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Nous sommes intervenus assez largement lors du CER du 26 mai dernier sur l’ouverture à la concurrence, le rapport Grignon et les velléités de certains députés européens quant à la refonte du 1er paquet ferroviaire qui nécessitent l’intervention des cheminots par une mobilisation massive lors de la manifestation unitaire du 16 juin prochain à Paris.
Nous n’évoquerons donc que deux points dans cette déclaration. Nous reviendrons bien sûr lors de cette plénière sur les sujets à l’ordre du jour.
En premier lieu les négociations salariales du 10 mai 2011 dont vous connaissez tous les résultats.
Comme pour l’ensemble de la population, cette question est prioritaire pour les cheminots.
Sur l’inflation et le coût de la vie, ils accusent déjà un retard de pouvoir d’achat de 0,9% en 2010, conjugué à un contentieux salarial lié à la désindexation des salaires sur les prix.
Pour le seul mois de mars, les salariés, les cheminots, subissent des hausses de prix de + 4% sur les carburants, + 3% sur les produits frais, + 8% sur l’habillement. La grande distribution annonce des hausses de + 10 à + 25% sur les produits de première nécessité.
Tout d’abord, on peut dire que la démarche CGT a déjà payé avec les mobilisations que nous avons impulsées les 22 février et 10 mai avec des arrêts de travail locaux, des rassemblements, des dépôts de motions dans les établissements et les directions régionales et près de 65 000 signatures (4000 sur la région) de pétitions exigeant des augmentations générales de salaires.
Il est évident que tout cela a pesé sur le contenu de la réunion du 10 mai et sur le fait que contrairement à l'ambition de la Direction SNCF d'un accord unique, deux accords ont été soumis à la signature des organisations syndicales le 31 mai.
Pour autant, le compte n’y est pas, particulièrement sur le 1er accord portant sur les mesures générales, sur lequel la Fédération CGT a décidé de ne pas signer.
Sans surprise, le pôle réformiste, qui représente désormais plus de 30% suite aux dernières élections professionnelles, a entériné une nouvelle perte de pouvoir d’achat pour 2011 par sa signature.
Concernant le deuxième accord sur la convergence des primes de travail des agents sédentaires, la Fédération CGT des cheminots a considéré qu’il répond, même si ce n’est que partiellement, à des revendications historiques portées par la CGT dans les métiers.
Trois années de mobilisations pour les agents de la vente et de l’escale, pétitions et rassemblements des agents des Services Communs, sont à mettre à l’actif de la CGT. Rappelons que certaines mobilisations que nous avons impulsées ont déjà permis d’avancer notamment à la traction pour les CRTT, avec une augmentation mensuelle d’environ 80 euros actée par un courrier à notre Fédération le 07 mai 2011 et au Matériel avec un engagement d’augmentation de 4 % sur 3 ans.
Il manque la dernière année mais lors de la réunion du 11 mai 2011 au Matériel, la Direction annonce qu’elle réfléchit à créer une ligne spécifique sur le bulletin de salaire. Nous serons attentifs à ce que cette mesure soit liquidable.
Ces avancées et le contenu du 2e accord, avec l’alignement sur le code le plus élevé même si les délais d’attribution sont bien trop longs, ainsi que la mise en œuvre d'un véritable 13e mois pour une large majorité de cheminots, sont donc à mettre à l’actif de l’activité de la CGT.
La Fédération CGT des cheminots a donc validé ces mesures en signant ce deuxième accord, accompagné d’une lettre de réserve sur le délai de rattrapage encore trop long, sur le fait que la Direction SNCF ne saurait se dédouaner de sa responsabilité en matière d’égalité Hommes/Femmes, sur le respect de l’engagement de la Direction SNCF de revaloriser la prime de travail du Matériel par une mesure équivalente et donc liquidable ainsi que sur la non-péréquation des pensions sur les salaires.
