Trains sans controleurs

Analyses contre propositions CGT

Notre dossier

Comptes Rendus CER

Retrouvez les comptes rendus

CER SNCF Dijon

Salaires

Exigeons de vrais salaires !

Notre dossier

Triage de Gevrey

La CGT et si j'y étais!
La SNCF teste le FRET

A qui le tour?

Lettres D'Informations




Déclaration CGT CER du jeudi 15 décembre 2011 Imprimer Envoyer
Secteur Fédéral CGT Cheminots Dijon - CER
Vendredi, 23 Décembre 2011 16:25

Monsieur le Directeur,

Ce Comité d’Établissement Régional s’ouvre dans une période pour le moins compliquée pour la SNCF et les cheminots.

En opérationnel, c’est le changement de service et la mise en circulation du 1er train privé autorisé à desservir des gares françaises dont Dijon sur son parcours.

Sur le plan politique, ce sont les assises gouvernementales du ferroviaire, la saisine du Conseil Economique, Social et Environnemental et la mission confiée par François Fillon au Conseil d’État, les trois ayant comme point commun, la préparation de l’ouverture à la concurrence des trains régionaux et la remise en cause du service public SNCF et de notre statut.

Au niveau de l’Europe, c’est la refonte du 1er paquet ferroviaire et la préparation par la commission des transports d’un 4e paquet sur la généralisation de la concurrence pour les trafics de voyageurs qui s’inscrivent donc dans des perspectives identiques.

D’une part, nous traversons une crise économique mondiale d’une ampleur équivalente, voire supérieure à celle de 1929 qui impacte l’Europe et tout particulièrement la zone euro.
D’autre part, nous entrons en France dans la campagne des élections présidentielles et législatives, ce qui va forcément avoir de l’influence les positionnements de chacun.
 

Mais dans cet univers profondément injuste et antidémocratique, dans ce monde de l’argent roi, des évènements surviennent et bousculent les règles établies. Deux journées de grève générale en Israël, des grèves en Chine et en Amérique du Sud sur les salaires et les conditions de travail, des manifestations à Wall Street et sur le pont de Brooklyn sévèrement réprimées par la police. Ces évènements sont très peu médiatisés, mais ils sont la démonstration que le capitalisme sauvage est de moins en moins toléré et que les salariés, malgré la répression, sont de plus en plus nombreux à exprimer leurs revendications et à réclamer une autre répartition des richesses.
C’est dans ce contexte que le G20 s’est réuni à Cannes les 3 et 4 novembre dernier. Cette instance illégitime des plus grandes puissances économiques mondiales a fait une fois encore la démonstration de son inutilité. Il était pourtant prévisible qu’entre égoïstes et sur des bases ultras libérales, on ne puisse pas construire de projet collectif et juste. Sarkozy, président du G20 depuis un an, qui promettait la moralisation du capitalisme, la surveillance des rémunérations des traders, la fin des paradis fiscaux, mais aussi la réforme du système monétaire international, la lutte contre la volatilité des matières premières, la réforme de la gouvernance mondiale, est sorti de cette grande messe sans aucun accord ni engagement. Ce G20 n’a servi les grands de ce monde qu’à s’entendre sur la mise en œuvre de l’austérité sur le plan international et tout particulièrement dans la zone euro.
En parallèle du G20, un Forum des peuples à Nice a fait entendre une autre voix. Ce sont des délégations de plus de 70 pays qui se sont réunies pour débattre sur une autre logique visant les questions de désarmement, d’une autre autorité sur la finance et sur le partage des richesses, de démocratie ou d’environnement. Une manifestation très pacifique réunissant plus de 10 000 personnes mobilisant des forces policières démesurées a porté ces exigences nouvelles.
La crise, les dettes des États sont autant de prétextes pour le couple Merkel et Sarkozy pour mettre en coupe réglée tout ce qui constitue le socle social des pays de la zone euro. Les journalistes parlent de la troïka constituée de la commission européenne, de la BCE et du FMI, comme s’il s’agissait d’une autorité démocratique autorisée à imposer aux peuples la régression sociale et la chute dans la pauvreté. Les agences de notations dont la plupart des citoyens ont découvert l’existence par la crise financière, parce qu’elles avaient accordé un triple A sans réserve aux banques qui jouaient sur la spéculation immobilière, sont devenues en quelques mois des entités qui font la pluie et le beau temps.
Il y a quelque temps, Portugal, Irlande, Grèce, Espagne étaient nommés les PIGS, allusion aux cochons qui vivent et s’ébattent dans la fange. Le sort fait aux populations de ces États est innommable. Gel des salaires, recul de l’âge de la retraite, baisse des pensions, casse des services publics et politique drastique sur les dépenses publiques, avec à la clef la suppression de centaines de milliers d’emplois dans les administrations, explosion du chômage, réduction des allocations, destruction des droits collectifs, abandon des normes sociales.
Des journées de grève générale et de manifestations se sont développées dans la plupart de ces pays, mais les gouvernements restent intangibles et appliquent sans discuter les règles imposées par la troïka et dictées par le couple infernal franco-allemand. Nous arrivons à des situations insupportables, parce que profondément injustes. Au Portugal, le gouvernement a décrété la fin du salaire minimum légal ; en Grèce, les accords collectifs de branches et d’entreprise sont abrogés ; en Hongrie c’est le Code du travail qui a été mis au pilon.
Les orientations politiques dictées par la commission européenne entraînent l’ensemble de la zone euro dans une spirale infernale de récession qui ne génère que chômage et explosion de la misère. Cette stratégie visant à réduire coûte que coûte les dettes publiques uniquement par une réduction des dépenses nous entraîne dans une catastrophe économique et sociale inédite depuis la dernière guerre mondiale.
Dans cet environnement européen, la CES et les syndicats européens ont une grande responsabilité. L’action du 8 novembre pour les cheminots est un exemple de la nécessité d’un syndicalisme fort en Europe avec la branche ferroviaire d’ETF qui a décidé dès le mois de juin de la nécessité de construire une Euro grève avec un engagement de toutes les organisations syndicales affiliées. Mais comme bien souvent, il est plus facile pour certain d’écrire et de déclamer que de mobiliser et battre le pavé.


