| Déclaration CGT CER du mardi 6 juillet 2010 |
|
|
| Secteur Fédéral CGT Cheminots Dijon - CER |
| Mardi, 06 Juillet 2010 14:37 |
|
Monsieur le directeur, Après l’Espagne et l’Allemagne, c’est au tour de la France de passer au régime grec. 100 000 suppressions de postes de fonctionnaires entre 2011 et 2013, pour faire suite à celles du même ordre engagées entre 2007 et 2010 avec la Révision Générale des Politiques Publiques telles sont les annonces faites par François Fillon, tout en évitant de prononcer le mot qui résume cette politique : rigueur !
Selon les chiffrages du gouvernement, ce plan massif de compression de l’emploi public permettrait d’économiser 3 milliards d’euros par an à partir de 2013, après le «gain» de 7 milliards d’euros réalisé avec la première tranche de la RGPP. L’éducation nationale, pourtant en pleine crise à la suite des coupes budgétaires réalisées ces dernières années, devrait payer un lourd tribut, avec 16 000 nouvelles suppressions de postes, selon le ministre du Budget, François Baroin.
Au-delà des dépenses de personnel, les crédits «d’intervention» seront également visés, c’est-à-dire les aides et subventions diverses dans les domaines «du logement, de l’aide aux entreprises, de la défense ou même de l’éducation nationale», a énuméré François Fillon. «Tout le monde devra faire des efforts», a insisté de son côté François Baroin. Traduction : même les budgets les plus sensibles seront affectés, comme ceux consacrés à l’emploi ou encore à l’aide aux pays pauvres. Le budget 2011 sera d’ailleurs en discussion aujourd’hui à l’Assemblée Nationale.
Les grèves et les manifestations se multiplient en Europe contre ces politiques de rigueur : pourquoi serait-ce aux salariés de payer la note des spéculateurs, des marchés, des banquiers, de payer la crise du capitalisme !
À l’appel de la Confédération Européenne des Syndicats (CES) appel relayé par la CGT les salariés Européens sont invités à participer massivement à l’action européenne du 29 septembre 2010, pour dénoncer et réorienter les politiques de rigueur menées au niveau européen par les pouvoirs en place. Cette Euro-Manifestation à Bruxelles à l’appel de la CES, nous fournira l’occasion de réaffirmer au gouvernement Français et à l’Union Européenne notre opposition résolue de tout changement de statut de la SNCF et autres formes de démantèlement de l’entreprise publique.
Du Fouquet’s aux centaines de milliers d’euros d’avion privé en passant par les milliers d’euros de cigares, les champions de la maîtrise des dépenses publiques ont donc concocté un programme-choc pour leurs concitoyens: « Pas de Rolex à 50 ans … et pas de retraite à 60 ans ! »
S’ils n’avaient pas été afférés à faire diversion avec un millionnaire le 24 juin à l’Élysée, ils auraient pu lire ce slogan et d’autres moins châtiés, parmi les 2 millions de Français qui se sont mobilisé ce jour-là pour l’emploi les salaires les retraites les services publics. La désinformation, les 22 millions d’euros consacrés à une campagne mensongère dans la presse « les sondages ciblés » commis par le Figaro, n’auront pas suffi pour démobiliser.
La direction SNCF n’est d’ailleurs pas en reste, puisqu’elle nous a rejoué la scène de 2003 avec le temps réel du 19 mai en tentant de manipuler les cheminots pour leur faire croire qu’ils n’étaient pas concernés par la réforme des retraites. Quel revers au regard des 46 % de grévistes nationalement le 24 juin et plus de 50% sur notre région. Les vendeurs notamment se sont mobilisés et ont déposé des motions dans leurs établissements concernant :
· La prise en compte de la pénibilité des métiers de l’ensemble du périmètre de cette filière,
· La progression de la prime de travail avec pour objectif l’attribution du code prime 3,
· L’arrêt de la politique de management agressif et culpabilisateur imposée par la Direction,
· L’arrêt de la spécialisation des établissements Exploitation sur une seule activité, voire un seul produit et leur cheminement vers des Établissements Multi activités.
