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Déclaration CGT CER du mardi 18 octobre 2011 Imprimer Envoyer
Secteur Fédéral CGT Cheminots Dijon - CER
Lundi, 07 Novembre 2011 06:53

Sauvons le soldat DEXIA est le mot d’ordre commun à la France et la Belgique. La nationalisation retrouve des vertus quand le capitalisme et la privatisation ont fait preuve de leur échec !
Les gouvernements français et belge ont annoncé le démantèlement de la banque qui va générer une reprise de la branche française par la banque postale et la Caisse des Dépôts et Consignation et la création d’une structure de défaisance qui aura vocation à gérer les actifs à risques pour un montant de près de 100 milliards d’€.
La CGT exige l’ouverture d’une discussion avec l’ensemble des acteurs concernés pour mettre en place un pôle public financier et imposer aux banques des missions d’intérêt général.
Placé sous contrôle public et social, ce pôle public serait, entre autres, mobilisé pour le soutien et le développement des activités productives, de l’emploi et des services publics dans les territoires. L’Union Européenne retrouve les vertus du public en demandant aux États de renflouer les banques, cette question a fait l’objet de discussions entre SARKOZY et MERKEL. L’Union Européenne souhaite même que les États abondent un budget de plus de 400 milliards d’€ qui servirait à sauver les banques.
Il serait normal de trouver de l’argent pour renflouer les caisses des banques, mais en revanche, il serait contraire à la législation européenne d’aider les associations caritatives et les banques alimentaires qui viennent en aide aux plus démunis.
Alors que nombre de pays de l’Union Européenne ont fait adopter par leur parlement respectif des plans d’austérité inefficaces et inéquitables, plongeant une partie des citoyens dans la pauvreté et la précarité, les ministres de l’Emploi et du Travail du G20 se sont réunis à PARIS le 26 septembre afin de préparer, sous la présidence française, le sommet de Cannes prévu les 3 et 4 novembre prochains. Le Président SARKOZY souhaite rencontrer les syndicalistes la veille du G20 pour soi-disant préparer le sommet. La CGT a décidé de décliner l’invitation de l’Élysée pour ne pas nous prêter à ce que nous estimons être une opération essentiellement médiatique. En revanche, la CGT s’engagera dans l’ensemble des mobilisations citoyennes qui prennent corps à l’occasion du G20.
Nicolas SARKOZY, qui n’en est pas à une contradiction près ou qui devait être encore sous le coup du résultat des sénatoriales, a milité pour la mise en place d’une régulation sociale mondiale et d’emplois de qualité allant jusqu’à dire que, je cite « la création d’emplois de qualité et le renforcement de la protection sociale vont de pair » et plus loin de rajouter « nous devons avoir un impératif de protection des droits des plus faibles ». Il a plaidé, aux dires des médias, pour que l’ensemble des pays du G20 ratifient les huit conventions de l’OIT sur les droits fondamentaux tels que les libertés syndicales, le droit d’organisation et de négociation collective, le travail forcé et son abolition, l’âge minimal pour travailler, le travail des enfants, l’égalité de rémunération, les discriminations.
Il est vrai, et tout le monde le sait, que ce sont les cordonniers les plus mal chaussés.
Deux jours après l’acte militant du président de la République en faveur des plus faibles, le ministre du Budget présentait le budget 2012 de l’État mettant en oeuvre un véritable plan d’austérité en France.
Quelques jours avant, le 1er ministre, François FILLON, non content d’avoir imposé une réforme injuste, inefficace en 2010 sur les retraites, indiquait qu’il faudrait maintenant s’aligner sur l’Allemagne en ce qui concerne l’âge de départ à la retraite, soit 67 ans.
Cette annonce témoigne, si besoin en était, que l’argument de la démographie mis en avant en 2010 n’était qu’un prétexte tant les situations des deux pays sont de ce point de vue différentes.
Il ne s’agit que d’une annonce visant un peu plus à semer le trouble dans la tête de certains à quelques mois des élections présidentielles.
