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Monsieur le directeur,
Un parfum de jasmin s’élève de la révolte populaire en Tunisie. Une révolte qui a fait chuter le clan du dictateur Ben Ali.
Dans la continuité de la déclaration commune des organisations syndicales Françaises CGT, CFDT, FO, FSU, UNSA et Solidaires du 13 janvier 2011, la Fédération CGT des Cheminots salue l’élan de mobilisation populaire qui a conduit à la chute de Ben Ali et reste solidaire du peuple tunisien et de l’UGTT.
La CGT tient également à exprimer sa totale indignation devant le comportement du Gouvernement français soutenant le Président Ben Ali, déniant la nature autoritaire du régime tunisien ou encore optant pour une coopération avec les autorités tunisiennes pour le maintien de l’ordre sanglant des premières semaines de mobilisation.
Nos pensées vont aux familles des victimes de cette lutte.
L'agence de notation financière Moody's vient de baisser la note de la Tunisie. Une note qui sanctionne le niveau de confiance des marchés financiers dans l'économie d'un pays. Preuve est faite, s'il fallait en douter, que les marchés financiers préfèrent les dictateurs et n'aiment pas la démocratie.
Puisqu’il est d’usage en début d’année de formuler des vœux, ceux que nous souhaiterons ici seront que cette instance soit mieux respectée, ainsi que son secrétaire, et que l’arrêt des passages en force et un dialogue social constructif nous permettent le développement durable du service public. À l’instar en somme des vœux que nous formulions dans cette instance il y a tout juste un an. Faute d’avoir été entendu, le climat social a été plus que dégradé en 2010. Les tentatives pour humilier les cheminots grévistes, les intimidations, les sanctions n’auront pas entamé leur détermination. Encore, en 2011 comptez sur eux avec la CGT pour donner de la voix chaque fois que cela s’avérera nécessaire.
C’est d’ailleurs ce que 65 de nos camarades de Dijon, le 7 janvier place de Budapest à paris devant le CA extraordinaire de la CPRP et au total 1500 cheminots venus de toute la France, ont fait face à des procédures gouvernementales approuvées par la Direction de la SNCF qui bafouent une fois encore les principes républicains de la démocratie sociale.
Sur la forme, rien n’imposait au gouvernement de produire un décret dans des délais aussi courts. Rappelons que la loi ne s’appliquera que le 1er juillet 2011 et qu’elle ne concernera les régimes spéciaux qu’à partir du 1er janvier 2017. De plus, le Gouvernement et la Direction de la SNCF avaient annoncé cet automne que des négociations seraient ouvertes dans le courant du premier semestre sur l’écriture de ces décrets.
Le Gouvernement n’a pas respecté ses engagements et la Direction de la SNCF avalise cette démarche.
Sur le fond, la loi du 9 novembre 2010 prévoit pour les régimes spéciaux les allongements de 2 ans de l’âge légal d’ouverture des droits, de l’âge pour garantir la retraite à taux plein, de la durée de cotisation et celui concernant l’annulation de la décote. Ces mesures, que nous avons combattues, sont iniques et injustes. Mais le Gouvernement s’est permis dans le décret de rajouter des mesures qui vont au-delà de la loi :
Le passage de 25 à 27 ans pour faire valoir l’ouverture des droits à la retraite à la l’âge légal ;
L’abrogation des mesures parentales pour les familles de plus de trois enfants ou ayant élevé un ou des enfants handicapés ;
L’augmentation progressive du taux de cotisation de 7.85% à 10.55% en 10 ans ;
Le passage de 25 ans d’activité à 41.5 ans de cotisations pour obtenir la garantie de versement du minimum de pension. Après le recul des bornes d’âge, cette disposition est une des plus fortes attaques puisqu’elle ferait plonger des milliers de retraités en dessous du seuil de pauvreté.
La CGT a dénoncé ces inscriptions qui vont bien au-delà d’une application stricto sensu du texte de Loi. Le représentant du Gouvernement donne comme simple explication que ces mesures supplémentaires sont dans l’esprit de la loi même s’il convient que la loi ne les impose pas.
