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Déclaration CGT CER du jeudi 17 juin 2010 Imprimer Envoyer
Secteur Fédéral CGT Cheminots Dijon - CER
Jeudi, 17 Juin 2010 00:00

Monsieur le Directeur,

La presse écrite du 31 mai 2010 fait état de nouvelles velléités de la Commission Européenne, qui entend pousser les feux des politiques ultras libérales, consistant à imposer aux États membres les conditions de la privatisation des Services et entreprises publiques.
Il serait donc question aujourd’hui d’imposer un changement de statut de la SNCF, sous prétexte qu’elle serait avantagée par rapport à la concurrence, du fait d’une garantie implicite que lui accorderait l’État Français.

Ce sont les mêmes arguments qui ont été utilisés pour transformer la Poste, d’EPIC en Société Anonyme (SA) et dans une certaine mesure pour priver GDF et commencer le travail à EDF.

Ces évolutions sont présentées au nom des politiques dogmatiques poussées par l’Union Européenne. Elles ont pour objectif de favoriser la libéralisation, la concurrence tous azimuts, la déréglementation,  dans l’intérêt des groupes privés qui ne visent qu’à faire du fri

Les technocrates de Bruxelles ne manquent pas d’air lorsqu’ils affirment que ces transformations sont faites au nom de l’intérêt des usagers.
Partout où les Services Publics ont été saccagés et privatisés, les tarifs ont augmenté et la qualité de service a régressé, sans parler de la détérioration des conditions sociales des salariés qui en ont résulté.
En France, sous le coup de ces politiques, les tarifs de GDF augmentent de façon exponentielle.
Dans un contexte de crise du système capitaliste où, les salariés, les retraités, les plus démunis sont les premières victimes, il faut maintenir, moderniser, renforcer les entreprises publiques et services publics, qui constituent des leviers pour les États, afin de mener des politiques sociales et solidaires.
La Fédération CGT des cheminots s’engage à tout mettre en œuvre pour repousser le bras des casseurs et l’action de ces fossoyeurs des Services Publics à la solde des intégristes de la, libéralisation, déréglementation et privatisation.
D’ailleurs, les Fédérations CGT, UNSA, SUD Rail et CFDT ont adressé le mardi 08 juin une demande d’audience commune au Premier Ministre.
 
Sur le registre de la libéralisation et de la libre concurrence non faussée, prônée par Bruxelles, un nouvel exemple démontre la nocivité de ces orientations.
 En effet, l’Assemblée Nationale a examiné le projet de loi appelé loi Nome, Nouvelle Organisation du Marché Électrique. La Commission Européenne reproche à la France que la concurrence sur le marché électrique n’est pas suffisante, car EDF produit de l’électricité trop bon marché par rapport aux autres producteurs français et européens En un mot, les tarifs de vente de l’électricité aux usagers et aux industriels sont trop bas. 
Trop bas, car l’électricité est produite majoritairement par un parc nucléaire bien rodé. D’où l’idée du gouvernement français, pour contenter la Commission Européenne d’obliger, par voie législative, EDF à céder un quart de sa production électronucléaire à ses concurrents.
C’est une première dans le monde de la concurrence libre et non faussée !
Cette loi est un véritable hold-up ! Les Français ont financé par leurs factures d’électricité le parc de production nucléaire français, qui appartient à EDF, dont l’origine était de favoriser l’indépendance énergétique de la France, pays pauvre en ressources fossiles. C’est au moment où nous pouvons profiter du juste retour sur notre investissement que la décision serait prise d’en détourner les bénéfices au profit de groupes privés.
L’objectif politique poursuivi est bien d’harmoniser les tarifs par le haut sur le marché électrique européen en augmentant les tarifs français.
Le marché de l’énergie devient complètement une source spéculative pour les marchés financiers. Cette décision est une aberration économique pour notre pays, mais également pour l’Europe. Construire une politique énergétique européenne implique de ne pas commencer par détruire ce qui fonctionne le mieux.
Le système électrique français est un élément essentiel pour le développement économique et industriel de notre pays. Ce n’est pas le moment de le sacrifier sur l’autel Bruxellois du libéralisme.
L’empilage et la violence des attaques portées sur l’emploi, les salaires, les régimes de retraites, les conditions de travail, conduisent à une multiplication des luttes. Un retour sur celles passées depuis le dernier CER, celles en cours et celles en construction s’impose. 
La mobilisation du 27 mai à l’appel de la CGT, CFDT, CFTC, FSU, Solidaires, UNSA, pour l’emploi, les salaires, les retraites, le service public, a rassemblé 1 million de personnes dans 176 manifestations. Ce n’est donc pas la résignation qui a dominé, mais une forte combativité qui s’est manifestée dans les entreprises et les administrations, notamment par des milliers d’arrêts de travail.
Cette journée démontre une forte hausse sur tout le territoire de la mobilisation des salariés. Cela prouve la détermination de ces derniers à s’opposer à la réforme gouvernementale des régimes de retraites dont l’objectif central est de satisfaire les marchés financiers.
Si le gouvernement ignore ou minore la signification de cette journée de mobilisation, il prend le risque d’un conflit de plus grande ampleur.
Le gouvernement doit moins écouter le MEDEF et les actionnaires pour enfin entendre les salariés. Le patronat doit accepter l’ouverture de négociations sur les revendications des salariés, notamment en matière de salaires, d’emplois et de conditions de travail.
Forte du succès de cette journée, la CGT estime que l’intersyndicale a disposé d’un mandat pour préparer d’autres initiatives de mobilisation avant les congés d’été.
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Cette analyse se confirme à travers l’initiative interprofessionnelle commune du 24 juin 2010, où seule FO ne participe pas.
 