Cette fuite en avant de la part du gouvernement témoigne une fois de plus de leur servilité vis-à-vis des marchés financiers et de leurs agences de notation.
Le recul de l’âge de départ en retraite ne réglera en rien, la question du financement de la sécurité sociale et sera désastreux pour le monde du travail et les citoyens.
Développement de l’emploi, développement des services publics, augmentation des salaires et pensions, suppressions des inégalités entre les hommes et les femmes, c’est tout le sens de la journée d’action unitaire et interprofessionnelle du 11 octobre.
Mobilisation qui a été précédée par la journée d’action unitaire des retraités du 06 octobre qui portait sur le pouvoir d’achat des pensions et la perte d’autonomie. En effet, la désindexation des pensions sur le salaire depuis la réforme Balladur de 1993 et leur indexation sur les prix, se chiffre aujourd’hui par une perte de plus de 20% par rapport au salaire moyen. Les lois Fillon allongeant la durée de cotisation requise pour une retraite pleine et entière ont encore accentué cette dérive.
Si la règle d’or du libéralisme c’est de faire payer les salariés, les retraités et les demandeurs d’emploi, la règle d’or du syndicalisme, c’est de proposer et de se battre.
Une centaine de nos camarades se sont rassemblés le 3 octobre devant le tribunal de Dijon pour le triage de Gevrey et le FRET SNCF. L’audience a d’ailleurs été reportée puisque la direction SNCF n’a pas fourni tous les documents utiles. Nous donnons d’ores et déjà rendez-vous aux cheminots au même endroit le 5 décembre prochain, car si la direction veut jouer les prolongations nous répondrons présents !
1 cheminot(e) sur 4 était en grève à l’appel de la seule CGT le 11 octobre. Près de 35% à l’exécution, 20% en maîtrise et 5% chez les cadres.
Au-delà du pourcentage de grévistes à la SNCF, la présence des cheminotes et cheminots et plus globalement la participation aux 200 manifestations ont réuni près de 300 000 manifestants composés majoritairement par la CGT.
Salaire, emploi, organisation de la production, condition de travail, protection sociale et service public FRET SNCF sont de véritables sujets de préoccupation pour les salariés de l’EPIC SNCF.
La direction doit en tenir compte et ouvrir de véritables négociations, le plus rapidement possible, sur l’ensemble des sujets.
D’autant plus que les revendications posées dans le cadre des DCI et préavis demeurent et pour certaines sont posées avec acuité à deux mois du changement de service.
Salaires : c’est une question de justice sociale, mais aussi un enjeu de relance économique, car facteur de croissance et d’emploi.
Depuis le 1er octobre, le salaire minimum à la SNCF est 2% à peine au-dessus du SMIC. Au regard de l’augmentation de l’inflation, la revalorisation mécanique du SMIC devrait avoir lieu bientôt et conduira à faire passer le salaire minimum à la SNCF sous le SMIC. Et certains affirment avoir sauvé le pouvoir d’achat des cheminots en ayant signé un accord salarial d’austérité à 0,4% au 1er octobre alors que les salariés ont perdu 1,2 point de pouvoir d’achat entre le 1er janvier et le 1er août 2011.
Il y urgence à rouvrir de véritables négociations salariales
L’emploi: la direction a été contrainte le 15 juin d’annoncer 1000 recrutements supplémentaires et un objectif de 5500 embauches pour 2011. Pour autant le niveau de recrutement ne peut suffire à compenser les suppressions d’effectif opérées au fil des restructurations et permettre une mise en oeuvre correcte du SA 2012. 159 emplois de cheminots ont été supprimés sur notre région rien que pour l’année 2010. Avec une centaine de nos camarades rassemblés devant le siège régional le 11 octobre la CGT a exigé l’augmentation des recrutements autorisés pour l’année 2011 sur la région de Dijon au regard des départs de cette année de ceux prévus l’année prochaine et des sous effectifs dans la plupart des établissements.
