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Déclaration CGT CER du mercredi 31 août 2011 Imprimer Envoyer
Secteur Fédéral CGT Cheminots Dijon - CER
Vendredi, 02 Septembre 2011 14:08

Les logiques financières, la spéculation à tous les étages qui asphyxient partout les finances publiques, abandonnent les politiques de croissance et l’investissement dans les activités utiles socialement et économiquement provoquent des crises sociales et humanitaires graves, favorisent les guerres, les extrémismes de toute nature, plongent des peuples dans la misère, la pauvreté, la famine.
L’été a été marqué par l’actualité économique et financière, les bourses faisant le yoyo en fonction de décisions arbitraires des agences de notation, des mesures d’austérité annoncées par les gouvernements, des gages donnés en quelque sorte aux marchés financiers.
Mais malgré les plans d’économie annoncés ou les plans d’aide décidés, en Grèce, au Portugal, en Irlande, aux États-Unis… les agences privées ont continué à dégrader la « note » de ces pays…
De plus en plus de voix commencent à s’exprimer pour dénoncer le caractère arbitraire de ces évaluations qui amplifient la récession.

Après la grippe H1N1 c’est le virus « AAA » ou triple A qui arrive en provenance des agences de notations !
« Le bon de cette profession est qu’il y a parmi les morts une honnêteté, une discrétion la plus grande du monde et jamais on n’en voit se plaindre du médecin qui l’a tué. »
Tels les médecins de Molière les marchés financiers veulent à leur tour nous prodiguer leurs saignées !
L’injustice, les inégalités, l’insolente opulence d’une minorité côtoient la misère, la mal-vie et mettent en péril le pacte social de notre société.
Mais les financiers et le gouvernement ont un tout autre diagnostic et toujours les mêmes remèdes :
Au mois de mai, nos vaillants guérisseurs du G8 réunis à Deauville affirmaient que la crise était derrière nous.
Mais le virus du triple A est revenu par la Grèce, les États-Unis, l’Italie il frappe maintenant à notre porte ! Et pour ne pas avoir mal au taux d’intérêt, les escobars veulent nous remettre une bonne dose d’austérité. Mais cette fois c’est promis ça va marcher !

La CGT le redit les salariés ont besoin d’un pacte de solidarité et non pas d’un pacte de compétitivité !
Il faut arrêter l’austérité et augmenter les salaires
Les derniers chiffres publiés par l’Insee confirment que notre économie a fait du surplace au deuxième trimestre de l’année. Le principal facteur en est le recul de la consommation des ménages, auquel s’ajoute un ralentissement de l’investissement des entreprises.
Dans ce contexte, pour donner des gages aux marchés financiers, le président de la République confirme que son gouvernement va poursuivre la voie d’austérité en continuant notamment de réduire les dépenses publiques utiles.
C’est inadmissible et dangereux pour le pays,
notamment pour les salariés, les retraités et les privés d’emploi.
Une telle politique va aggraver les difficultés comme le montre l’exemple grec.
L’heure n’est pas à donner encore plus de gages aux marchés financiers. Il faut au contraire mettre fin à leur dictat. La CGT réitère ses revendications. Pour sortir de cette crise dont les conséquences sociales risquent d’être plus graves encore, il faut produire et répartir autrement les richesses.
? Il faut immédiatement arrêter le programme d’austérité dont le seul objectif est de rassurer les marchés financiers.
? Il faut augmenter les salaires, les pensions, les minima sociaux pour accroître le pouvoir d’achat et la consommation des ménages, principal moteur de l’activité économique.
? Il faut mettre en place une réforme fiscale pour réduire l’injustice sociale, augmenter l’impôt sur les riches et inciter les entreprises à augmenter l’emploi et l’investissement.
? Il faut supprimer les niches fiscales et sociales inutiles pour dégager des ressources nécessaires au développement des infrastructures et des services publics de qualité.
? Il faut empêcher les spéculateurs de profiter des crédits et de l’épargne disponibles pour gagner encore plus d’argent au détriment du pays.
? Il faut créer un pôle financier public pour utiliser le crédit et l’épargne au service de l’emploi, de l’investissement productif et de la politique industrielle.
? Il faut taxer les transactions financières et utiliser ses recettes au service de la satisfaction des besoins sociaux en France, en Europe et au-delà.