Alors que le gouvernement a dévoilé son projet de loi sur la prochaine réforme des retraites une nouvelle action interprofessionnelle unitaire est donc en construction pour le 24 juin prochain. Plus de 68% des Français rejettent les mesures régressives envisagées, les cheminots doivent se mobiliser plus forts et plus nombreux, car ils sont citoyens !
 
L’avenir des retraites est avant tout un choix de société.
 
Il est évident qu’un recul de l’âge de départ à 62 ans dans le Régime Général stigmatiserait les cheminots et pourrait s’appliquer à tout moment au Régime Spécial des cheminots avec un âge de départ repoussé à 57 ans (52 pour les ADC).
De fait, l’âge pivot annulant l’effet de la décote passerait progressivement à 59.5 ans (54.5 ans pour les ADC).
 
Oui, les cheminots seront impactés par la future réforme. Ils sont donc légitimes à se mobiliser.
 
La journée de mobilisation du 24 juin et les initiatives revendicatives de l’été nécessitent l’engagement de chacune et chacun.
 
La Fédération CGT des Cheminots va prendre les dispositions nécessaires pour créer les conditions unitaires et multiplier les initiatives avant, pendant et après l’été, pour préserver et améliorer le système de retraite en France et le Régime Spécial des cheminots.
 
Nous exigeons :
  • Le droit à la retraite à 55 ans (50 ans pour les agents de conduite),
  • Le maintien du calcul de la pension sur les 6 derniers mois de salaire,
  • L’arrêt de l’allongement de la durée de cotisation,
  • La suppression du principe de la décote,
  • Le retour à la péréquation des pensions sur les salaires.
Le mardi 08 juin 2010, ce sont rassemblés, citoyens et cheminots devant la mairie du Mans pour s’opposer à la fermeture des ateliers.
Ce jour se tenait une réunion entre la Direction nationale SNCF et des élus politiques de la majorité municipale et régionale. La population exige le maintien des 250 emplois sur le site.
 
