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Déclaration CGT CER du 14 decembre 2010 Imprimer Envoyer
Secteur Fédéral CGT Cheminots Dijon - CER
Mercredi, 15 Décembre 2010 00:45

Monsieur le Directeur,

L'avenir de la planète bleue faisait l'objet de réflexions citoyennes à Cancun.
 
Ce nouveau sommet sur le climat nourrit des analyses, des positions toujours utiles en outre à une bonne gestion des ressources naturelles et à la meilleure méthode de préserver notre environnement dans le temps.
 
Cependant, cette réflexion ne peut se limiter à traiter les évolutions de la planète que sous l'angle des bouleversements climatiques et autres conséquences dites naturelles ou liées à des pratiques culturelles.
 
Les niveaux de vie des populations de l'hémisphère Nord et Sud conditionnent et impactent la prise de conscience écologique et, pour la CGT, on ne peut traiter des questions de préservation de la nature sans faire de préalable à l’amélioration de la condition humaine.
 
Surtout en ces temps où des millions de personnes vivent dans la pauvreté sur tous les continents, y compris en Europe et en France.
 
Avec l'arrivée du grand froid dans tout le pays, reviennent à la une des médias les questions de la grande pauvreté, des sans-abri qui seraient au nombre de 100 000 avec parmi eux de plus en plus de femmes et d'enfants dont la vie ne dépend plus que des associations caritatives qui essaient tant bien que mal de faire face.
 
Dans un contexte de chômage massif, de montée de la pauvreté, de réduction de toutes les aides sociales, il est mal venu d'avoir des postures d'apitoiement comme celle du Gouvernement au moment même où des dizaines de milliards d'euros sont à nouveaux engloutis pour sauver les banques et les marchés financiers.
 
Les mêmes qui exigent aujourd'hui de nous des sacrifices : baisse des salaires, réduction d'emplois, augmentation des taxes et des impôts, telle est la cure d'austérité qu'on veut imposer aux peuples européens.
 
Ce sont ces choix qui mettent en péril non seulement les conditions de vie des salariés au sein de chaque pays, mais aussi les possibilités de croissance et de développement économique à l'échelle de l'Europe.
 
Sous l’impulsion des organisations syndicales et de certains partis politiques, les populations réagissent avec des mobilisations parfois inédites. Nous l'avons vu ces jours-ci de manière éclatante au Portugal avec 3 millions de salariés mobilisés (pour une population d'un peu plus de 10 millions d'habitants), en Irlande avec 150 000 manifestants (pour une population de 4 millions d'habitants), mais aussi en Italie, en Allemagne, en Grande Bretagne…
 
L'action du 29 septembre dans les différents pays dont 120 000 manifestants à Bruxelles, aura porté l'exigence d'une autre Europe.
 
Dans la poursuite de cette journée, les organisations syndicales CGT - CFDT – FSU - Solidaires et UNSA lors de leur rencontre le 29 novembre, ont décidé d'interpeller à nouveau les décideurs politiques et économiques en appelant les salariés à agir sur l'ensemble des territoires le mercredi 15 décembre.
 
En France, les attentes sociales sont toujours d'actualité !
 
Le remaniement ministériel n'a pas gommé les attentes portées par le formidable mouvement social unitaire depuis plusieurs mois.
 
La reconduction du 1er Ministre et les nominations au Gouvernement n'annoncent à priori aucun changement à la politique mise en œuvre depuis 2007.
 
Dans son discours à l'Assemblée Nationale, le 1er Ministre a élargi sa réforme sur la dépendance des personnes âgées pour aller vers une mise à plat de la protection sociale.
 
La question de la perte d’autonomie et celle du pouvoir d'achat étaient d'ailleurs au cœur de l'action unitaire des retraités qui a eu lieu le 25 novembre, où la CGT a dénombré pas moins de 80 rassemblements. Les retraités cheminots seront mobilisés d’ailleurs aujourd’hui même devant cette séance pléniére du CER à l’appel de la CGT.
 
Il est également annoncé une réforme de la fiscalité avec la suppression du bouclier fiscal et de l'impôt sur la fortune offrant un cadeau d’un peu plus de 3 milliards aux plus fortunés du pays !
 
Quant aux deux autres éléments de la feuille de route de l'équipe présidentielle, ce sont l'immigration et la sécurité.
 
Ne soyons pas dupes des intentions de cette "armée de fidèles" du Président dont le seul objectif est le rendez-vous électoral de 2012.
 
Le projet de budget de l’État pour 2011, voté par les deux Assemblées, prévoit une réduction drastique des dépenses publiques pour ramener de 7,7% du PIB à 6% le déficit.
 
Le traitement de choc devrait se poursuivre jusqu’en 2014 pour contenir le déficit public à 2% en vertu des engagements Européens de la France.
 