Comme l'a souligné l’intersyndicale CGT, CFDT, FSU, SOLIDAIRES, UNSA réunie le 18 août :
? Le chômage reste très élevé, bien au-dessus de ce qu’il était avant 2008. Le chômage de longue durée s’est accru. La précarité s’est accentuée comme en témoigne la forte proportion d’embauche en CDD de très courte durée.
? La situation des moins de 25 ans sur le marché du travail s’est particulièrement dégradée.
? La politique fiscale est inéquitable et épargne les plus hauts revenus. Les revenus du travail sont plus mis à contribution que les autres revenus. Les suppressions d’emplois aveugles dans les fonctions publiques mettent en péril la qualité du service rendu. Les réformes sociales, telles celles des retraites, font porter l’essentiel des efforts sur les salariés et accentuent les inégalités.

SNCF
Les comptes de la SNCF du premier semestre 2011 ont été présentés en séance au Conseil d’Administration du jeudi 28 juillet 2011.
Avec un chiffre d’affaires de 16,3 milliards d’euros, en hausse au premier semestre de 6,1%, l’activité confirme sa trajectoire d’amélioration.
Dans un contexte fortement marqué par l’austérité, c’est toujours et encore vers les forces productives des entreprises que les sacrifices se retournent. La SNCF poursuit ainsi sa course effrénée vers une productivité dangereuse dans laquelle elle entraîne les cheminots de l’EPIC SNCF depuis 2002.
Il est aussi à noter que la part de l’EPIC dans le chiffre d’affaires du groupe (60% en 2011 contre 63% en 2010) suit la trajectoire descendante des effectifs de la maison mère. Il faut stopper l’érosion des moyens de production.
Si le CA est tiré par les filiales, le résultat est tiré par les économies sur les charges d’exploitation réalisées sur le fret SNCF qui se résument en une baisse des capacités de production fret.
Depuis le 1er semestre 2009, les charges d’exploitation ont été réduites de 110 millions d’euros, dont 45 millions d’euros sur la dernière année. Ce qui se traduit par la suppression de 2506 emplois à fret SNCF, une baisse continue de sillons réservés et circulés (baisse des trafics) et une réduction du parc matériel.

Politique tarifaire
Par la publication d’un décret le 31 juillet 2011 modifiant le cahier des charges de la SNCF, l’État répond au souhait de la direction de la SNCF qui demandait une plus grande liberté tarifaire
Les motifs essentiels évoqués pour justifier cette modification sont :

• La perspective d’ouverture à la concurrence.

• L’augmentation des charges externes dont essentiellement les péages.

Pour la CGT c’est la raison essentielle de la modification tarifaire proposée. Le système ferroviaire est englué dans une spirale du déclin depuis sa séparation en deux entreprises publiques SNCF et RFF. Face à un financement inadéquat et le poids d’une dette énorme, RFF ne cesse d’augmenter les péages pour améliorer ses comptes.
Pour la CGT, en publiant ce décret, l’État ne répond pas à la question de fond du système ferroviaire… son financement. Aujourd’hui, celui-ci n’est pas assuré et ce n’est pas cette « nouvelle liberté tarifaire » qui réglera ce problème. Tant que l’on ne financera et désendettera pas le système ferroviaire, tant que son organisation ne sera pas modifiée, tant que l’État n’acceptera pas de voir que la création de RFF pose plus de problèmes qu’elle n’en a réglés… on ne résoudra pas durablement la situation. De plus, cette libéralisation tarifaire va certainement rendre moins accessible le train dans notre pays et le « remède » peut se transformer en « virus ». En visant une augmentation des recettes portée essentiellement par l’augmentation des tarifs plutôt que par une augmentation des voyageurs transportés, la Direction SNCF ouvre la porte à une baisse de la fréquentation et une baisse des recettes.
De plus, contrairement aux annonces de la SNCF, cette réforme ne va pas simplifier la lisibilité de la gamme tarifaire pour les usagers puisque nous allons passer à une tarification évolutive en fonction du taux du remplissage du train et donc beaucoup moins compréhensible pour les usagers, y compris pour ceux qui utilisent internet
Pour la CGT, cette modification tarifaire imposée par ce gouvernement libéral et réclamée par la Direction de la SNCF représente un élément supplémentaire de remise en cause du service public.
L’État et la direction de la SNCF doivent revenir à une politique tarifaire juste et équitable sur tout le territoire, basée sur la tarification kilométrique, qui favorise les déplacements dans le respect des valeurs du service public notamment celle d’égalité de traitement.

