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Déclaration CGT CER du jeudi 7 juillet 2011 Imprimer Envoyer
Secteur Fédéral CGT Cheminots Dijon - CER
Lundi, 11 Juillet 2011 12:54

Monsieur le directeur,

Le peuple grec est victime d’un inadmissible chantage de la part d’un diabolique trio : le FMI, la Commission de Bruxelles et la Banque Centrale Européenne.

Ces bras armés des rapaces de la finance ne veulent « venir en aide » à ce pays qu’à la condition qu’ils puissent le dépouiller de tout, lui enlever ses emplois, ses services publics, vendre jusqu’à ses plages et son patrimoine historique en lui demandant de se serrer la ceinture à triple tour.

Ces bras armés du capitalisme assassinent la démocratie et veulent réduire les peuples à l’état d’esclavage.

Un an après avoir expliqué qu’elle n’était pas responsable de la crise, que l’austérité était un mal nécessaire, la haute finance internationale veut ajouter de la super austérité à l’austérité et vendre à l’encan tout le patrimoine de la Grèce.

Ce qui se passe en Grèce nous concerne tous, nous devons d’urgence manifester sous de multiples formes notre solidarité avec les travailleurs, la jeunesse, les retraités et assurés sociaux de la Grèce et aussi avec celles et ceux du Portugal, du Royaume-Uni, de l’Irlande et de l’Espagne.

En effet, comment comprendre que la Banque Centrale Européenne (BCE) ne puisse venir en aide aux États, alors que dans le même temps, elle prête aux banques à des taux très faibles (1 à 2%) et que ce sont ces dernières qui prêtent aux États à 15, 16%, voire même à 23% pour la Grèce ?

Ceci est scandaleux !

Défendre le peuple grec, c’est nous défendre nous-mêmes au moment où la Commission de Bruxelles réclame de la France –dans un document dont la presse parle peu – d’aller plus loin dans la déstructuration de nos systèmes de retraite, de faire de l’emploi flexible la norme, d’abaisser encore les salaires et d’augmenter la TVA.

Ce texte appelle « à rééquilibrer le système de taxations en transférant la taxation sur le travail vers la consommation et l’environnement ». Il se situe dans la droite ligne du « Pacte pour l’euro plus », dont les éléments sont soumis au vote du Parlement européen, en catimini, par l’intermédiaire de cinq règlements et d’une directive.

Le choix de « règlements » soumis au Parlement Européen vise à faire appliquer des lois aux Etats, sans que ceux-ci ne puissent en débattre et voter sur leur contenu dans les Parlements nationaux.

La direction de l’entreprise SNCF, au vu du résultat des négociations salariales lors de la table ronde du 10 Mai 2011 s’inscrit pleinement dans la mise en œuvre du pacte Euro+. En effet, l’accord salarial signé par 2 organisations syndicales consacre une nouvelle baisse du pouvoir d’achat des cheminotes et cheminots. La mesure + 0,4% au 1er octobre va dégrader encore un peu plus les conditions de vie des cheminot(e) s au regard de l’inflation attendue mais, pire, elle valide, de fait, un salaire minimum pour les cheminot(e)s, inférieur de plus de 10€ par rapport au SMIC.
À la SNCF, depuis le 1er avril 2011, le salaire minimum est à 1382,51 € brut par mois, soit à peine 17 € au dessus du SMIC. Alors qu’en application du code du travail, le SMIC devrait être augmenté automatiquement de +2% au 1er août 2011 pour s’ajuster sur l’inflation, le salaire minimum à la SNCF repasserait alors à cette date sous le SMIC, et ce de plus de 10 € !

Le niveau de Protection Sociale, qui est, de l’aveu de tous (l’UMP a d’ailleurs été obligée de le reconnaître), un amortisseur certain aux effets de la crise, est lui aussi depuis des mois au cœur des attaques de la Commission Européenne et singulièrement du Gouvernement français.

Le dernier rapport de la Commission des comptes de la Sécurité Sociale conforte la CGT dans sa revendication d’une réforme du financement de la Sécurité Sociale.

Le rapport de la Commission des comptes de la Sécurité sociale rendu public à l’occasion de sa réunion du 9 juin 2011, fait apparaître une certaine amélioration de la situation financière de la Sécurité sociale. Après le déficit historique de 23,6 Mds € en 2010, elle prévoit que ce dernier ne serait « plus » que de 19 Mds € fin 2011.

Le rapport confirme de manière très claire le diagnostic de la CGT. La dégradation considérable des comptes de la « Sécu » ne résulte pas de dépenses trop élevées (leur croissance a été particulièrement modérée en 2010, en particulier les dépenses d’assurance maladie qui ont crû de 2,7%), mais d’un effondrement des recettes dû à la crise.

« La crise a privé la Sécurité sociale de 15 Mds€ en 2010 », selon les termes mêmes du Ministre François Baroin. Malgré la reprise de la croissance qui explique le redressement des comptes, le produit intérieur brut retrouverait à peine fin 2011, son niveau de 2007, selon le secrétaire général de la Commission.

