Trains sans controleurs

Analyses contre propositions CGT

Notre dossier

Comptes Rendus CER

Retrouvez les comptes rendus

CER SNCF Dijon

Salaires

Exigeons de vrais salaires !

Notre dossier

Triage de Gevrey

La CGT et si j'y étais!
La SNCF teste le FRET

A qui le tour?

Lettres D'Informations




Déclaration CGT CER du jeudi 30 septembre 2010 Imprimer Envoyer
Secteur Fédéral CGT Cheminots Dijon - CER
Dimanche, 03 Octobre 2010 16:05

Au niveau européen, s’est déroulé hier 29 septembre l’Euro mobilisation contre l’austérité économique et les purges sociales.

Des grèves au Portugal, en Espagne, en Grèce, en Italie et j’en oublie certainement, se sont déroulée. Pour ce qui nous concerne, des rassemblements régionaux ou interrégionaux ont eu lieu, et une forte délégation de cheminots CGT s’est rendu à Bruxelles ce 29 septembre avec pas moins de 80 cheminots de la région de Dijon sous les couleurs de la CGT. Ces actions sont en lien direct avec ce que nous défendons puisqu’au niveau européen, on veut faire la part belle à une montée en charge de la capitalisation dans tous les systèmes de retraites, au travers du livre vert préfigurant un livre blanc. A cette occasion notre camarade Didier Le Reste a défilé avec les cheminots de la Région derrière la banderole pour la défense et le développement du triage de Gevrey signe s’il était besoin que la CGT de Dijon à Bruxelles, des cheminots du site jusqu’au premier responsable de la Fédération, porte ce dossier à tous les niveaux.
De plus, concernant le ferroviaire, il est bon de noter que les fameuses ou fumeuses divergences entre la SNCF et la DB suscitent des convergences sur la libéralisation des autocars longues distances. S’asseyant sur les conclusions du « Grenelle », les patrons des entreprises historiques et le Secrétaire d’État aux Transports ont lancé une étude pour ce marché « low cost ».
D’ailleurs, la CGT et Transnet ont décidé de renforcer leur coopération pour contrer le dumping social et travailler au développement du ferroviaire, plutôt que laisser les dirigeants des entreprises historiques divaguer à coups de polémiques stériles
Pour info également, en Angleterre, Network Rail, entreprise de statut privé à but non lucratif a perçu 4,53 millions d’euros de subventions publiques et malgré l’austérité, ces dirigeants s’octroient des bonus annuels de 2,7 millions d’euros.
L’été a été marqué par les affaires, mais nous ne découvrons pas les attaches entre la droite et le milieu du business, les liens incestueux entre le pouvoir et l’argent. Le Président de la République lui-même n’a pas caché, dès le début de sa mandature, son penchant pour l’argent roi.
Dans son arnaque à la poudre aux yeux, Sarkozy, qui avait accepté l’extension du RSA pour les jeunes, a vite restreint la mesure.
Les Français voient leurs factures exploser EDF, GDF, La Poste, les transports… Dans la santé, à l’aune de la loi « Bachelot » et la tarification par activités, la tendance est à privilégier ce qui rapporte par la multiplication des actes plutôt que de développer une véritable politique de santé. C’est la casse du système de santé avec fermeture de nombreux hôpitaux de proximité et des permanences de nuit.
Côté emploi, c’est la méthode Coué qui a été utilisée pour les chiffres du chômage. La rentrée scolaire a été marquée par 16 000 postes d’enseignants supprimés et l’arrivée de jeunes enseignants sans formation. La méthode Sarkozy bat son plein.
L’emploi salarié a reculé en 2009, de – 256 000 unités, soit un niveau jamais atteint depuis l’après-guerre. Au total, ce sont 680 000 emplois qui ont été détruits en 18 mois. Dans le même temps, les entreprises du CAC 40 voient leurs bénéfices exploser, 83 % d’augmentation entre le 1er septembre 2009 et le 1er septembre 2010. Les actionnaires se gavent de dividendes et l’on renoue avec la spéculation.
Le mal-être au travail atteint son paroxysme : après les 17 suicides en 2009 à France Télécom, 18 autres et 13 tentatives ont déjà été recensés depuis janvier 2010 et 5 suicides ont eu lieu dans les 15 derniers jours. Dans notre entreprise, sans faire de raccourci, nous avons à déplorer certaines alertes sérieuses.
Les maladies professionnelles gagnent du terrain, les TMS, l’exposition à l’amiante, les dépressions liées au stress, etc. Tout cela nous rend légitimes à réclamer une véritable prise en compte de la pénibilité et une lutte sans merci contre les organisations de travail qui détruisent des femmes et des hommes.
Mais là où Sarkozy a franchi le Rubicon, par un écran de fumée nauséabond, c’est en stigmatisant une partie de la population et en amalgamant délinquance et immigration, réussissant même à faire réagir l’église. Y compris Kouchner a failli démissionner, coeur serré certes, mais la chaleur de la place l’a convaincu de rester au gouvernement.
Ce sont 150 000 personnes qui ont manifesté contre l’intolérable dans plus de 150 villes de notre pays le 4 septembre 2010. Des voix s’élèvent à l’ONU et à Bruxelles, rejetant la stigmatisation d’un peuple ou d’une communauté, allant jusqu’à fustiger le gouvernement français sur ses méthodes et traitant les ministres carrément de menteurs au détour de la circulaire de la honte !
Si cette tentative désespérée de diversion face à la colère sociale dans ce pays n’a pas fonctionné, tout comme pour le débat initié sur l’identité nationale, lors de la campagne des élections régionales, cela aura une fois encore remis le pied à l’étrier du front national, qui profite de l’occasion pour surenchérir dans le discours de haine raciale et de xénophobie.
 