La période estivale fut le théâtre d’une nouvelle offensive contre les droits des salariés avec, entre autres, la décision d’allonger la durée de cotisation à 166 trimestres au régime général à partir de la génération 1955.

Cette mesure, qui est injuste, car elle pénalise tous les salariés et en particulier les catégories modestes qui ont les parcours professionnels les plus hachés et les retraites les plus courtes, se cumule avec la décision de reculer rapidement à 62 ans l’âge minimal du droit au départ à la retraite.

C’est le principe de la « double peine » qui fait de la réforme française des retraites du Gouvernement FILLON l’une des plus dures parmi celles appliquées en Europe.

La France accélère la mise en œuvre de son plan d’austérité contre les salariés !

Rappelons que la CGT avait dénoncé et combattu en 2003 l’allongement de la durée de cotisations, mesure phare de la loi Fillon.

Elle avait également dénoncé le caractère technocratique de cette disposition qui repose sur un obscur calcul à partir de l’évolution de l’espérance de vie.

Pour mémoire, le Ministre du Travail de l’époque (F. FILLON) avait trouvé une organisation syndicale pour valider ce principe en approuvant la réforme gouvernementale et en se retirant du mouvement social.

L’opposition vigoureuse de la CGT, qui demeure, tient au fait que cette mesure pénalise notamment les salariés ayant effectué des carrières courtes et/ou ceux qui ont travaillé à temps partiel.

Sont concernés au premier chef, les femmes et tous ceux qui ont été affectés par la montée du chômage et de la précarité.


Ce nouvel allongement renforce encore cette injustice.

À l’évidence, le véritable objectif de l’allongement reste une baisse généralisée des pensions de retraite.

Les cheminots contractuels à la SNCF, les cheminots des entreprises ferroviaires privées, les personnels des CE/CCE,… dépendent du régime général et sont donc directement et immédiatement impactés par cette funeste décision.


Pour les cheminots de la SNCF dépendant du Régime Spécial, si ce nouvel allongement de la durée de cotisation ne devrait intervenir qu’à partir de 2017 (si le Gouvernement respecte ses engagements), il n’en demeure pas moins que c’est un nouveau coup dramatique porté au niveau des pensions des cheminots.

La large majorité des cheminots est en activité à ce jour et le sera après 2017. Elle subira donc cette nouvelle attaque sur ses droits !

Assises du ferroviaire
Les « assises du ferroviaire » annoncées par la Ministre Kosciusko-Morizet lors du colloque au CESE le 16 juin faisant suite à la publication du rapport GRIGNON, ne doivent pas être celles qui remettront en cause l’EPIC et le service public SNCF, ainsi que l’avenir de l’industrie ferroviaire nationale. Ces assises se dérouleront de mi-septembre 2011 à mi-février 2012.

La CGT fera en sorte que cela soit l’occasion d’un réel débat public sur le système ferroviaire et le service public SNCF mis sous la vigilance des cheminots, des usagers.

Région
Nous évoquions en début de déclaration la mise en péril du pacte social du fait de l’accroissement de l’injustice des inégalités et du manque pour ne pas dire de l’absence de débat démocratique. Lors du CER de mise en place du 19 avril 2011 nous déclarions : « à la lumière du mandat qui vient de s’écouler nous réaffirmons que les élus du CER doivent être entendus sur les préoccupations que soulèvent les cheminots.
La CGT est prête à prendre toute sa place dans le cadre d’un véritable dialogue social.
Mais cette instance ne saurait être considérée comme une simple chambre d’enregistrement, où l’on ne négocierait que l’accompagnement social des projets économiques de la direction ».
En observant avec attention ce qui se passe sur notre région et dans cette instance, il nous faut dire que la paix sociale est en péril, car là aussi le dialogue social est quasi inexistant.
Depuis de nombreux mois, nous vous alertons sur l’emploi, mais la situation ne progresse pas de manière significative et la plupart des établissements demeurent en sous effectifs. Les évolutions dans les notifications d’embauches ne se traduisent pas en embauches effectives, et les voyants sont au rouge pour les mois à venir qui plus est dans la perspective du SA 2012.
La montée en ligue 1 du DFCO ne s’est pas non plus accompagnée d’une hausse des effectifs qui semblerait naturelle à la SUGE et chez les ASCT pour assurer les déplacements des supporters des autres équipes vers Dijon.
Les conditions de travail se dégradent pour l’ensemble des cheminots de la région comme décrit dans le rapport annuel d’activité des médecins du travail. Cela n’est pas sans conséquence sur la production et la qualité du service public. La pression monte dans les établissements et la rupture est proche à défaut de réponses concrètes de la direction. Notons que sans l’action des cheminots et de la CGT en avril 2010 la situation serait pire encore.