La réponse aux besoins de financement de la Sécurité sociale passe donc par une relance des salaires et de l’emploi et non par des pressions sur les dépenses.

La CGT demande de rouvrir les négociations salariales dans les meilleurs délais avec un contenu qui permette aux salariés d’améliorer significativement leur salaire et leur pouvoir d’achat.

C’est aussi ce qu’ ont demandé, entre autres choses, les cheminotes et cheminots lors de la manifestation nationale du 16 juin 2011.

La CGT doit constater que, et c’est le moins que l’on puisse dire, nous sommes en présence d’un Gouvernement aux méthodes démocratiques déplorables, qui méprise le dialogue social, les salariés, les cheminots et singulièrement la gouvernance même de la Caisse de Prévoyance et de Retraite du Personnel de la SNCF (CPRP SNCF).

Pour preuve, le conseil d’administration de la CPRP a été saisi, à la hussarde et sans espace de discussion possible, par l’Etat, pour se prononcer sur un nouveau décret impactant significativement notre régime de retraite.

Ce décret concernant le Régime Général est relatif à la « majoration de durée d’assurance pour enfant » (MDA) et découle de la loi de financement de la Sécurité Sociale de 2010.

En modifiant la majoration de durée d’assurance du régime général (MDA), la loi de financement pour la Sécurité Sociale (LFSS) 2010 a modifié la conception de la MDA et porte atteinte aux droits à la retraite des femmes.

Ainsi, l’article 38 de la LFSS, liant quatre des huit trimestres de MDA à l’éducation de l’enfant, ouvre ce dispositif aux pères, moyennant la réduction du nombre de trimestres dont bénéficient les mères.

La MDA est le seul mécanisme permettant de réparer au moment de la retraite une partie des inégalités professionnelles dont sont victimes les femmes qui ont des enfants.

Prenant prétexte d’une décision judiciaire pour le moins discutable, le Gouvernement est resté sourd et nie la légitimité sociale de ce dispositif !

Alors que les femmes perçoivent une pension 30% inférieure à celle des hommes, que la MDA représente près de 20% du montant de leur pension, cette disposition est déplorable.

A priori non concerné par cette mesure, le Régime Spécial subit pourtant un dommage collatéral avec l’instauration du principe de « non-cumul des avantages familiaux » qui annule la possibilité pour un « père » cheminot de bénéficier de la validation à titre gratuit des périodes de temps partiel quand la mère de ses enfants bénéficie des dispositions du Régime Général.

Ce décret constitue un recul inacceptable pour un droit acquis lors de la lutte contre la réforme du Régime Spécial en 2007, dans le cadre des négociations tripartites.

À peine la mauvaise réforme de 2010 entrée en vigueur, plusieurs articles de presse annoncent que le gouvernement s’apprêterait, en se retranchant derrière un « avis technique » du COR purement formel, à allonger de nouveau d’un trimestre la durée de cotisations requise pour l’obtention du taux plein. Celle-ci passerait de 165 à 166 trimestres pour la génération 1955.
Rappelons que la CGT avait dénoncé et combattu en 2003 l’allongement de la durée de cotisations, mesure phare de la loi Fillon. Elle avait également dénoncé le caractère technocratique de cette disposition qui repose sur un obscur calcul à partir de l’évolution de l’espérance de vie.
L’opposition vigoureuse de la CGT qui demeure tient au fait que cette mesure pénalise notamment les salariés ayant effectué des carrières courtes et/ou ceux qui ont travaillé à temps partiel. Sont concernées au premier chef les femmes et tous ceux qui ont été affectés par la montée du chômage et de la précarité.
Bien entendu, ce nouvel allongement renforcerait encore cette injustice, les générations qui arrivent maintenant à l’âge de la retraite ayant été concernées par la dégradation de la situation de l’emploi apparue dans les années 70, ainsi que par une entrée plus tardive dans la vie active du fait d’études plus longues.
Ce nouvel allongement serait d’autant plus insupportable que l’application de la loi de 2010 commence à produire ses effets dévastateurs, en particulier sur les salariés déjà touchés par le chômage et qui se voient privés de l’AER (allocation équivalent retraite) et donc condamnés à survivre avec les seuls minima sociaux.
Cette mesure n’a même plus sa justification initiale, à savoir un maintien du rapport entre temps d’activité et temps de retraite, puisque c’est maintenant le report de l’âge qui va jouer cette fonction.
À l’évidence, le véritable objectif de l’allongement reste une baisse généralisée des pensions de retraites. La nécessité d’une autre réforme des retraites, portée par la CGT, condamne par avance un nouvel allongement de la durée de cotisations. Une telle décision ne manquerait pas de provoquer un mouvement d’ampleur.
Comme elle l’a déjà annoncé la CGT, la bataille des retraites n’est pas terminée.