La Fédération CGT des cheminots forte de 65000 signatures de la pétition (4000 sur la région) continue de porter l’exigence avec les cheminots:
D’une augmentation générale des salaires de 6 % comme première étape au titre du contentieux salarial ;
1 600€ bruts pour le salaire minimum d’embauche ;
L’alignement des indemnités et allocations hiérarchisées sur le taux le plus élevé. La revalorisation des indemnités et gratifications ;
La création d’un véritable 13e mois pour tous et la revalorisation de la gratification de vacances ;
Et le retour de la péréquation des pensions sur les salaires.
C’est le sens de la mobilisation des cheminots le 31 mai dernier, date limite de signature des accords à la SNCF, avec la fonction publique. Notons que la CGT est la seule organisation présente lors de cette mobilisation sur Dijon comme dans l’ensemble du territoire à avoir porté la question des salaires pour tous les salariés et notamment pour les cheminots.
La rédaction ambiguë de l’introduction du « Temps Réel » n° 23 intitulé : « Accords sur une hausse des salaires et sur la prime de travail des sédentaires » est significative de l’état d’esprit de la direction de la SNCF. D’ailleurs, en reprenant le contenu du « Temps Réel » n°32 sorti en 2010, intitulé : « rémunération des cheminots en 2010 », la direction informait les cheminots que le projet d’accord de 2010 soumis à signature avait été signé par l’UNSA et la CFDT, tout en sachant qu’il n’était pas applicable, car l’obligation des 30 % de représentativité pour valider un accord n’était pas atteinte. Ce passage constituait déjà une attaque contre la CGT que la direction de la communication renouvelle en 2011 d’une manière insidieuse pour accréditer l’idée cette fois du paraphe de toutes les organisations syndicales sur 0,4%, ce qui est faux ! Après une perte de pouvoir d’achat de 0,9% du point de grille en 2010, l’exercice de communication de la direction vise à minimiser la portée d’une nouvelle perte de pouvoir d’achat d’au moins 1,1% en 2011 paraphée par 2 organisations syndicales. Encore une fois, au travers de la communication, la direction mord le trait et nous vous devons de rappeler le principe de neutralité vis-à-vis des organisations syndicales représentatives dans l’entreprise. La direction de la SNCF n’est pas autorisée à dénaturer les positions et les actes de la CGT par une communication qui laisserait croire aux cheminots que nous pourrions entrer dans le rôle d’accompagnement de votre politique. Tout comme dans le paragraphe de ce « Temps Réel » n° 23 intitulé : « convergence vers le haut de la prime de travail des agents sédentaires », est indiquée très justement l’apposition de la signature de la CGT et de deux autres organisations syndicales sur cet accord. Or, la direction de la SNCF omet de faire apparaître que notre organisation syndicale a accompagné sa signature d’une lettre de réserve qui porte sur les points évoqués plus haut.
Lors de sa récente visite en à Dijon le président Pépy, interpellé sur la question des salaires par la CGT, soulignait le fait qu’il manquait une organisation syndicale sur la pétition salaires… voulait-il dire par là que cela allait lui permettre de proposer un accord salarial au rabais, à 0,4% d’augmentation générale des salaires? Le suspens était franchement insoutenable jusqu’au 31 mai !... « Pas de prime à la grève »… « Il y aura du grain à moudre »… et j’en passe… tel est le discours du président Pépy sur le « dialogue social de haut niveau »… qui vaut au final 0,4% d’augmentation générale des salaires… dans l’attente que l’on nous resserve les mêmes mensonges que l’année dernière avec l’augmentation moyenne de 3,60% GVT compris… nous avons fait la démonstration lors du dernier CER que l’augmentation était de 1,14% en réalité en 2010 sur notre région d’après les chiffres fournis par la direction elle-même (cf bilan social)…
En second lieu nous évoquerons la question de l’emploi en lien avec la table ronde à venir et les comités de lignes qui viennent de se dérouler en Bourgogne.