Nous aurons l’occasion au fil des points à l’ordre du jour d’aborder dans le détail ces questions.
Concernant le SA 2012 là aussi il nous faut constater que rien ne bouge. Une nouvelle gare va être créée (Besançon TVG) ainsi qu’une nouvelle desserte entre Besançon Viotte et Auxon sans création d’emploi pour les cheminots à l’escale à la vente à la conduite au contrôle. C’est donc un accroissement significatif de la productivité qui est à prévoir. Sans compter que la mise en place de l’ANS que vous envisagez demeure une source de conflit majeur.
Nous observons d’ailleurs que le climat général se dégrade dans les trains, que les conditions de travail se dégradent de manière inquiétante pour les ASCT.
Dans le même ordre d’idée nous n’avons à ce jour aucun élément concret de charge pour un grand nombre de cheminots alors que la direction annonce des changements majeurs avec le SA 2012. Encore récemment lorsque la CGT la CFDT et SUD RAIL dépose une DCI unitaire à l’ ET BFC pour connaître les éléments de charge et d’effectifs non pas pour les 10 ans à venir, mais pour le mois de décembre la direction de l’établissement leur oppose une fin de non-recevoir au motif qu’elle n’a pas d’éléments à leur fournir. Cette réponse est d’ailleurs significative de la conception du dialogue social. La direction n’est en effet pas exempte pour autant d’écouter ce que les ADC ont à dire. Et je vous le dit les ADC par le biais de leurs organisations syndicales doivent être entendus rapidement sur ce sujet. N’est-ce pas cela l’alerte sociale? Car si nous devions en rester là veuillez croire qu’il nous faudrait considérer qu’il n’existe aucun point d’accord et que par conséquent nous serions légitimes à déposer un préavis de grève.
La CGT revient une fois de plus sur la question du travail de nuit. Ce qui est annoncé là encore unilatéralement et sans aucun processus de dialogue pour les agents de l’équipement n’est pas acceptable en l’état. Nous ne pouvons tolérer ces méthodes, nous exigeons que la région et les établissements se ressaisissent, qu’ils respectent les agents, les IRP et arrêtent de se cacher derrière RFF pour imposer ou tenter de le faire, la régression sociale, aux cheminots de l’équipement ;
Sur l’ensemble de ces thèmes, il faut ouvrir la table des négociations sans délai.
Concernant le fonctionnement de cette instance, nous constatons également la faiblesse du dialogue social notamment au travers de la qualité des réponses qui sont fournies, des suites aux questions ou encore des dossiers en consultation qui sont un copié collé des dossiers présentés en information.
Certains dossiers passent en information alors qu’ils devraient faire l’objet d’une consultation
Que dire des annonces faites en dehors de toute IRP comme au Technicentre sur « la mise au point d’une équipe de renfort nationale » au flash 5 etc etc…
Je rappelle également que nous avions demandé à ce que les médecins du travail interviennent en début d’après-midi pour permettre un réel débat et non pas en fin de matinée. Là encore nous ne sommes pas entendus.
Je propose donc que nous abordions les réponses et les suites aux questions ainsi que l’horaire d’intervention du médecin directement après les informations du secrétaire.

La Fédération CGT des cheminots appelle l’ensemble des cheminots à se mobiliser dès la rentrée pour contraindre la direction de la SNCF à d’autres orientations, pour donner tous les moyens à l’EPIC SNCF d’assurer ses missions de service public avec des agents à statut.
La CGT va continuer de porter auprès de l’intersyndicale le principe d’une journée d’action interprofessionnelle début octobre sur l’emploi les salaires, les retraites, les conditions de travail et les services publics, car « l’austérité, ça suffit » !

Je vous remercie