Près de 20 000 cheminots ont manifesté le 16 juin 2011 à Paris, à l’appel des organisations syndicales représentatives à la SNCF, dont 17.000 sous les bannières de la CGT, afin d’exiger des moyens pour le développement du service public SNCF. De nombreux collectifs de défense du service public SNCF, usagers et élus ont soutenu cette manifestation et y ont participé.
Sous les fenêtres du Palais de IENA, les cheminots ont fait résonner leurs exigences au moment où se tenait un colloque au Conseil Economique et Social et Environnemental (CESE). Portées par une délégation CGT, les revendications des cheminots ont aussi eu droit de cité à l’intérieur du palais IENA
Organisé par la direction de la SNCF, ce colloque sur le thème « Transport ferroviaire de voyageurs : concurrence et cadre social » s’est tenu en présence des ministres des Transports et du Travail.
Ainsi, la Fédération CGT des cheminots a réaffirmé ses revendications et son opposition aux préconisations d’ouverture à la concurrence des TER du rapport Grignon devant ce parterre de ministres et de dirigeants d’entreprises ferroviaires.
M NOGUE a quant à lui affirmé qu’il existait un consensus à la SNCF pour un cadre social harmonisé : Peut-être pourrez-vous nous éclairer sur ce point, Monsieur le directeur, car la CGT n’a participé à aucune discussion autour de cette question !
Nous rappelons notre opposition à la libéralisation des transports ferroviaires régionaux, et nous réfutons le caractère soi-disant inéluctable d’une telle décision !

Le mécontentement, les dysfonctionnements, les inquiétudes s’expriment de plus en plus chez les acteurs et les utilisateurs du transport ferroviaire. Ces derniers mois, de multiples actions sont menées sous différentes formes, que ce soit dans ou en dehors de l’entreprise. Du plan local au national, les cheminots, souvent en convergence avec les associations d’usagers et à l’appui de certains élus politiques de proximité, mènent des luttes pour gagner des réouvertures de gares, de guichets, des effectifs et moyens financiers supplémentaires pour répondre aux besoins des populations.
Ces mobilisations et la manifestation nationale ont permis de contraindre la direction de la SNCF à revoir de façon significative le budget 2011.
Lors de la Table Ronde emploi/production du 15 juin 2011, 1 000 embauches supplémentaires ont été annoncées portant le volume de recrutement à 5 500 au lieu des 4 500 initialement prévus.
Déjà le 24 mai dernier, le rassemblement des cheminots à Bruxelles à l’appel de la section ferroviaire d’ETF n’est pas resté sans effet puisqu’une majorité de parlementaires européens se sont positionnés pour maintenir les chemins de fer nationaux en entreprises intégrées.
Les cheminots ont raison de se mobiliser et ils font la démonstration de l’utilité de l’action pour gagner.

Le 03 juin 2011, le Ministre des transports, via la Ministre de l’Écologie et des Transports, a mis en place une cellule de crise interministérielle à « vocation permanente » pour répondre à l’urgence des agriculteurs.
Dans ce cadre, il a été décidé de faire appel à la SNCF pour transporter la paille, par wagons, comme cela s’était déjà fait en 1976 et 2003 ; sachant que le volume devant être transporté sera supérieur à 2003.
Faire appel à l’entreprise publique de transport qu’est la SNCF nous paraît une bonne chose. D’ailleurs, le Président de la FNSEA a été jusqu’à proposer la réouverture de certaines gares rurales.
On ne peut redécouvrir les vertus du transport ferroviaire de marchandises et ne faire appel au savoir-faire de l’entreprise nationale SNCF qu’en temps de crise ! Ce que nous proposons, c’est que cette orientation se fasse au quotidien. Ce qui passe par des moyens nouveaux et supplémentaires de la part des Pouvoirs Publics.

C’est bien pourquoi la CGT exige un moratoire immédiat concernant le FRET SNCF afin de préserver le patrimoine ferroviaire, le matériel et les emplois, si nous voulons être en capacité de redévelopper le transport des marchandises dans les territoires, comme l’envisage le grenelle de l’environnement.

Les revendications CGT du maintien et du développement du tri à la gravité sur Gevrey et de la VFCEA (voie ferrée centre Europe atlantique) sont d’autant plus pertinentes aujourd’hui que le gouvernement a décidé de mettre en concession autoroutière la RCEA (route centre Europe atlantique) en confirmant notamment le rôle majeur de cet axe pour le transport de marchandises… par camion ! Outre le fait que cette décision n’est pas "grenello compatible" puisqu’une alternative existe pour le report modal vers le rail, cela fera peser de lourdes charges sur les contribuables, qui devront de plus pour certains s’acquitter de péages pour leurs déplacements.

La mise en oeuvre du Pacte pour l’Euro + imposé à l’UE par Merkel et Sarkozy provoque dans toute l’Europe des soulèvements populaires contre les mesures d’austérité qui en découlent.
Gel des salaires, recul des droits sociaux, casse des services publics, chômage et dégradations des Conditions de Travail, sont la traduction française de ces orientations libérales qui ne visent qu’à satisfaire les sphères financières et patronales.

La CGT a décidé de la nécessité de construire une action interprofessionnelle fin septembre / début octobre sur l’ensemble de ces thèmes, avec pour ambition de rassembler largement les salariés du privé et du public. La CGT a déjà rencontré une première fois le 27 juin 2011 les autres OS (sauf FO et CFTC qui ont décliné l’invitation) pour gagner une action unitaire.

Je vous remercie.