Si les jeunes mariés seront lourdement imposés et les organismes HLM ponctionnés (entre 150 et 340 millions d’euros), il n’est pas question de tenir le même discours de rigueur aux plus riches et au patronat.
 
Le sentiment d'injustice sociale ressenti par une très large majorité de citoyens de notre pays, ne peut que perdurer et être porteur de luttes sociales.
 
Pour preuve, la journée d'action du 23 novembre, la 9ème sur les retraites s'est traduite par la tenue de plus de 200 manifestations ou rassemblements dans tout le pays avec à Paris l'encerclement de la Bourse.
 
Baroud d'honneur comme l'affirment certains ?
 
Ou plutôt comme l'affirme la CGT poursuite de l'action sur le triptyque retraite-emploi-salaires !
 
Contrairement aux allégations relayées dans de nombreux médias, le 23 novembre n'a pas sonné le glas, ni de l'unité syndicale, ni de la mobilisation. Même si nous savons que la poursuite dans ce sens n'aura rien d'évident et va nécessiter de déployer d'immenses efforts.
 
C'est d'ailleurs ce qui ressort de l'intersyndicale du 29 novembre où les 5 organisations ont décidé de poursuivre les réunions, afin de pérenniser la dynamique créée par la mobilisation et de réactualiser la plateforme inter syndicale de janvier 2009.
 
Quant au dossier des retraites, le recul de l'âge de départ ne commencera qu'au 1er juillet 2011 pour les salariés du Régime Général et il n'y a donc pas lieu d'abandonner les revendications parce que la loi est promulguée !
 
A ce propos, le CA de la CPRP du 15 décembre devait être saisi pour avis sur le projet de décret déclinant dans notre régime spécial les dispositions de la loi promulguée le 10 novembre par le Président de la République.
 
C’est pour dénoncer ce nouveau passage en force qu’un courrier unitaire a été envoyé au 1er Ministre, contestant la méthode et exigeant du Gouvernement, comme il s’y était engagé, une négociation sur le contenu du décret.
 
Rien ne justifie cette précipitation puisque les mesures prévues dans la loi ne doivent impacter notre régime qu’en 2017… si ce n’est cette volonté de faire plier le corps social aux exigences du MEDEF relayées par le pouvoir en place et soutenues par une Direction qui a fait le choix de retirer la totalité des jours de grève en une seule fois !
 
Notons que s'est ouverte la négociation sur l'avenir des régimes complémentaires ARRCO et AGIRC en vue d'un nouvel accord avant le 31 mars 2011.
 
Nouveau théâtre d'affrontements, cette fois directement avec le patronat, la négociation en matière de retraites complémentaires ARRCO-AGIRC a été pointée par le CCN de la CGT de novembre comme un volet extrêmement important de la poursuite de notre bataille sur les retraites.
 
C'est plus de 18 millions de salariés et 11 millions de retraités concernés par des régimes représentant entre 30 et 55 % de leurs pensions. Pour notre Fédération, cela concerne directement les agents au PS 25, les cheminots de droit privé ainsi que les personnels CE-CCE. Là encore, cette négociation peut être considérablement marquée par le rapport de forces que nous venons de construire, à condition que les salariés soient informés et impliqués dans les discussions à venir.
 
Dans l'immédiat, la prorogation de l'accord ARRCO-AGIRC jusqu'au 30 juin 2011 va permettre de ne pas pénaliser les salariés qui continuent à partir entre 60 ans et 65 ans. C'est le sens de la signature de la prolongation de cet accord par la CGT (accord du 23 mars 2009 dont la CGT n’était pas signataire).
 
Les annonces faites par le groupe Renault d'un dispositif de départs anticipés à partir de 58 ans pour les salariés exerçant des travaux pénibles, dès le lendemain de la promulgation de la loi repoussant le droit au départ à 62 ans comme le demandait le MEDEF, éclairent sur la duplicité du patronat. Décidément, personne ne croit sérieusement au maintien des salariés dans les entreprises jusqu'à 62 ans… à commencer par les employeurs !
 
Le 16 novembre, les cheminots se sont à nouveau mobilisés pour exiger d'autres réponses que celles apportées aux revendications dans le cadre de la négociation de la DCI déposée le 8 novembre.
 
Cette journée d’action, impulsée essentiellement par la CGT, a rassemblé plus de 400 cheminots de la Région Parisienne devant Mouchotte et des centaines d’autres cheminots devant les directions locales et régionales comme à Dijon.
 