Si la casse sociale imposée aux peuples de certains pays d’Europe est catastrophique, la France est soumise à une politique gouvernementale qui n’est guère plus brillante. Depuis 2007, Sarkozy et son équipe mettent en œuvre un véritable dé tricotage de notre socle social, appliquant ainsi ce que le sinistre Kessler, alors numéro 2 du MEDEF, disait attendre de Sarkozy : la mise en coupe réglée de toutes les mesures mises en place par le Conseil National de la Résistance.
Si les deux premières années de son mandat furent celles de la droite décomplexée, nous assistons maintenant à une fin de mandature qui utilise la crise pour justifier et amplifier la poursuite de sa politique. Ce sont des centaines de milliards de cadeaux en tous genres qui ont été octroyés aux plus riches :
• Exonérations fiscales et de cotisations sociales,
• assouplissement des règles de licenciements,
• développement de la précarité et des contrats de travail atypiques par une succession de réformes rétrogrades du Code du travail,
• pas un coup de pouce sur le SMIC,
• défiscalisation des heures supplémentaires pour une remise en cause des 35 heures,
c’est tout un ensemble de réformes législatives qui ont eu comme seule ambition de servir le grand capital. Cette politique de réduction des recettes a vidé les caisses de l’État et fait exploser la dette nationale, mais les entreprises du CAC 40 ont fait des profits records et les dividendes versés aux actionnaires ont eu une croissance exponentielle.
En parallèle à cette politique budgétaire au service des puissants, les Ministres des finances successifs n’ont eu de cesse d’imposer une réduction des dépenses publiques pour tenter de colmater la brèche qu’ils ont eux-mêmes ouverte dans le budget de l’État :
• Non remplacement d’un fonctionnaire sur deux et notamment dans l’éducation nationale,
• déremboursement de centaines de médicaments et augmentation du forfait hospitalier,
• fermeture d’hôpitaux publics,
• casse des services publics,
• privatisation et ouverture du capital des entreprises publiques,
• vente du patrimoine national,
• report de l’âge de la retraite et allongement de la durée de cotisation,
• réduction des allocations sociales et des droits sociaux,
• hausse de la TVA sur la restauration et le bâtiment,
• blocage des barèmes d’impôts pour l’année 2012
sont les seules recettes appliquées, totalement inefficaces économiquement, mais redoutables socialement.
Depuis son élection, Sarkozy n’a de cesse de refaire l’Histoire et de se servir de nos valeurs progressistes pour les détourner vers ses propres objectifs. La valeur travail l’a servi pour remettre en question les droits collectifs, la lettre de Guy Môquet a été utilisée pour promouvoir la compétitivité, sa réforme des retraites a été vendue comme seule possibilité de sauver notre système

La réaction face à cette situation avec la décision d’une quinzaine de mobilisations interprofessionnelles avec une journée de rassemblements le mardi 13 décembre a fait consensus, au moins dans les appels et s’est concrétisée par plus de 200 rassemblements locaux ou tous n’étaient pas aussi présents. Malgré cet état de fait, la CGT continuera de s’inscrire dans les débats à partir de ses exigences et de ses propositions.