La CGT estime qu’il faudrait plus de 160 notifications supplémentaires au-delà des 210 autorisées jusqu’à ce jour pour 2011 pour remédier à cette situation. Le curseur a d’ailleurs bougé puisque nous en sommes maintenant à 224 autorisations. Nous avons remis à l’occasion de ce rassemblement 278 candidatures suite aux bureaux d’embauches CGT, candidatures qui attendent des réponses et qui doivent aboutir à chaque fois qu’elles correspondent. Nous vous en remettons aujourd’hui 32 supplémentaires ce qui porte le total à 310.
La CGT a exigé l’embauche effective des recrutements autorisés ce qui correspond à 210 d’ici la fin de l’année pour la région de Dijon. Les campagnes que nous menons un peu partout sur l’emploi sur les bureaux d’embauche et l’action de la CGT sur ce dossier depuis des mois permettent de faire bouger les lignes.
Sur la région de Dijon au regard des chiffres qui nous serons présentés lors de ce CER nous sommes passés de 63 recrutements annoncés lors du CER du 22 septembre à 121 annoncés ce 18 octobre soit quasiment autant en 1 mois que sur les 8 premiers mois de l’année !
Conditions de travail : la CGT porte des exigences en lien avec le changement de service à venir. L’arrêt des organisations de la production entraînant une détérioration des conditions de travail dans l’ensemble des métiers en ce qui concerne la SUGE, le recours intensif au travail de nuit à l’équipement et au matériel, en ce qui concerne la dégradation des roulements chez les roulants et enfin l’arrêt de la déshumanisation des gares et des trains et de ce qu’elle génère comme pressions sur les cheminots. L’arrêt de la mise en œuvre de l’ EAS entre Besançon Viotte et Besançon Franche Comté TGV. Le respect de la réglementation du travail en vigueur.
Depuis des mois la Fédération CGT alerte la Direction SNCF sur la dégradation des conditions de travail des cheminots dans les gares et dans les trains.
Nous le disions une fois de plus lors de notre déclaration lors du CER du 31 août dernier je site : « Nous observons que le climat général se dégrade dans les trains, que les conditions de travail se dégradent de manière inquiétante pour les ASCT ».
La violente et inadmissible agression dont a été victime notre collègue ASCT de STRASBOURG le 06 octobre, a conduit une majorité des agents des ECT à user de leur droit de retrait.
Nous renouvelons tout notre soutien à notre collègue, ainsi qu’à sa famille et souhaitons qu’il retrouve la santé le plus rapidement possible.
Au-delà de l’émotion, de la colère suscitée par cette agression, ce sont les problématiques d’emploi et de condition de travail, occasionnant un sentiment d’insécurité pour certains d’entre eux, qui sont remontés à la surface et qui ont été l’objet des rencontres dans les établissements et au niveau national.
Sans instrumentaliser l’évènement, la CGT a pointé lors du groupe de travail sûreté du 10 octobre les réorganisations, les suppressions d’emplois conduisant à déshumaniser les gares et les trains et exprimer de légitimes revendications permettant d’améliorer les conditions de travail des ASCT mais aussi des personnels de la SUGE et des gares.
La direction doit apporter des réponses aux revendications sans plus attendre sur ce thème !
Le SA 2012 mécontente les usagers avec les nouvelles grilles horaires, qui bien souvent se traduisent par un allongement de la durée des parcours, des suppressions de trains, la disparition de correspondance et des horaires qui ne correspondent pas forcément aux besoins de la population. Il inquiète les cheminotes et les cheminots sur les conditions de sa réalisation.
Ce n’est pas tant la question du cadencement qui pose problème, mais plutôt les conditions dans lesquelles il se réalise : un réseau vieillissant avec un volume de travaux de rénovation important, un manque de matériel et surtout des moyens humains en tension et des organisations du travail cloisonnées par activité.
Le cadencement peut permettre de répondre aux besoins de la population, mais il nécessite une préparation, des investissements, des moyens et des modifications d’organisation.
