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Déclaration CGT CER du mardi 31 août 2010 Imprimer Envoyer
Secteur Fédéral CGT Cheminots Dijon - CER
Vendredi, 03 Septembre 2010 06:40

Monsieur le Directeur,
 
En Europe, sous la pression des marchés financiers et au prétexte des déficits publics et sociaux excessifs, liés au renflouement par les Etats des banques pour faire face à la crise financière, se multiplient les plans d’austérité et les tentatives de dynamitage des modèles sociaux sur l’ensemble des pays européens.
Depuis l’automne 2008, des millions d’emplois y ont été détruits, et plusieurs pays de l’UE sont frappés par la récession en 2010, après une tragique année 2009. La mondialisation financière capitaliste, les impasses de la construction européenne actuelle sont difficilement séparables des causes profondes de la crise que l’ensemble de l’économie mondiale traverse depuis l’éclatement de la bulle spéculative des « subprimes ».
Les dispositifs mis en place par la Commission Européenne, les Etats et le FMI, avec les plans de 110 puis de 750 milliards d’euros, en dépit de leur ampleur considérable, sont à la fois injustes et inefficaces. Ils sont même dangereux…
Alors que les signes de la crise semblent encore loin de fléchir, les dirigeants européens, tant au niveau de la plupart des Etats membres, que sur le plan de l’Union elle-même, soucieux d’obtenir une bonne note des agences de notation et de donner des gages aux marchés financiers, ont fait le choix de politiques de rigueur et de récession, s’attaquant aux retraites, aux garanties et à la protection sociale, aux Services Publics...
Face à cette offensive réactionnaire qui vise principalement les citoyens européens, les travailleurs, notamment les jeunes, les retraités et les femmes, il est urgent de construire une véritable solidarité européenne, au service des peuples, non subordonnée aux intérêts financiers et seule garante d’un réel progrès social à l’échelle du continent.
D’importantes luttes se sont engagées en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Italie, en Roumanie, au Danemark, et bien sûr en France.
Elles démontrent la capacité des organisations syndicales européennes à construire un rapport de force.
C’est dans ce contexte que la Confédération Européenne des Syndicats (CES) a décidé d’une journée d’action européenne, le 29 septembre 2010.
Une euro-manifestation aura lieu à Bruxelles, et des initiatives seront organisées également dans chaque pays.
Les organisations syndicales CGT, CFDT, CFTC, UNSA, adhérentes à la CES appellent les salariés à participer massivement aux manifestations.
Cette journée de mobilisation fournira, dans le contexte de la politique de libéralisation européenne, l’occasion de réaffirmer au gouvernement français et à l’Union Européenne, notre opposition résolue à la remise en cause des régimes de retraite par répartition que préconise aussi la Commission Européenne, dans son « Livre Vert » préfigurant un futur « Livre Blanc », de tout changement de statut de la SNCF et autres formes de démantèlement de l’entreprise publique qui auraient des conséquences à la fois économiques, environnementales et sociales, notamment pour l’emploi et les conditions sociales des cheminots.
 
Les critiques du ministre Allemand des Transports reprochant à la France de freiner les projets de la Deutsch Bahn qui veut la concurrence sur les rails nous procurent une nouvelle occasion de rappeler notre opposition à la libéralisation du transport ferroviaire.
 
En France, contrairement aux prévisions optimistes du gouvernement, la situation économique ne s’améliore pas, alors que la situation sociale, elle, c’est sûr, se dégrade.
Chaque jour amène son lot de mauvaises nouvelles (emploi, santé, droits des salariés, Services Publics, retraite…)
La liste serait longue à faire des conséquences et des mesures prises. Les annonces se font entre deux « affaires », mais elles vont toutes dans le même sens : faire payer toujours plus la grande majorité des citoyens, des salariés, des retraités, maintenir une fiscalité qui avantage les riches, ne pas toucher au bouclier fiscal, voter des lois qui donnent aux grands patrons les moyens d’échapper à l’imposition. 47 % des bénéficiaires redevables de l’Impôt Sur la Fortune (ISF) captent 99 % des sommes remboursées. Liliane Bettencourt, la troisième fortune de France a ainsi récupéré, en 2008, 30 millions d’euros nets, soit plus de 5% du coût total budgétaire. Le pouvoir politique s’attaque aux dépenses utiles au pays, à l’emploi, à l’éducation, à la formation professionnelle des salariés et des privés d’emploi.
La Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) bat son plein et est ajustée en permanence. C’est la confirmation de 16 000 suppressions de postes dans l’Education Nationale.
C’est la restructuration des organismes sociaux, du Pôle Emploi qui continue de faire des ravages, tant pour les salariés que pour les ayants droit.
C’est la loi sur les Collectivités Locales, la loi Hôpital Patient Santé Territoire, la réforme de l’Etat qui porte, comme dans tous les autres Services Publics, la logique de privatisation.
Ce sont 600 millions d’économies sur le dos des malades, les médicaments, les actes de chirurgie, les indemnités journalières, et 300 millions d’euros de ponctionnés sur les ressources mutualisées de la formation professionnelle des salariés.
Cette politique fragilise le tissu économique, alors même que les besoins de formation des salariés, question essentielle pour faire face aux enjeux de la mondialisation et du renouvellement des générations, n’ont jamais été aussi grands.
Tous ces projets sont guidés essentiellement par des logiques comptables, avec en finalité, moins de démocratie sociale et citoyenne.
 