La Fédération CGT des cheminots a déjà fait remonter à l’occasion de la table ronde production nombre de dysfonctionnements liés principalement aux restructurations (qui appellent toujours un retour d’expérience quant à leur efficacité non démontrée à ce jour) à la dégradation du réseau ferré (1 700 km de ralentissements par défaut d’entretien) et à la politique de suppression d’emplois menée à marche forcée par la direction. Nous avons commenté en son temps le budget 2011 de la SNCF véritable plan d’affaires qui ne répond ni aux enjeux de société, ni aux attentes de la population et encore moins à celles des cheminots avec 1850 suppressions d’emplois annoncées. Tout y est calculé à l’aune de la sacro-sainte rentabilité au détriment d’une réflexion stratégique ambitieuse et innovante qui permettrait à la SNCF de se positionner sur de nouvelles offres de service public. Dans le même ordre d’idée, nous nous sommes exprimés à plusieurs reprises au sein de cette IRP mais également devant le président Pépy pour demander l’extension des 12 « lignes malades » aux lignes de la région. Cela est resté vain… Force est de constater que les usagers lors des comités de ligne au-delà des problématiques horaires liées au changement de service et à l’arrivée du TGV Rhin Rhône, reviennent fortement sur les dysfonctionnements, la baisse de la régularité, le manque d’informations. Lors du dernier CER nous avons au regard du bilan social montré que 159 emplois de cheminots ont été supprimés en 2010 sur notre Région. Nous n’avons de cesse d’évoquer également dans cette instance la dégradation des conditions de travail. Les plaintes des agents se multiplient notamment en ce qui concerne les pressions qui leur sont faites régulièrement pour certains. Et je le dis sans ambages le trait est mordu trop souvent sur l’hôtel des objectifs et des résultats d’équipe… cette situation est insupportable et devient intolérable quand elle relève de critères condamnables par la morale et par la Loi. Les pressions commencent dès l’entretien d’embauche parfois comme nous l’avons évoqué à plusieurs reprises. La direction régionale est-elle prête à entendre et à donner de vraies solutions à ces problèmes que nous soulevons régulièrement au faudra-t-il là encore l’intervention des cheminots ?
Au regard de ce qui vient d’être énoncé comment ne pas faire le parallèle avec les suppressions massives d’emplois, puisque le nombre de cheminots ne cesse de diminuer et l’offre TER qui ne cesse d’augmenter (20% d’augmentation du nombre de voyageurs entre 2004 et 2010 sur notre région, avec comme projet de passer de 80% à 90% des TER cadencé en 2012).
Vendre aux usagers comme cela est fait par RFF et la SNCF lors des comités de lignes le passage aux travaux de nuit comme une solution pour améliorer la régularité est une ineptie au regard de la dégradation du réseau qui est le fruit de la politique de casse menée depuis des années. Puisque les besoins sont désormais d’une ampleur jamais atteinte suite aux politiques néfastes engagées par RFF et la SNCF il est nécessaire aujourd’hui de mettre les moyens adéquats pour restaurer le réseau ferré et cela ne saurait se faire uniquement la nuit.
Cela passe en premier lieu par l’embauche de cheminots.
Comment d’ailleurs régler les problèmes évoqués dans tous les comités de ligne d’amélioration du service public qui passe par une augmentation de l’offre, de la communication notamment en situation perturbée et de la régularité, le tout avec moins de cheminots ? Cette équation n’a pas de solution disons-le tout net !
Pour le Secteur Fédéral CGT des cheminots de Dijon afin d’améliorer le service public et pour améliorer les conditions de travail et parfois diminuer la souffrance au travail c’est bien plus de 100 emplois de cheminots qu’il faut aujourd’hui sur la région de Dijon et contrairement à ce qu’annonce la direction en plus de ceux existant, c’est-à-dire en plus des départs en retraites, des CPA, des temps partiels… qui eux doivent être remplacés à 100%. À titre d’exemple et sans rentrer dans les détails pour ne pas être trop long nous estimons à plus de 40 les besoins en emploi rien qu’au matériel…
Je vous remercie.
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