Recevant une délégation, la Direction nationale s’est dit prête à reprendre les discussions sur l’emploi, notamment sur la déclinaison de 900 recrutements supplémentaires, portant la totalité d’embauches à 3 200 pour 2010, plus 200 recrutements en compensation des différents accords et des recrutements supplémentaires pour renforcer les effectifs des CMGA. La direction régionale nous fera bien entendu le point de la déclinaison en région de ces décisions.
 
Quant aux salaires, la Direction a annoncé la revalorisation de la prime de travail au 1er janvier 2011 pour les agents du Matériel et de l’Infra V, ainsi que l’ouverture des négociations sur les salaires courant janvier.
 
La CGT, dans une démarche unitaire, avec l’UNSA et SUD, propose de mettre cette négociation salariale sous la pression des cheminots actifs et retraités avec dans un premier temps, la signature d’une pétition.
 
Autre fait marquant de ces derniers jours, c’est la volonté du COMEX de repousser le Conseil d'Administration du 15 décembre au 22 décembre afin d’y présenter le budget 2011 de l’entreprise.
 
Conséquence mécanique : un CCE aura lieu le 21 afin que les élus soient consultés sur celui-ci.
 
S’il est encore trop tôt pour avoir connaissance du contenu de ce budget, les annonces du week-end passé sur une hausse des tarifs des trains de voyageurs supérieure à l’inflation, pèseront un peu plus sur le pouvoir d’achat des usagers sans régler le financement de l’entretien et du développement des infrastructures ferroviaires, contrairement à la présentation qui en a été faite dans les médias.
 
Concernant les TET (Trains d’Equilibre du Territoire) si la CGT se félicite que l’Etat prenne enfin ses responsabilités en devenant AOT, elle exigeait que cela soit suivi par des engagements financiers à hauteur des enjeux.
 
Or, la dernière mouture du montage financier se résume ainsi :
  •  35 millions d’euros provenant d’une taxe sur les autoroutes,
  • 100 millions d’euros provenant d’une taxe sur les billets TGV,
  • 75 millions d’euros sur le résultat fiscal de la SNCF.
 
Une situation inacceptable qui engendrera une augmentation des tarifs TGV (voire la suppression de certaines dessertes devenues non rentables), sans visibilité sur la question du matériel dont la proposition est sur ce sujet la tenue d’une réunion « ad hoc » fin 2011 !
 
Quant à la durée de la convention, celle-ci n’est que de 3 ans + 1 an, ce qui laisse planer un réel risque d’ouverture à la concurrence dans un laps de temps très court.
 
Un contrat loin, très loin, de satisfaire la CGT et qui fait peser de véritables risques sur l’avenir de ces dessertes
 
Lors d’une rencontre organisée le mardi 07 décembre par l’association des Journalistes de l’Information Sociale, G.PEPY a déclaré que certaines dispositions ne sont pas adaptées au développement de la SNCF et qu’il faut, autour de la table, les renégocier en pensant à la réglementation du travail (textes sur la durée du travail, l’amplitude horaire, l’organisation du travail…). Et il rajoute, selon la dépêche AFP, que si ces règles sont justifiées par la sécurité ou par les questions de santé au travail, il faut qu’elles s’appliquent à l’ensemble du secteur ferroviaire.
 
Mais c’est justement sur ces questions que les entreprises privées et le Gouvernement s’appuient pour abaisser le niveau de garanties sociales et ouvrir à la concurrence en appliquant le dumping social.
 
En fait, la Direction, par la voix de G.PEPY, veut limiter le statut à la garantie de l’emploi, aux droits syndicaux, au régime de protection sociale, en précisant que personne ne remet en cause ce statut là.
 
Pour la CGT, toutes les dispositions réglementaires à la SNCF font partie du statut.
 
Il va jusqu’à pousser la plaisanterie en déclarant « si on arrivait à convaincre toutes les parties qu’il faut engager un processus de négociation, ce serait une façon de pouvoir ouvrir à la concurrence sans dumping social et sans double statut SNCF ou entreprises privées »… bien sûr, après avoir tiré par le bas les conditions sociales et le statut des cheminots, car c’est une histoire sans fin, le libéralisme n’en a jamais assez !
 
Par ailleurs il y a beaucoup à dire sur le respect des droits syndicaux. Une fois encore la direction a décidé de retenir l’ensemble des journées de grève en une seule fois. Les instances représentatives du personnel sont régulièrement bafouées et loin d’un dialogue social constructif c’est une vision unilatérale que la direction tente d’y imposer.
Enfin les tentatives visant à criminaliser l’activité syndicale sont légions comme sur notre région avec le triste exemple du Technicentre BFC, où malgré de nombreuses interventions de notre part et en parfaite connaissance de cause, la direction régionale fait le choix de soutenir contre vents et marrées le directeur d’établissement.
Puisque tel est votre choix, monsieur le directeur, la CGT saura prendre ses responsabilités.