Le cadencement va se mettre en place alors que les investissements sur le réseau n’ont pas été réalisés. La performance du réseau n’est donc pas au rendez-vous et est hétérogène : de nombreux ralentissements et de nombreux travaux limitent la capacité et le débit des lignes avec une dégradation des conditions de travail entraînant une augmentation du travail de nuit à l’équipement et au matériel.
Ajoutons à cela, la désorganisation du système ferroviaire qui conduit à une crise de la production des sillons aggravée par les réorganisations des EPIC SNCF et RFF. Conséquence : retard dans la phase conception du SA 2012, nombreuses plages travaux non stabilisées et maintien des trains à horaires à confirmer créés en 2011.
RFF et SNCF se sont lancés dans une campagne de communication pour tenter de justifier et d’expliquer les désagréments auxquels seront soumis les usagers. En revanche, ils omettent de préciser que ces désagréments sont la conséquence de choix politique et de gestion qui peuvent être évités ou limités à condition d’infléchir certains choix.
Choix politiques qui ont conduit au désengagement de l’État et qui n’ont pas permis de désendetter le système ferroviaire, mettant en péril les capacités d’investissement pour maintenir en état et moderniser le réseau existant.
La collision entre un TER et un camion survenue le 12 octobre à St Médard sur Ille repose la question de la mise en sécurité des passages à niveau.
Notre pensée va avant tout aux familles des morts et blessés.
Sans préjuger des résultats de l’enquête, l’État doit assumer ses responsabilités en permettant le financement, par des fonds publics, d’un plan de modernisation et de sécurisation des passages à niveau pour garantir la sécurité des cheminot(e)s, des usagers du ferroviaire et de la route.
La CGT rappelle que le PN de Mesvres (près de Montchanin) a connu des accidents de même nature et a des caractéristiques identiques d’autant qu’il est situé sur un itinéraire affecté pour les convois exceptionnels.
Nous ne comptons pas sur les Assises du Ferroviaire lancées le 15 septembre par le Gouvernement et qui partent de deux postulats: l’ouverture à la concurrence et la remise en cause du statut des cheminots, pour être le grand débat public sur ce que doit être un véritable service public ferroviaire avec des cheminotes et cheminots à statut.
Dès le début, nous savions que nous ne pouvions pas en attendre grand-chose au vu des instigateurs Nathalie Kosciusko Morizet et Mariani et une direction d’entreprise qui ne jure que par la mise en place d’un cadre social harmonisé.
D’ailleurs lorsque le président Pépy évoque lors de son discours à l’occasion du séminaire de Tanger « le silotage, la tubification, l’égoïsme des branches » en disant, je cite toujours, « c’est improductif, incompréhensible et dévastateur pour nos clients comme pour les salariés », nous ne nous méprenons pas davantage sur l’objectif final de la direction.
Le président PEPY ne parle pas de réintégration de l’Infra avec la partie RFF mais d’une Infra intégrée, ce qu’il vise c’est un système à l’allemande avec une holding et une multitude de filiales pour être l’opérateur hyper dominant en France et en Europe avec des salariés travaillant dans un cadre social abaissé sans statut et sans RH 0077.
Les 15/16/17 novembre 2011, les député(e)s européens débattront et voteront le projet de Directive « refonte du 1er paquet ferroviaire ». Après une analyse détaillée de ce projet, la Fédération Européenne des Transports qui rassemble des cheminots de 41 pays européens, a décidé d’organiser une journée d’action européenne le 8 novembre 2011 partout en Europe. L’enjeu est très important. Le projet actuel, s’il était adopté, serait un formidable accélérateur d’une libéralisation qui montre depuis une décennie tous ses méfaits, y compris en terme de résultats.
La CGT répondra à l’appel pour réorienter un texte qui ne vise qu’à donner un coup fatal aux entreprises historiques, à favoriser l’émergence d’entreprises extérieures au monde du transport ferroviaire, et à remettre en cause les garanties collectives des Cheminots des entreprises actuelles (publiques et privées).
Je vous remercie.