J’en arrive à cette journée formidable du 7 septembre 2010. 2 millions 700 000 manifestants, des appels à la grève dans le Public comme le Privé, et près de 52% de cheminots grévistes tous collèges.
Ça fait du bien !
Le « Parisien » annonçait le mardi 7 septembre que Sarkozy scruterait particulièrement la mobilisation à la SNCF, on ne l’a pas déçu !
Dans notre entreprise, le mouvement social d’avril, les grèves de février, mai et juin, les AG de militants de cet été, les conditions unitaires ont débouché sur ce résultat.
Le passage en force du Gouvernement et des Députés de droite lors du vote à l’Assemblée Nationale le 15 septembre dernier n’a pas altéré la conviction des salariés que rien n’est joué sur le dossier retraites. Le jeudi 23 septembre 2010, des millions de salariés actifs et retraités du public comme du privé ont manifesté leur refus du projet du gouvernement et de l’Élysée. Ensemble, ils ont une nouvelle fois exigé des mesures justes pour assurer la pérennité de notre système de retraite par répartition.
Après l’exceptionnelle mobilisation des salariés le 07 septembre, de nombreux cheminots, avec l’ensemble des salariés, ont été présents dans les diverses manifestations du 15 septembre 2010 (jour du vote à l’Assemblée Nationale), confirmant leur désaccord avec le projet injuste et inacceptable de réforme des retraites. En accélérant les débats à l’Assemblée, le gouvernement et les Députés de droite ont censuré le débat démocratique et voté le projet de loi, pourtant rejeté par une très large partie de l’opinion publique.
Imperméables à l’enfumage médiatique dicté par l’Élysée, le Gouvernement, le MEDEF et la Direction de la SNCF et lucides sur les enjeux qui sont posés en matière d’avenir de nos retraites, les cheminots en pleine convergence d’intérêts avec tous les salariés du pays, se sont une nouvelle fois fortement mobilisés le 23 septembre.
Un cheminot sur deux a cessé le travail pour faire entendre son désaccord sur le recul social sans précédent que constitue le projet de loi du gouvernement. Mais aussi pour réaffirmer à la Direction de la SNCF l’exigence de changer d’orientation sur ses choix stratégiques, concernant l’avenir de notre entreprise publique, de cesser les restructurations, notamment au FRET, qui, une à une, font la preuve de leur inefficacité. Ils ont aussi exigé des embauches supplémentaires de cheminots au statut et l’ouverture immédiate de négociations salariales dans l’entreprise. La direction aurait tort de ne pas prendre la mesure du fort mécontentement exprimé lors de ces deux journées d’action et d’emboîter le pas du gouvernement en jouant la sourde oreille !
La CGT se félicite de l’ampleur de la participation des salariés à la journée de grèves et de manifestations du 23 septembre 2010.
L’Elysée croit pouvoir s’appuyer sur les taux de grévistes officiels dans le secteur public pour considérer le mouvement de colère provoqué par la réforme des retraites en repli.
La réalité est toute autre.
La CGT a recensé près de 3 millions de manifestants dans 232 manifestations, un engagement dans la lutte de nouveaux salariés du privé dont ceux issus de PME, des décisions d’arrêts de travail plus nombreuses que le 7 septembre, une présence plus marquée des jeunes et des femmes. Parallèlement, une forte majorité de Français exprime un soutien à la mobilisation et aux initiatives de l’intersyndicale.
Il ne sert à rien de tergiverser. Le Président de la République et les parlementaires doivent prendre l’exacte mesure de l’exaspération provoquée par une loi inspirée exclusivement par les positions du Medef.
Ils doivent accepter d’ouvrir une réelle négociation sur les propositions alternatives susceptibles de garantir le financement des retraites et le maintien du droit au départ à 60 ans.
Toute autre attitude serait désormais susceptible de provoquer une crise sociale de grande ampleur.
En s’appuyant sur une mobilisation largement ancrée dans le pays, la CGT sera à l’initiative de débats conduisant les salariés du public et du privé, les retraités comme les plus jeunes à poursuivre la mobilisation unitaire par des actions dans les entreprises et les localités.
Ce n’est pas une réforme qui nous est proposée, mais un plan d’économies sur les retraites à verser à l’avenir. Et plutôt que de contraindre ceux qui ont un travail à y rester plus longtemps, le gouvernement ferait mieux de s’interroger sur les raisons pour lesquelles c’est en France que les jeunes sont embauchés le plus tardivement (le recul de 2 ans du départ à la retraite boucherait de fait 1 million d’emplois pour ces mêmes jeunes) et que les plus de 50 ans se retrouvent plus facilement au chômage et dans l’incapacité de retrouver un emploi.
De même, les femmes seraient les grandes perdantes de cette réforme
D’autant plus que, contrairement au mensonge éhonté que ce gouvernement et l’UMP diffusent en proclamant que c’est pour sauver le système de retraite, ils en oublient de dire que dans leur texte, ils prévoient déjà une autre réforme en 2018 !
Il faut également balayer les clichés : la durée de cotisations en Grande Bretagne est de 30 ans, 35 en Allemagne, en Espagne et en Belgique…Ce qui nous est promis, c’est une durée de cotisations parmi les plus élevées en Europe ! Cette réforme mettrait la France dans les dernières positions européennes du point de vue social.
 