La délégation CGT a avancé la nécessité de faire inscrire dans un décret l’ensemble des métiers dont la pénibilité a été reconnue par la Direction de la SNCF, mais aussi d’ouvrir en urgence des négociations sur les ex-apprentis et ex-élèves, les droits parentaux, le relèvement du minimum de pension pour les pensions de réversion, ainsi que la reconnaissance de la pénibilité pour de nombreux métiers aujourd’hui exclus de ce droit ainsi que les droits des pacsés et des polys pensionnés. La délégation CGT a rappelé que pour les ex-apprentis et ex élèves comme pour les pensions de réversion des engagements avaient été pris par le gouvernement et par la Direction de la SNCF et qu’à ce jour ils n’étaient pas respectés.
Dans le cadre du CA extraordinaire du 7 janvier 2011 les Administrateurs CGT ont voté CONTRE ce décret.
La Direction de la SNCF, qui a toujours refusé de négocier lors du conflit social de l’automne argumentant son positionnement sur un principe de neutralité vis-à-vis d’une loi portant réforme des retraites de dimension nationale et interprofessionnelle, a voté POUR le décret. Par ce vote, la Direction de la SNCF fait la démonstration qu’il n’y a aucune neutralité dans son positionnement.
Lors de la Table Ronde « Emploi » du 14 janvier, la Direction a confirmé ses engagements, à savoir le rattrapage des 250 recrutements non effectués en 2010 dès le mois de janvier portant le niveau de recrutements 2010 à 3443, alors que le budget prévisionnel tablait sur 1 300 à 1 800 recrutements.
Nous vous demandons aujourd’hui de régulariser la situation sur le périmètre régional.
Ce chiffre reste encore insuffisant, mais il est à porter au crédit de notre action dans le cadre du conflit d’avril et du rassemblement régional du 11 juin à l’initiative de la seule CGT. Si les cheminots peuvent constater chaque jour que la qualité de service, leurs conditions de travail se dégradent que serait-il advenu si nous n’avions pas obtenu ces avancées !
Du sang et des larmes, voilà ce que nous promet le budget SNCF pour 2011.
Il privilégie, une nouvelle fois, la rentabilité au détriment de la réponse aux besoins du plus grand nombre, au détriment de la qualité du service public.
Afin de satisfaire sa stratégie financière et les agences de notation, c’est un budget d’austérité pour le Service Public et pour les cheminots.
La Direction poursuit une politique de forte contrainte de la masse salariale en utilisant l’emploi et les salaires comme variable d’ajustement : le budget 2011 prévoit 6350 départs et 4500 recrutements, soit 1850 suppressions.
L’emploi, en volume et en qualité, est un facteur déterminant d’une production ferroviaire défaillante en 2010, au-delà des dysfonctionnements hyper médiatisés cet hiver du Strasbourg/Port Bou ou de l’erreur d’aiguillage des TGV Rennes et Nantes.
L’épisode neigeux n’est qu’un facteur aggravant d’une situation tendue qui mécontente de plus en plus d’usagers.
Cette situation a été dénoncée par notre action syndicale et notamment celle d’avril 2010 à laquelle de plus en plus d’usagers et leurs associations donnent raison. Leurs mouvements de protestations, de grèves de présentation du billet sur un certain nombre de lignes par exemple sur les TER Bourgogne, démontrent la convergence avec les revendications de la CGT lors de ce conflit. Soulignons que le slogan « pas de négociation pendant la grève » se transforme à l’occasion par « nous observons » !
La situation est assez préoccupante pour contraindre la SNCF à sortir du bois et à tenter d’amadouer les usagers avec des mesures de remboursements de leur abonnement qui ne règlent rien sur le fond.
Preuve en est l’obligation de la SNCF de présenter dans l’urgence un plan de renforcement des actions sur 12 lignes dites sensibles ou malades.
La table ronde production, sollicitée par la CGT, est donc totalement justifiée.
La Fédération CGT des Cheminots a lu avec attention les décisions issues de la table ronde ministérielle du 10 janvier dernier. Ce document nous permet d’affirmer que l’analyse réelle de la situation n’a pas été faite et que de nombreux éléments ont été occultés dans ces débats. La Fédération CGT des Cheminots a sollicité une rencontre avec Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de Tutelle nous permettant d’être entendus et de porter nos propositions.
La CGT ne peut laisser le Gouvernement s’étonner des défaillances de la SNCF et la Direction de la SNCF s’excuser publiquement, alors que les mêmes acteurs, quelques mois auparavant, fustigeaient la CGT et les cheminots en grève qui alertaient sur les dégradations de la qualité de la production à la SNCF et des conditions de travail des cheminots.