S’agissant de la situation de l’emploi, le Chef de l’Etat et la Ministre Christine Lagarde auront beau annoncer que le chômage est derrière nous, les chiffres rendus publics par Pôle Emploi sont tombés comme un couperet, sans surprise.
256 100 postes de travail ont été détruits, comme si une usine employant 700 personnes avait fermé tous les jours. Du jamais vu depuis 1945.
L’industrie est le poste le plus sinistré avec 168 200 postes perdus, secteur dans lequel travaillent 19 % des salariés. Ce sont des hommes et des femmes, des vies abîmées, des familles affectées, des jeunes qui voient leur avenir chavirer.
La situation des jeunes et des seniors, particulièrement touchés par le chômage, ne va pas s’améliorer avec la réforme des retraites : l’allongement programmé de la durée du travail se traduirait mécaniquement pour les seniors par une baisse du niveau des pensions, et par un manque à gagner d’un million d’emplois pour les jeunes, ce qui équivaut à 5 milliards de cotisations supplémentaires pour les caisses de retraite. Pareille détérioration sur le front social, après 3 ans de mandat présidentiel, constitue un grave échec pour le candidat Sarkozy, qui avait placé sa campagne sous le signe de la valeur du travail. Dans le même temps, les résultats financiers des majors de l’économie française sont au beau fixe fin 2009.
Pour les actionnaires du CAC 40, la crise est passée. Les profits ont été multipliés par 2,25 en moyenne, pour 28 entreprises cotées, qui ont publié leurs résultats trimestriels, soit 33,1 milliards d’euros nets cumulés, contre 14,7 milliards un an auparavant. Jamais le patronat n’avait disposé d’un gouvernement plus complaisant. Au passage, observons que les laboratoires pharmaceutiques, dont Sanofi-Aventis, troisième au palmarès du CAC 40, doivent beaucoup à la ministre Roselyne Bachelot.
La dramatisation des effets de la grippe A H1N1 a dopé les profits ; + 49% au premier trimestre pour SANOFIAVENTIS qui a distribué des dividendes progressant de plus de 10%, quand le groupe a prévu de liquider l’emploi de 4 000 personnes d’ici 2013. Mais le rapport accablant du Sénat est vite oublié dans les médias.
À ce sujet, notre fédération s’est adressée à la ministre de la Santé et au Secrétaire d’Etat aux Transports sur les conséquences financières pour la Caisse de Prévoyance et de Retraites du Personnel de la SNCF. C’est tout le résultat de la faillite du gouvernement dans la gestion de la crise sanitaire. À cela s’ajoutent les aides publiques d’aide au secteur bancaire, environ 360 milliards d’euros, 9 milliards pour l’automobile.
Le retour des banques françaises à un très haut niveau de rentabilité financière n’est pas la meilleure des nouvelles pour la croissance et l’emploi. Elles doivent ces résultats, pour l’essentiel, aux marges réalisées grâce à la différence entre le prix d’achat et de vente de l’argent qu’elles prêtent.
Elles se le procurent auprès de la Banque Centrale Européenne (BCE) à un taux d’environ 1 % et le revendent à leurs clients à 4%, 5% ; 6%, 10%...
Autrement dit, elles se refont une santé financière en étranglant l’activité économique.
Le plus inquiétant est l’obstination des banques à poursuivre cette politique et d’en faire supporter les effets aux contribuables et aux salariés, par le biais de super-plans d’austérité, au risque d’assassiner une deuxième fois la croissance. Jamais le monde du travail n’a perçu à ce point l’injustice et l’inégalité de cette politique de classe. Un pouvoir qui se met ouvertement au service des privilégiés de la fortune, alors que les salariés sont appelés à se serrer la ceinture.
Les cadeaux fiscaux faits au plus aisés sont financés par une hausse des impôts pour les catégories de revenus inférieurs.
Au moment où personne ne peut plus nier l’indécence des grosses fortunes [562 000 contribuables (+ 23 000 en un an), soit 1 % possédant un patrimoine de plus de 790 000 € ont envoyé au fisc une déclaration d’Impôt Sur la Fortune (ISF)] une grande partie des Français souffrent d’une insuffisance de pouvoir d’achat. Huit millions survivent avec seulement 900 € par mois dans un des pays les plus riches du monde. Loin des 175% d’augmentation de salaire que s’est octroyé le Président Sarkozy, les salariés constatent avec douleur que leur rémunération stagne, voire baisse, alors qu’ils travaillent toujours plus dur ou sont jetés hors du travail, que les prix augmentent : + 4,7% pour le gaz au 1er juillet 2010, + 3% pour l’électricité au 15 août, ce qui va peser sur la consommation, principal facteur de la croissance économique. L’Etat coupe les vivres aux familles dans le besoin, c’est 3,4 millions de ménages qui sont placés dans une situation de précarité et s’attaque au modèle de protection sociale, alors qu’il y a peu, il vantait les vertus des « amortisseurs sociaux ». Chaque recul social se traduit par les sacrifices sur les dépenses indispensables (alimentation, chauffage, logement –10 millions de mal-logés) pour une part croissante de la population.
En 2006, avant la crise, plus de 5 millions de Français renonçaient déjà à se soigner, faute d’argent, combien seront-ils demain ?
