service public, d’aménagement du territoire, de sécurité dans le cadre de la politique du développement durable. Dans ce contexte de crise, la SNCF peut et doit être l’acteur majeur d’une politique de transports favorisant le modal sur le rail.
Vous devez à votre niveau, peser auprès du gouvernement pour que les conclusions émises lors du « Grenelle de l’environnement » ne soient pas des promesses sans suite. La part du transport de marchandises réalisée par le ferroviaire doit s’accompagner d’une politique volontariste du gouvernement qui doit se traduire par un engagement financier d’une autre nature pour garantir un réseau ferré de qualité, des infrastructures aptes à répondre aux exigences sociétales sur tout le territoire et le développement du service public ferroviaire dans toutes ses composantes.
Il va sans dire mais c’est mieux en le disant que nous ne concevons pas l’avenir de Fret SNCF en dehors de l’EPIC. Les cheminots qui disposent de compétences, de l’expérience et de l’expertise nécessaires conjugués aux atouts de l’entreprise ont la capacité de redresser et de développer durablement le Fret, d’autant qu’on leur donne les moyens et que l’on revienne à une politique de volume, comme le préconisait d’ailleurs M.WEIBEL dans un rapport qu’il a commis en 2006 à la demande de la direction de l’entreprise SNCF.
C’est ce que les cheminots sont venus dire à Monsieur NADAL le 03 juin lors du rassemblement unitaire à Clichy devant la direction Fret.
Le gouvernement et la Direction SNCF doivent prendre en compte nos propositions pour sortir Fret de l’ornière et organiser un grand débat public.
A cet effet, nous en appelons de nouveau à l’intervention des élus politiques, de la représentation nationale, pour demander des comptes à la Direction SNCF sur le fait que celle ci décide unilatéralement de fermer des installations et des infrastructures d’utilité publique, notamment certaines financées par les collectivités locales, sans concertation ni même d’information.
Il y a lieu également que cessent les évolutions qui traduisent les orientations que portent la « destination » annoncée pour 2012 qui ont pour modèle la restructuration du FRET, une structuration qui veut désimbriquer les services et isoler les cheminots en les cloisonnant dans un produit ou une ligne appartenant à une branche, ce qui va induire à terme la concurrence entre les personnels et la casse du statut social des cheminots.
La création des structures dédiées à la gestion des circulations, après la création de celles dédiées au Fret, portera un nouveau coup à l’entreprise intégrée. Fait exceptionnel, vous avez choisi délibérément de procéder directement à une consultation des élus au CCE du 17/06 sans information préalable.
Ce projet qui doit être mise en oeuvre au 01 janvier 2010 à vocation à modifier, notamment, les conditions de management et d’organisation sociale de plus de 14 000 agents au sein de l’entreprise. En ce sens une telle évolution aurait des conséquences importantes sur l’évolution économique et sociale de la SNCF, ainsi que sur les conditions de sécurité des populations et des cheminots.
C’est la pérennité de la filière Transport Mouvement qui se joue car, à l’instar de la branche Fret, les autres activités chercheront à créer des filières dédiées à leur production pour s’attacher durablement les compétences métiers des agents de cette filière.
La SNCF doit être en capacité de réaliser sa production voyageurs et marchandises sur tout le territoire. En zone diffuse, cela ne peut être réalisé correctement avec du personnel dédié.
Le service public sera de nouveau mis à mal par la logique financière des activités.
Il n’y a pas nécessité contrairement à ce que prétend la Direction de modifier l’organisation générale de l’Infra transport comme vous le proposer avec la création des Etablissements Infra Circulation et d’une Direction de la circulation ferroviaire. Rappelons que la loi ne préconise que la mise en place du service spécialisé. Ce projet est donc bien une décision interne.
La SNCF est en capacité de proposer des mesures équitables pour la circulation des trains des autres entreprises ferroviaires. Actuellement il y a même un traitement plus favorable de ces circulations par les agents du GID (Gestionnaire d’Infrastructure Délégué). En effet, la crainte d’être attaqué par les entreprises concurrentes de la SNCF pour traitement discriminatoire fait que GID ne favorise pas les circulations SNCF en cas de conflit de circulation.