Sachant que le texte de loi sera à l’examen du Sénat à partir du 5 octobre et que la procédure parlementaire pourrait se poursuivre jusqu’au 20 octobre, les organisations syndicales ont décidé lors de la réunion du 24 septembre :
 
• D’une grande journée de rassemblements et de manifestations dans le pays le samedi 2 octobre pour conforter la mobilisation et permettre l’engagement de nouveaux salariés dans l’action.
• De faire du mardi 12 octobre une nouvelle journée massive de grèves et de manifestations pendant le débat au Sénat. Cette journée trouvera toute sa place pour amplifier la mobilisation dans le cas où les parlementaires ne prendraient pas en compte ce qui s’est exprimé dans l’action et si le gouvernement restait intransigeant. Le gouvernement porterait l’entière responsabilité des suites que les salariés et leurs organisations entendront donner au 12 octobre.
 
Le caractère unitaire des deux journées d’action du 7 et du 23 a bien évidemment contribué à leurs réussites. Prenons garde en responsabilité à maintenir le cap. A la CGT pour reprendre les mots de Bernard Thibault nous estimons qu’ « il n’est pas illusoire de viser la victoire ». Le préavis de Sud Rail reconductible sur les facilités de circulation, qui a abouti sur notre région à 0,4% de grévistes le 24 septembre, et qui a fait les choux gras du parisien, et du figaro, profitant de l’aubaine pour stigmatiser une nouvelle les cheminots, aura plus semer le doute dans la tête des cheminots que servi à atteindre cette victoire.
 