Après des années de hausse de l’espérance de vie, que le gouvernement utilise pour justifier sa casse des retraites, la tendance pourrait s’inverser.
Refusant tout débat public et contradictoire sur des issues positives à la crise et voulant à tout prix passer un cran supplémentaire dans la purge sociale, le Chef de l’Etat cherche à reprendre l’initiative.
Pour imposer une attaque en règle contre le système des retraites et tenter de faire oublier le délétère climat de l’affaire dite « Woerth-Bettencourt » qui révèle la connivence du parti au pouvoir et des ministres avec les milieux d’affaires et les grandes fortunes, il prétend remettre la lutte pour la sécurité au centre de tout.
Manifestement sur la défensive, au plus bas dans les sondages sur sa cote de popularité à moins de 2 ans de l’élection présidentielle de 2012,
Nicolas Sarkozy a donné, le 23 juillet à Grenoble, le top départ de son plan de communication sur sa politique sécuritaire en montrant du doigt les Roms et les gens du voyage. Depuis Brice Hortefeux multiplie les opérations militaires contre les campements dits « illégaux » alors que c’est tout le contraire que sont en droit d’attendre ces populations en matière de libre circulation, d’éducation, de logement, etc…
Le discours nauséabond pour attiser une nouvelle fois la haine contre les « étrangers » déclarés coupables de tous les maux et désignés à la vindicte populaire, responsables de l’insécurité, comporte de dangereux relents de haine et de mise en cause des libertés publiques. Après l’ignoble campagne sur l’identité nationale du sinistre ministre Besson, c’est la première fois depuis 1930 qu’un Président tient des propos d’une telle gravité dans la xénophobie, le racisme le plus latent, l’exclusion.
Les mesures annoncées, telle que la déchéance de nationalité pour les auteurs de crimes contre les personnes dépositaires de l’autorité publique, remettraient en cause les fondements essentiels de notre République en matière de nationalité et d’égalité de traitement. Les propos tenus par le Président de la
République et par le ministre de l’Intérieur, qui parlent de « guerre nationale aux voyageurs », sont populistes et démagogiques et ne peuvent que faire le jeu de l’Extrême Droite.
L’amalgame entre immigration et délinquance est insupportable et contraire à tous nos principes.
C’est bien la grande peur d’un mécontentement populaire sur le rejet qu’inspire sa politique de rigueur, notamment en matière de retraites qui conduit le Chef de l’Etat avec son gouvernement à rouvrir les vannes de la xénophobie. L’objectif est de canaliser la colère sociale et de leur offrir un exutoire en désignant les étrangers et les Français d’origine étrangère (25 % des Français auraient une origine étrangère) de boucs-émissaires.
Encore une fois, les plus démunis sont la cible des mesures sécuritaires et discriminantes de la part du pouvoir politique.
Mais il faut prendre garde à ces termes mêmes. On ne met pas impunément en circulation de tels concepts et de telles idées. Chaque fois que l’on réduit les droits d’un seul homme, d’un groupe d’hommes, les droits de tous, les libertés individuelles sont menacées.
La CGT appelle tous les salariés à refuser la création d’un climat de violence, de division contre l’étranger.
Les travailleurs sans-papier ont gagné, à l’issue de longs mois de luttes, de grèves, le droit d’obtenir des papiers et ce grâce à l’appui permanent de la CGT et le soutien très majoritaire de la population.
La CGT, parce qu’elle est, et a été, à travers toute l’histoire, l’organisation de tous les salariés, condamne fortement cette vaste opération gravissime qui vise à escamoter les vrais débats de société.
Le syndicalisme CGT, avec toute l’ambition qu’il porte pour l’être humain, ne peut accepter une telle situation créée au coeur de l’été sans réagir, alors que deux projets de loi seront débattus, comme par hasard, le 7 septembre au Sénat : un intitulé « Loi de Programmation pour la Performance de la Sécurité Intérieure » (LOPPSI) et un nouveau texte sur l’immigration.
La CGT ne peut donc qu’être partie prenante de la décision de 50 Organisations Associatives, Syndicales et Politiques qui ne partagent pas tout mais qui ont en commun l’attachement aux principes fondamentaux de la République laïque, démocratique et sociale, d’appeler l’ensemble des citoyens de ce pays à manifester publiquement leur opposition aux stratégies de stigmatisation et de discrimination et aux logiques de « guerre » qui menacent le vivre ensemble.
À cet effet, des rassemblements auront lieu le samedi 4 septembre, place de la République à Paris à 14h00 et partout en France à Beaune place de Beaune au kiosque à 15h30 à Besançon place du huit septembre à 15h à Chalon-sur-Saône 4 rendez-vous au choix place de l’hôtel de ville ou place du collège, ou place St Vincent, ou place de l’Obélisque à Chalon à 14h à Dijon PLACE Darcy à 14h à Dole devant la sous-préfecture à 11h à Lons  devant la préfecture à 11h à Vesoul devant la mairie à 14h30 , pour dire ensemble notre attachement à la liberté, à l’égalité et à la fraternité.
Les OS des cheminots CGT UNSA CFDT SUD RAIL de la région de Dijon appellent d’ailleurs unitairement aux manifestations le 4, à la grève et aux manifestations le 7 septembre.
 