La SNCF et les cheminots sont dans les projecteurs des libéraux qui nous gouvernent et qui nous dirigent.
Depuis la parution du rapport Grignon le 18 mai 2011, les choses se dessinent et s’accélèrent. Le colloque au CESE commandé par la Direction de la SNCF sous les conseils éclairés de l’Élysée devait permettre aux ministres des Transports de lancer les attaques contre la libéralisation des TER. La manifestation du 16 juin 2011 place Iéna les a contraints à modifier leurs plans. A notre demande d’un débat public sur le service public ferroviaire, ils ont répondu par les assises du ferroviaire. Cette stratégie leur permet de gagner du temps, mais surtout de mener une campagne politique dans et hors de la SNCF pour promouvoir la nécessité d’aller plus loin dans la libéralisation et de casser le socle social des cheminots.

Du côté gouvernemental comme du côté de la direction, tous se sont mis dans une campagne idéologique majeure. Les premiers faisant la promotion de l’ouverture à la concurrence et la présentant comme une solution à bien des problèmes. Le postulat de départ de Grignon est que la concurrence améliore la qualité du service, en réduit les coûts et permet le développement de l’offre. La direction, elle, s’est engagée sur une autre voie, celle de convaincre les cheminots et au-delà leurs interlocuteurs, que la concurrence n’est pas discutable et qu’elle est inéluctable.
 

Mais dans les assises du gouvernement, les acteurs auditionnés viennent de différents horizons avec comme point commun d’être de fervents défenseurs de la libéralisation du secteur. Il leur tarde à tous de voir disparaître l’entreprise publique SNCF et de faire du ferroviaire un marché ouvert générateur de profits, dans le cadre d’une concurrence librement faussée.
Notre fédération s’est inscrite dans ces assises pour porter notre analyse et des propositions alternatives. Nous nous sommes attachés à y inclure le fret, car peu d’interlocuteurs abordaient ce sujet. Nous avons posé la question de la pertinence de la concurrence, car tous les acteurs la présentent comme un dogme, alors que la loi française attribue le monopole à la SNCF sur le transport national de voyageurs et qu’aucune législation en vigueur en Europe ne l’oblige à faire différemment. Nous avons fait ressortir les dégâts causés par la concurrence pour le fret et pour d’autres services publics en France et pour le transport ferroviaire dans d’autres pays d’Europe. Dans tous les cas, c’est baisse de la qualité, explosion des tarifs pour les usagers et surtout dégradation des conditions sociales pour les salariés. Bien entendu, nous avons posé le problème de la séparation du système et prôné le retour à une entreprise unique et intégrée de service public. Concernant le financement, c’est la reprise de la dette par l’État qui est nécessaire et un autre plan de financement des infrastructures qui s’impose. Enfin côté industrie, nous avons rappelé que le développement technologique de l’infrastructure et du matériel s’est accompli dans l’histoire par un travail de coopération entre l’industrie métallurgique française et la SNCF.

Il est difficile à ce jour de savoir quelle sera l’attitude du gouvernement et quel sera son calendrier. Mais une chose est sûre, des propositions et des projets de loi vont venir sur la gouvernance du système ferroviaire, sur son financement et sur la concurrence. Il est essentiel que les cheminots soient prêts et à l’offensive, car les forces en présence pour défendre notre conception du service public seront peu nombreuses.


Pour la CGT, le service public c’est l’ensemble des obligations qui reviennent à la SNCF quelles que soient leurs dénominations, le Fret, le TGV, les TER, les TET ou les Corails Inter Cités, mais aussi l’entretien du matériel et des infrastructures, la régénération des voies et leur surveillance, parce qu’ils servent la nation et sont mis au service des populations. Derrière ces activités, il y a pour nous l’ensemble des services qui permettent de les réaliser. Il y a le recrutement, le suivi administratif, la sûreté, la gestion des trafics, la sécurité des agents et des circulations, la gestion de l’entreprise, l’informatique et le juridique, la formation du personnel, son suivi médical et l’ensemble de la protection sociale. Parce que tous sont garants d’un service public efficace, de qualité, sûr, préservant sur le plan social et sanitaire les salariés sans que des intérêts privés et financiers puissent prendre le pas sur le sens et la finalité de l’entreprise publique. Il est une évidence, notre conception est bien éloignée de celle prônée par les libéraux qui voudraient nous entraîner vers une délégation réduite de service public.
Elle est aussi fortement éloignée d’un cadre social harmonisé pour les cheminots prôné par le Président Pépy et repris en cœur par d’autres organisations syndicales. Car au-delà du fait qu’à n’en pas douter une future convention collective des travailleurs du rail tirerait les salariés de la SNCF vers le bas, il faut s’interroger : qu’est-ce qu’un cheminot dans une entreprise privée ?
C’est un conducteur de train, éventuellement un aiguilleur et un contrôleur.
Alors quid des autres agents… seraient-ils soumis à une convention collective du BTP par exemple pour l’équipement ou encore à une convention collective nationale du commerce et de la réparation de l'automobile pour les agents du matériel, etc., etc. … ?
Petite précision au passage ne voyez pas dans cette mise au point une quelconque tentation pour la CGT d’aller vers ce genre de propositions ! D’autres accompagnent fort bien déjà le moins-disant social ! Il s’agit uniquement pour nous de faire la lumière sur le complot qui se trame en coulisse.
D’ailleurs pour ce qui est du FRET il n’est pas besoin d’aller bien loin pour s’apercevoir des dérives de la libéralisation. Les dérives sécuritaires, quand ce n’est pas les dérives de wagons, sont devenues le quotidien sur le site et les règles d’exploitation dont l’EIC est le rédacteur à travers la CLE (consigne locale d’exploitation) doivent être partagées avec les IRP compétentes et respectées pour la sécurité de tous, dont je vous rappelle vous êtes le garant pour au moins 3 établissements. Non monsieur le directeur le FRET n’est pas sorti de la SNCF et le triage de Gevrey ne sera pas le no man’s land réglementaire auquel aspire ses pourfendeurs.