Dans ce contexte, l’organisation du système ferroviaire et son financement prennent plus que jamais de l’importance.
Comme nous l’avons toujours répété, la création de RFF ne réglera rien. Et elle n’a rien réglé. Pire, elle provoque une accumulation de conflits avec l’opérateur historique tout en lui servant de prétexte pour toutes les économies, réorganisations opérées par la SNCF sur l’Infra.
Le réseau continue de vieillir, les km de ralentissements ne cessent de progresser.
Sur les salaires, l’année 2010 va se solder par une perte du pouvoir d’achat avec 0,9 % d’augmentation générale, pour, au minimum, 1,6 % d’inflation.
L’UNSA et la CFDT ont apposé leur signature sur ces propositions avant que la Direction ne retire son texte, puisque la barre des 30 % pour valider un accord n’a pas été atteinte.
Pour continuer sur cette rigueur, la Direction veut maîtriser les coûts des notations.
Le GVT en 2009 représente un effet sur la masse salariale de 2,13 % et la Direction veut en limiter le coût en remettant en cause le déroulement de carrière des cheminots par la réduction du nombre de promotions, la modification des cadres d’organisation et la mobilité.
La volonté de la Direction de repousser l’exercice de notation 2011 après les élections fait partie de cette stratégie avec le risque de mécontentement des cheminots si les annonces se faisaient avant le 24 mars. Nous exigeons à nouveau que les notations se déroulent avant le 1er avril conformément aux dispositions du statut.
Recul de la table ronde sur les salaires initialement prévue fin janvier puis le 15 février et repoussée à nouveau après cette date, volonté de repousser les notations après les élections professionnelles, annonce sur RTL d’un dividende par le président, tout ça dans la période sent une fois de plus la tactique douteuse, d’autant plus que la direction fait son cinéma en ce début d’année.
Alors que les dysfonctionnements ont marqué la dernière période, vous avez fait le choix monsieur le directeur, de diffuser à l’ensemble des cheminots de la région un film de propagande. Nous vous avons adressé un courrier sur ce thème, resté sans réponse à ce jour, peut être pourrez-vous nous éclairer aujourd’hui sur la suppression du train 894 212 le 11 janvier départ 07h09 de Besançon à destination de Dijon alors que ce matin-là la direction enjoignait à 10 agents de conduite de Dole et de Besançon d’assister à la séance de projection à Dijon ?
La rigueur pour les cheminots, la dégradation de leur pouvoir d’achat et de leurs conditions de travail, les sanctions, la dégradation du dialogue social, la dégradation du service public pour les usagers, mais toutes les largesses pour justifier de la politique d’entreprise (5400 journées de service au programme ce qui représente 26 emplois pendant un an sur notre région) quitte à supprimer des trains !
Notons qu’une fois encore le Technicentre BFC se distingue puisqu’il est demandé aux agents de l’établissement au travers du « flash 5 » de ne pas s’exprimer sur la situation actuelle.
« Le patronat et l’État veulent faire savoir aux salariés que ceux qui défendront les droits sociaux devront en payer le prix » c’est ainsi que sur la région de Clermont-Ferrand nos camarades appelaient à défendre les militants CGT le 26 janvier 2011 à Moulins devant la préfecture. Une délégation de Dijon à l’instar d’autres régions et de notre Fédération a d’ailleurs répondu à cet appel. Devrons-nous, monsieur le directeur, en passer par ce type d’action sur notre région pour régler le problème des sanctions à l’encontre des militants de la CGT que nous vous avons déjà évoqué ?
Malgré les velléités de l’entreprise, le triage de Gevrey n’a pas fermé en juin 2010, n’a pas fermé en décembre 2010, la CGT avec les cheminots reste déterminé en ce début d’année à porter d’autres choix pour le développement de FRET SNCF, que ceux des coupes sombres voulues par la direction. Notre volonté de défendre le 2iéme triage de France s’affiche dans les rues de Dijon, comme vous avez pu le voir. Nous serons amenés à en reparler dans les prochaines semaines : soyez assuré que nous serons là pour mener cette bataille et que cela fera du bruit !
Je vous remercie.
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