Le dossier des retraites demeure le sujet sensible de cette rentrée. L’avenir des retraites reste la préoccupation principale des Français, l’été et les campagnes de diversions n’y changent rien.
Le gouvernement, qui a choisi la période estivale pour passer sa réforme, misant sur la passivité des organisations syndicales et des salariés, est de plus en plus en difficulté.
Il sait que son projet est largement rejeté. Arc-bouté, il accentue sa communication en essayant de tromper son monde par l’annonce de discussions, pour l’heure, virtuelles avec les partenaires sociaux.
Au-delà de vouloir freiner la mobilisation, c’est surtout le signe d’une grande fébrilité face à l’opinion publique.
Le texte examiné par la commission des Affaires Sociales de l’Assemblée Nationale les 20, 21 et 22 juillet n’a pas affecté le caractère régressif de ce projet de réforme du gouvernement, un des plus durs d’Europe. Nous ne reviendrons pas sur son contenu qui a fait l’objet d’une partie de notre dernière déclaration en CER, sachant que le texte n’a pas évolué. Il est utile de préciser cependant que le texte sera soumis aux députés en procédure d’urgence (pas de navette entre l’Assemblée nationale et le Sénat) suite à la décision du conseil des ministres du 13 juillet. Le gouvernement ne tient pas compte des revendications protées par les syndicats, et ne souhaite pas non plus voir les débats d’éterniser au parlement : c’est un véritable déni de démocratie sur cet enjeu de société !
Les dernières statistiques révèlent que le chômage des salariés de plus de 50 ans a augmenté de 18% en un an, que les chômeurs de longue durée sont plus nombreux, que la précarité flambe.
Ce n’est pas une réforme des retraites, il s’agit plus d’un plan d’économies et d’austérité sur le dos des salariés qui se limite à réduire ou différer les versements des retraites et ainsi jouer sur l’âge légal de départ et la durée de cotisations.
Les 2 millions de salariés qui ont manifesté le 24 juin leur opposition au projet du gouvernement refusant notamment le report brutal des âges à 62 et 67 ans (52 et 57 pour les cheminots) ont donné à cette journée un caractère exceptionnel à la mobilisation unitaire pour une autre réforme.
Une autre politique favorisant le plein emploi, la hausse du pouvoir d’achat et la recherche de nouvelles ressources de financement résoudrait en grande partie le problème du financement des retraites et permettrait une reprise de l’économie.
 