Pour être efficace en réaction à ces sujets qui conditionnent fortement l’avenir de l’entreprise intégrée, il serait mieux que chacun confirme les engagements pris collectivement autrement que par l’apposition d’un sigle en haut et d’une signature en bas de feuille, mais par une mobilisation concrète, plutôt qu’en posant des préavis sinon fantaisistes, au moins inutilement médiatiques.

De même, si se voir proprement attaqué par la direction dans un tract diffusé à grands frais, aux usagers de Besançon, ne nous surprend pas, la manière semble sinon cavalière pour le moins inédite et inappropriée. Prendre les usagers à témoins de votre incapacité au dialogue et de viser la CGT ne grandit pas la Direction et nous semble inacceptable. Si le conflit a été suspendu et au-delà des avancées actées, un certain nombre de revendications restent à l’ordre du jour dont l’EAS sur lequel la direction n’est pas quitte surtout de la manière dont elle s’est discréditée aux yeux des cheminots. IL serait bon que vous preniez la hauteur de vue nécessaire avec les hiérarchiques concernés et que l’établissement Traction n’ajoute pas des huissiers à ses frais de gestions : Cela risque de grever la facture à TER et faire monter inutilement la pression.

Sur ce même registre se faire persifler par 3 OS dont une non représentative sur le sujet de l’EAS au prétexte que la CGT la jouerait solo et voir ces mêmes persifleurs se replier en ordre dispersé, ne fait sourire que la direction et chacun serait inspiré de relire ses fondamentaux entre la dinde et la bûche…

Pour autant que certains puissent bénéficier d’un repos mérité, d’autres se verront contraint d’assumer les situations générées par la mise en œuvre du SA 2012 : suppression de postes à l’escale, à la vente, EAS, Travaux de nuit…….

Ne comptez pas sur la CGT monsieur le Directeur pour relancer à votre sinistre vente aux enchères, qui sur fond de libéralisme, brocarde les conditions de travail, le statut des cheminots et le service public. Les cheminots ont sifflé la fin de la récréation vous l’avez vu ces dernières semaines lors des différents rassemblements sur notre région comme le 24 novembre dernier (équipement) ou encore le 1er décembre (roulants).

L’épisode de ce matin, où vous avez contraint le CER à ester pour faire valoir ses prérogatives, et par là même les droits des cheminots, ne grandit pas l’entreprise et ses représentants. Il entame plus que gravement le peu de crédit qu’il restait sur la volonté réelle de dialogue social de la SNCF. Il ne suffit pas de se voir pour considérer que le dialogue existe, il faut y mettre du contenu.

Sur le sujet de la bûche et de la dinde, les retraités réunis nombreux hier place de Budapest, voudrait simplement pouvoir continuer à y avoir accès en refusant la mensualisation et les risques qui en découlent au prétexte que les Banques et marchés financiers ne veulent pas prêter à la CPRP……

Toujours en lien avec la bûche, la CGT aimerait qu’une réponse lui soit enfin apportée sur le miracle des abonnements de portables qui n’ont pas attendu Noel pour arriver dans des hottes qui n’étaient pas rouges comme il est de tradition, mais plutôt bleues et/ou oranges…

Vous comprendrez monsieur le Directeur que la trêve des confiseurs n’aura qu’une valeur symbolique, car la CGT et avec elle les cheminots et les salariés n’observeront pas de trêve revendicative.