Dans le cadre de l’interfédérale du 27 septembre 2010, les Fédérations syndicales des cheminots CGT, UNSA, SUD-Rail et CFDT, à l’instar des confédérations et organisations professionnelles, ont décidé de ne rien lâcher et de rester mobilisées en s’inscrivant résolument dans la démarche revendicative décidée le 24 septembre, tout en continuant de peser sur les dossiers de l’entreprise.
 
De plus, les Fédérations ont décidé de mettre en débat dans leurs structures, et plus largement parmi les cheminots l’idée de nouvelles modalités d’actions pouvant aller au-delà des 24 heures de grève, et ce dans la perspective de « l’ultimatum » fixé au gouvernement par l’Intersyndicale au 12 octobre prochain.
Elles ont également décidé de déposer une DCI Services Communs sur l’emploi, l’organisation du travail, la prime de travail et d’appeler au rassemblement national le 20 octobre 2010. Ce rassemblement nous permettra de porter les revendications de ces cheminots pour la reconnaissance de leur emploi et la sauvegarde de notre entreprise, notamment la pétition réclamant légitimement la revalorisation de leur prime de travail au niveau du code prime 3.
 
Au contraire de l’optimisme béat de Guillaume Pépy, notre entreprise ne va pas si bien que cela.
Pire, nos dirigeants persistent dans leurs choix. Au Fret, le portefeuille clientèle se concentre sur une quinzaine de chargeurs, 17 millions d’euros ont été perdus essentiellement au profit d’ECR.
Nombre de composantes de la société : OS, ONG, partis politiques, les populations et les chargeurs, réfutent le projet Multi Lots – Multi Clients et l’abandon des triages par gravité qui n’est que prétexte à effectuer 300 millions d’euros d’économie sans jamais aborder la véritable question du transport de marchandises ! Et, là dessus, la Direction Fret a l’outrecuidance de mesurer la pertinence du mode ferroviaire en comparaison au prix de revient du mode routier.
Ainsi, pour les fossoyeurs de Fret SNCF, 50% des activités de Fret SNCF sont hors du domaine de pertinence : les trains massifs irréguliers et le wagon isolé.
Pourtant, c’est toujours une des voies de développement du ferroviaire, pour autant que M Blayau gère le transport par fer autrement qu’il a géré une entreprise d’électroménager !
Le patron de SNCF Géodis a même été obligé d’avouer que ni la modification du RH0077, ni la filialisation généralisée ne soient les bons combats à mener !
 
C’est pourquoi nous demandons à la Direction de revoir le volet production, et plus particulièrement les commandes centralisées, les expérimentations CRLO+, et nous exigeons une véritable prise en compte de la dimension environnementale, particulièrement sur le wagon isolé, une remise à plat du système de commercialisation et de production, notamment concernant l’entité « Belle Ile » et les trois projets de création d’entités par produit, la préservation des installations ferroviaires dédiés au Fret essentiellement l’ensemble des triages par gravité et l’ouverture de véritables négociations sur une stratégie de développement du Fret SNCF.
Nous l’avons évoqué au début de cette déclaration, nous n’entendons rien lâcher concernant le triage de Gevrey. Le projet qui a été présenté au CE FRET du 28 septembre, qui aboutirait à la suppression de 118 emplois sur le site, au passage de 200 000 wagons triés annuellement à 20 000, à l’augmentation du coût de triage par wagon, au report massif du transport de marchandises du FER vers la route, est socialement inacceptable, économiquement inefficace, et à mille lieues des aspirations citoyennes et des décisions actées par la Loi Grenelle concernant le volet environnemental.
Sur ce sujet régional comme sur d’autres que nous avons déjà largement abordé dans cette instance, cette simple évocation suffira à faire écho, nous réaffirmons que si la direction devait persister sur la voie du passage en force, sans ouvrir plus particulièrement sur le FRET un grand débat national, elle se retrouverait une nouvelle fois face à un conflit social d’ampleur.
 
Je vous remercie.