Les cheminots ne se sont pas laissés dupés, et la direction serait bien avisé, sous peine de perdre toute crédibilité, de se fendre d’un nouveau temps réel pour rectifier le tir comme le confirme le dernier sondage CSA commandé par la Direction chez les informaticiens, population composée presque exclusivement d’agents de maîtrise et de cadres, qui conclut que 88% d’entre eux ne font plus confiance à leur Direction… mais en aura -t- elle le courage? Où continuera -t- elle de soutenir une réforme rejetée selon les sondages par 68% des Français ? La deuxième solution semble la plus probable à l’heure où Guillaume Pépy affirme être prêt pour l’ouverture à la concurrence et ne pas demander de délai pour retarder cette ouverture, mais un cadre social harmonisé « par exemple » en ce qui concerne la surcotisation retraite que paie la SNCF.
Le projet du gouvernement envisage de repousser l’âge d’ouverture des droits à la retraite de 60 à 62 ans pour les salariés du Régime Général à partir du 1er juillet 2011, avec une augmentation progressive de 4 mois/an.
Concernant le Régime Spécial SNCF, le gouvernement, afin d’éviter un front uni de tous les salariés, diffère la mise en œuvre de cette disposition au 1er janvier 2017.
Concrètement, l’âge d’ouverture des droits à la retraite passerait pour les cheminots de 55 à 57 ans (50 à 52 ans pour les ADC) à l’horizon 2022.
Le recul de l’âge de départ aura un impact mécanique sur l’âge pivot.
Ainsi, l’âge pivot qui sera de 60 ans (55 ans pour les ADC) à l’horizon 2022, suite au passage à 41 de cotisations au 1er juillet 2016 pour les cheminots, passerait à 61 puis 62 ans (56 et 57 ans pour les ADC) par la suite.
Le taux de cotisation salariale passerait de 7,85 % à 10,55 % étalé sur 10 ans, ce qui accentuerait encore la perte du pouvoir d’achat. Rappelons que le pouvoir d’achat des cheminots va encore diminuer cette année suite aux décisions unilatérales de la direction d’une augmentation de 0,9% des salaires bien en dessous de la hausse des prix comme nous avons pu encore le vérifier ce 1er juillet avec la hausse du gaz de l’électricité pour ne citer que celles-là.
Actuellement, dans le régime spécial de la SNCF, les cheminots peuvent avoir le minimum de pension avec 25 ans de service, soit 3379 euros/trimestre en 2009.
Le gouvernement envisage que cette disposition ne soit possible que si les cheminots valident tous leurs trimestres (166 trimestres en 2020) ou atteignent l’âge d’annulation de la décote à compter de 2017.
Cette réforme, loin de répondre à l’enjeu de société qu’est celui de l’avenir des retraites, est brutale et porteuse de reculs sociaux pour les salariés du privé, du public et des régimes spéciaux.
Selon les propres chiffres du gouvernement, moins de trois personnes sur cinq, âgées de 55 à 59 ans occupaient un emploi en 2008 : c’est 15 % en moins que celles âgées entre 50 et 54 ans. Toujours selon le gouvernement, près de la moitié des chômeurs âgés de plus de 55 ans sont toujours au chômage 6 mois après leur licenciement. Par quel miracle le recul de l’âge de la retraite leur permettrait-il de retrouver un emploi ?
Les bleus qui ont refusé de s’entraîner avant d’être rapidement chassés d’Afrique du Sud au son des Vuvuzelas auraient pu s’apercevoir de retour en France le 24 juin si ils avaient ouvert le journal plutôt que de nous rejouer une mauvaise série B pour tenter d’expliquer leur Waterloo sportif, que beaucoup de leur concitoyen étaient privés d’emploi. Sur un an, le chômage a progressé de 7,1% au plan national. Près d'un demi-million de salariés de 50 ans ou plus sont actuellement au chômage, selon l'Insee. Sur l'année, le chômage a augmenté de 17,8% chez les plus de 50 ans.