Autre projet que vous voulez passez en force coûte que coûte en décidant unilatéralement de réunir un CCE extraordinaire le 07 juillet la restructuration à l’Infra Equipement.
Il découperait la France en 3 Zones géographiques ce qui signifierait :
Comment surveiller, entretenir dans de bonnes conditions et intervenir le plus rapidement possible avec de moins en moins de moyens ? Nous voyons là une des raisons qui affectent depuis quelques mois notre réseau notamment au niveau des caténaires.
C’est la mise en oeuvre du nouveau S9 et ce malgré des incidents qui se développent sur la région de Rennes, région expérimentale et la formation qui sème de plus en plus de trouble chez les cheminots.
Il faut redéfinir une organisation de la maintenance avec des parcours à taille humaine permettant une réactivité optimale.
Monsieur le Président, nous attirons votre attention des conséquences lourdes qui peuvent découler de pousser les stratégies contestées par les cheminots qui sont profondément attachés aux valeurs de service public et aux critères intégrés de l’entreprise publique. Comme le met en évidence le 3ème volet du baromètre social, de moins en moins de dirigeants croient encore aux orientations de la Direction. Votre démarche d’utiliser les managers de proximité pour faire passer votre idéologie a de plus en plus de mal à fonctionner.
Lorsque les cheminots se mobilisent pour préserver leur outil de travail, leur emploi, ils défendent le service public, un service public accessible à tous les usagers.
Il y a nécessité d’apporter des modifications notables dans les choix que vous conduisez et imposer à l’entreprise publique de service public qu’est la SNCF.
La SNCF doit réorienter sa stratégie pour être à même de répondre efficacement aux enjeux d’une politique des transports multimodale et complémentaires respectueuses du développement durable.
Ça ne peut se faire sans qu’un dialogue social constructif se mette en place dans l’entreprise.
Aussi le décalage inacceptable entre les inflexions apportées au plan national et la réalité sur le terrain, en région et dans les établissements, ne peut que recevoir une opposition résolue de notre part et générer de ce fait la multiplication de situations conflictuelles.
Vous ne pouvez pas vous soustraire plus longtemps à un véritable débat sur ce que doit être un dialogue social de qualité dans une grande entreprise publique comme la SNCF, sur le rôle, la place des représentants du personnel et des responsables syndicaux et de la considération que la Direction se doit de leur manifester.
Dans le cadre de la dégradation des conditions de vie et de travail de cheminots s’ajoute avec urgence la question du pouvoir d’achat, des salaires et pensions.
Face à nos demandes répétées, la Direction entame enfin des discussions sur les salaires avec la perspective d’une Table Ronde le 25 juin 2009.
La SNCF dans la même logique que le gouvernement et le patronat entend utiliser l’argument de la crise pour culpabiliser les cheminots alors qu’elle a reversé à l’Etat près de 314 millions d’Euros au titre des dividendes perçus en 2007 et 2008.
Comme l’ensemble des salariés, de plus en plus des cheminots sont touchés par la précarité et n’arrivent plus à vivre de leur travail. Nous vous rappelons également que le contentieux salarial, résultant de la désindexation du point, demeure important et se porte à 15 % au 01 janvier 2009.
Les cheminots actifs et retraités exigent une revalorisation significative des salaires, condition indispensable d’une réelle reconnaissance de la valeur de travail, à la relance de la consommation, de la croissance et de l’emploi.
Toujours sur ce sujet du pouvoir d’achat le 29 juin se tiendra une table ronde sur la prime de travail Matériel. Alors que dans la plupart des fonctions des discussions se sont ouvertes sur le sujet et ont abouti à des revalorisations des primes de travail, le code prime de travail Matériel qui sert de prime étalon à la SNCF n’a pas été revalorisé.
Les cheminots du matériel exigent une augmentation importante de leur prime de travail et sans contrepartie.
Il est donc de votre responsabilité, Monsieur le président, d’engager de réelles et sérieuses négociations à partir des revendications exprimées à nouveau par les cheminots sur le développement du Service Public SNCF, le maintien du caractère intégré et de l’unicité de la SNCF, l’emploi, les salaires et pensions, leurs droits.
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