La direction SNCF est bonne élève dans la recherche de profits sur le dos des salariés, n’hésitant pas à mettre à l’ordre du jour du CE FRET, le 20 juillet, en plein été, l’avenir du triage de Villeneuve St Georges et l’offre « Multi-lots/Multi-clients ». Une délégation CGT de la région de Dijon s’est déplacée pour rappeler avec plus de 250 cheminots, son attachement au développement du service public de transport ferroviaire de marchandises, et à ce titre son attachement au triage par gravité de Gevrey. Les projets de fermeture des triages par gravité sont un non-sens, si ce n’est à vouloir réduire sciemment la capacité de production. Ils vont à l’encontre des aspirations citoyennes concernant le report modal des marchandises, et à l’encontre des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre fixés par la Loi grenelle. De plus en plus de chargeurs, de responsables politiques, de cheminots sont opposés aux projets de la direction sur le FRET. Il est temps pour elle d’en tirer les conséquences et de revoir sa copie.
 
Qu’a donc à cacher la direction en refusant de communiquer ou pour le moins à commenter aux fédérations syndicales le « baromètre social » comme cela se faisait précédemment ?
Sans doute conforte-t-il l’appréciation de la CGT sur le décrochage du corps social, particulièrement l’encadrement, de la stratégie de la Direction ? Au risque de nous répéter, dans le cadre de la démonstration concrète des négociations qui paient et du dialogue social de haut niveau tel que décrit par la direction lors du conflit d’avril, nous demandons que ces éléments soient fournis aux fédérations syndicales.
C’est sans doute aussi cette volonté de démonstration qui anime la direction pour évoquer le gel des salaires des fonctionnaires en réponse aux DCI unitaire nationale et régionale sur la question salariale. Dans un courrier à François NOGUE, la CGT l’UNSA SUD RAIL et la CFDT exigent qu’une rencontre salariale se déroule avant la fin du mois de septembre, dans un contexte où la hausse des prix sera bien supérieure en 2010 aux prévisions du début de l’année.
Sur l’aveu même de la direction régionale lorsque qu’elle a reçu vendredi 27 août les OS représentatives, la situation de l’emploi dans l’ensemble des établissements est tendue, les restructurations du FRET étant attendues pour pallier ce manque criant.
Cette situation ne peut plus durer et nous exigeons que des embauches soient réalisées sans attendre.
 
Les chiffres inquiétant en terme de sécurité des circulations pour le premier semestre 2010 (de 8 incidents pour 100 000 km depuis 2003, on est passé à 8,73 en 2009 et à 10,51 au 1er trimestre 2010), la multiplication des incidents cet été (42 déraillements, 10 talonnages d’aiguilles, 14 franchissements de signaux d’arrêt, 12 dérangements de passage à niveau (hors bris de barrières), 30 incidents caténaires, 44 dérangements d’installations de sécurité et 67 incidents divers tels qu’avaries de matériel, non-respect des règles de sécurité, avaries à la voie, restitutions tardives de travaux…), sans tirer de conclusions hâtives et définitives nous renforce dans l’idée qu’il y a bien un lien de causalité entre les politiques dogmatiques de libéralisation, les transformations et autres restructurations lourdes menées à la hussarde, les massives suppressions d’emplois et la fragilisation du système ferroviaire que nous dénonçons.
 
Conscient d’avoir été un peu plus long qu’à l'accoutumée, après presque deux mois sans plénière de CER, et la multiplication des coups bas de l’été, il me faut cependant aborder un dernier sujet :
Le 15 juin 2010 Mr SAUVADET s’est exprimé à propos de la réforme des retraites en faveur d’un âge d’ouverture des droits à 63 ans, de l’allongement de la durée des cotisations à 43 ans et demi, et d’une convergence des régimes, propos relayés notamment dans le Bien Public du 16 juin, stigmatisant au passage les cheminots en faisant référence aux primes de charbon à la SNCF comme l’injustice de trop qui appellerait une réforme systémique vers un régime unique.  Le Secteur Fédéral CGT des cheminots a bien entendu répondu par courrier sur l’ensemble des points à Mr SAUVADET. Ces propos indignes d’un élu de la république qui ont choqué les cheminots de la région et qui n’ont pas pu vous échapper auraient sans aucun doute mérité une intervention de votre part pour au moins rappeler que les primes de charbon n’existent pas à la SNCF.
Je vous remercie.