À 30 ans, les salariés actuels n’ont pu valider que 30 trimestres contre 42 trimestres il y a 30 ans, ce qui les obligerait avec le système actuel de travailler jusqu’à 64 ans pour avoir une retraite à taux plein. Assurément, la réforme projetée par le gouvernement ne ferait qu’aggraver la situation.
Alors que leurs retraites sont toujours inférieures de 30 % à celles des hommes, la réforme proposée par le gouvernement induirait une nouvelle baisse des pensions des femmes ou un départ obligé à 67 ans pour 30 % d’entre elles.
En effet, faute d’avoir accumulé le nombre de trimestres nécessaire pour obtenir le taux plein, celles-ci attendent 65 ans pour éviter la pénalité (décote). Elles devraient attendre 67 ans ou subir une baisse de leur pension pouvant aller jusqu’à – 25 %.
Pour l’OCDE, la France est parmi les trois ou quatre pays qui ont mis en oeuvre la réforme des retraites la plus régressive.
Un des niveaux de pension par rapport aux salaires les plus bas d’Europe : 54 % contre 72 % dans les 30 pays de l’OCDE et 74 % en Europe (niveau moyen de pension comparé au salaire moyen).
La France est un des seuls pays avec la Belgique et l’Espagne qui s’est calé sur le seul indice des prix pour calculer la pension à la liquidation.
La durée de cotisation de 41,5 ans exigée deviendrait l’une des plus longues d’Europe, elle est de 30 ans en Grande-Bretagne, 35 ans en Allemagne, en Italie, en Espagne et en Belgique, 37 ans en Autriche, 40 ans en Suède.
L’Allemagne n’atteindrait les 67 ans qu’en 2029 contre 2023 en France.
En termes de partage des richesses, les deux premières réformes (1993-2003) représentent une ponction de 3,2 points du PIB, soit 86 milliards d’euros sur le dos des salariés. L’application de cette réforme conduirait à une nouvelle amputation de 1 point, soit 22 milliards. Il s’agit bien d’un choix de société, ce n’est pas le nôtre.
Le gouvernement affirme que sa réforme vise à maintenir le niveau des retraites. Mais le Conseil d’orientation des retraites a montré que le taux de remplacement des revenus d’activité par la retraite baisserait dans des proportions considérables du fait des réformes successives. Le niveau relatif des pensions par rapport aux revenus d’activité chuterait de 25 % dans les prochaines décennies. Cette dégradation serait encore aggravée par la nouvelle réforme, avec la poursuite de l’allongement de la durée de cotisation et la forte probabilité pour les salariés les plus âgés de passer par une période de chômage ou de précarité avant la liquidation de leur retraite.
Les députés UMP le laissent entendre: « on ne pouvait pas aller trop loin d’un seul coup ». Ainsi la loi prévoit un nouveau rendez-vous retraites en 2018. Dans la logique du gouvernement qui veut appliquer le partage des gains d’espérance de vie, un nouveau recul de l’âge de la retraite et/ou un nouvel allongement de la durée de cotisation sont donc prévisibles. Va-t-on vers la retraite à 65 ans et 70 ans ?
Xavier Bertrand affirme que la polémique autour d’Éric Woerth, rattrapé par les affaires, vise à empêcher le débat autour des retraites. Le 24 juin dernier, 2 millions de français ont souhaité parler des retraites pendant que les premiers dirigeants du pays parlaient ballon rond ! Le 13 juillet les ministres en catimini, profitant des vacances, continueront de mener leur réforme au pas de charge sans négociation. C’est pourquoi la CGT appelle à des rassemblements devant les préfectures et sous-préfectures le 13 juillet prochain (le 12 juillet en Côte d'Or) pour remettre les pétitions qu’elle a fait signer concernant les retraites.
Le 7 septembre prochain alors que débutera le débat parlementaire sur les retraites, l’ensemble des organisations syndicales appelleront à une journée d’action !
À l’instar du président de l’UMP, qui après avoir dicté la conduite à suivre en termes de retenues des jours de grève à la SNCF inspire décidément beaucoup nos dirigeants, M Blayau affirmait lors du colloque FRET initié par le CCE le 15 juin dernier ne pas souhaiter de nouvelle négociation nationale sur le FRET alors qu’il n’y en a jamais eu aucune.
Dans le cadre d’un rassemblement à Paris – Place Édouard Herriot – à proximité de l’Assemblée Nationale aujourd’hui de 15H à 18 H, les Fédérations CGT et UNSA des cheminots, la FGTE CFDT et l’UIT CGT, la FNAUT, le Réseau Action Climat, France Nature Environnement, WWF, les Amis de de la terre, le Comité de Liaison Énergies Renouvelables et des élus progressistes de diverses sensibilités politiques EXIGERONT que soit revu rapidement le PLAN FRET de la SNCF, contraire aux engagements de la Loi grenelle 1, avec notamment un MORATOIRE sur la casse engagée de 60% de la messagerie ferroviaire (wagon isolé).
Une délégation sera reçue au Ministère des Transports à 15H où elle déposera les premières signatures recueillies sur un TEXTE PETITION NATIONAL. Elle appuiera l’exigence qui monte dans la société d’avoir un véritable débat national relatif à la politique des transports.
Mme KOSCIUSKO MORIZET, Secrétaire d’État, répondant à une question du sénateur HAENEL sur les conditions d’application du règlement OSP, s’exprimait ainsi: « … En toute hypothèse, le règlement OSP ne remet pas en cause le monopole légal conféré à la SNCF par l’article 18 de la LOTI pour les services intérieurs de voyageurs sur le réseau ferré national. » et précisait : « ainsi, notamment les autorités organisatrices de services régionaux de voyageurs ne pourront se prévaloir du règlement OSP pour lancer des appels d’offres afin de confier les services de voyageurs à d’autres opérateurs que la SNCF ».
Alors que le rapport Grignon n’est absolument pas finalisé, alors que les toutes les conventions entre les Régions politiques et la SNCF ont été renouvelées pour des durées approchant ou atteignant les 10 ans, la CGT s’est interrogé sur les véritables objectifs de la table ronde du 28 juin initiée par la direction pour débattre avec les Organisations Syndicales des problématiques qui pourraient nous être posées lorsque le Sénateur UMP GRIGNON aura déposé son rapport commandé par le gouvernement sur les conditions de l’ouverture à la concurrence des transports ferrés régionaux.
La Fédération CGT des Cheminots a rappelé qu’elle n’était pas là pour entendre des discours faisant l’apologie du libéralisme et de l’ouverture à la concurrence du Service Public ferroviaire.
Mais que nous restions ouverts à une discussion visant à voir se développer le Service Public ferroviaire, à une meilleure organisation de la SNCF pour assurer les obligations que lui confère son statut d’EPIC et la loi française, à une amélioration des conditions sociales des cheminots, et que nous n’irions pas au-delà de ce cadre.
Casser le thermomètre n’a jamais fait baisser la fière : concernant les risques psychosociaux largement évoqués dans le rapport annuel d’activité des médecins du travail à l’ordre du jour de cette séance plénière, la direction choisira-t-elle d’apporter une réponse de fond concernant les causes que sont les restructurations imposées aux cheminots à marche forcée ou bien de trouver un remède aux effets secondaires ou encore d’attendre que le malade soit guéri par miracle ?
Dans l’attente de la démonstration concrète des négociations qui paient et du dialogue social de haut niveau tel que décrit par la direction lors du conflit d’avril, la Fédération CGT appelle les cheminots à rester mobilisés, à agir les 12 et 13 juillet les 7 et 29 septembre pour défendre l’emploi, les conditions de travail, les salaires, les retraites, le FRET, les services publics et le statut de la SNCF ! |