Le 11 juin 2010, s’est tenue une table ronde nationale obtenue par l’action de grève des cheminots débutée le 06 avril 2010 à 20 h 00 à l’appel de la fédération CGT des cheminots. Pour la CGT, le programme revendicatif porte sur les points essentiels de, l’emploi, des salaires, des restructurations, du développement de l’entreprise publique et du fret SNCF, ainsi que le management et la souffrance au travail qui en découle
La CGT a donc été porteuse des revendications de l’ensemble des cheminots à cette table ronde nationale. Cette réunion du 11 juin 2010 se tenait nationalement sous la pression des cheminots d’Ile de France, rassemblés à partir de 10 h 30 devant le siège de la SNCF.
Notre région n’échappe pas à ces sujets et c’est donc tout naturellement que les cheminot(e)s sont venus vous exprimer leur refus de cette situation en se rassemblant et en venant vous interpeller pour exiger des engagements pour de véritables négociations sur les sujets qui constituent à ce jour des points de blocage régionaux et qui s’ajoutent aux revendications de tous les services.
Ce sont près de 150 cheminots actifs et retraités qui ont répondu présents à l’appel de la CGT devant le siège de la Direction régionale de Dijon.
Vous avez précisé à cette occasion que des engagements forts ont été pris concernant une école ASCT, une école TGV et au FRET, « qui ne constituent pas des mesurettes ». Vous avez également annoncé que «  ce seront 33 embauches supplémentaires qui interviendront par rapport au budget initial de 2010 et que le niveau d’embauches sera supérieur en 2010 à celui de 2009 ».
Vous avez réaffirmé également que « le COPEM n’avait pas pour vocation la mise en place d’un établissement TER multi métier ».
 Une initiative sur les métiers du Commercial Voyageurs Gares se profile le 24 juin 2010 sur les revendications suivantes :
  • La prise en compte de la pénibilité des métiers du périmètre de cette filière ;
  • La progression de la prime de travail avec pour objectif l’attribution du code prime 3 ;
  • L’arrêt de la politique de management agressif et culpabilisateur imposée par la Direction ;
  • L’arrêt de la spécialisation des établissements Exploitation sur une seule activité, voire un seul produit et leur cheminement vers des Établissements multi activités. 
 L’action des agents commerciaux voyageurs gares, le 17 novembre 2009, avait permis de desserrer l’étau que la Direction avait placé sur leurs revendications légitimes, mais les avancées sont insuffisantes.
 
Les Fédérations CGT, UNSA, SUD-Rail et CFDT ont donc déposé une DCI pour relancer les discussions sur ces 4 sujets conflictuels.
Les réponses apportées par la Direction, le 02 juin 2010, lors de la réunion issue de cette DCI ne comportent pas d’éléments nouveaux.
Donc, les Fédérations CGT, UNSA,SUD-Rail et CFDT ont déposé un préavis de grève commun face à cette situation de blocage au Commercial Voyageurs Gares.
Le 24 juin, journée d’action confédérale pour la défense des retraites, sera également un rendez-vous revendicatif des agents commerciaux voyageurs ;
Ils se rassembleront devant l’Evoy Bourgogne de Dijon à 13 h 30 et également à 13 h 30 devant l’Evoy Franche Comté à Besançon, pour déposer au DET une motion commune.
Si aucune réponse aux revendications n’est apportée, d’autres prolongements revendicatifs sont déjà en construction.
 
Sujet des bonifications ADC :
La nécessité de bâtir un nouveau système de bonifications sûr, solidaire, non contributif (aussi bien en temps qu’en argent) pour l’agent de conduite et qui prenne en compte la pénibilité et les spécificités du métier est indispensable.
Dès 2008, la CGT a proposé un tel système basé sur la prise en compte du temps contraint.
Aujourd’hui, nous voulons en plus de ce dispositif adéquat, faire reconnaître la pénibilité à travers une diminution de décote dès 50 ans par :
  • l’augmentation progressive de l’assiette liquidable en y intégrant des primes pour maintenir à 10% la valeur de 5 ans de bonifications ;
  • le temps de validation des périodes de bonifications doit être porté à 23 ans maxi et non 32 ans et demi ;
  • le nombre de jours épargnés solidairement, temps contraint et temps et temps en tête de train la nuit, absences du domicile lors des week-ends et jours fériés, doit permettre aux ADC de partir en retraite avec la compensation du niveau de pension.
Le financement intégral de ce nouveau système incombe à l’entreprise.
Le sacrifice des bonifications ne relève pas exclusivement du gouvernement. Il a été aidé dans cette basse besogne par une OS d’accompagnement.
La fédération CGT des cheminots, à travers ses propositions s’attache à réparer cette injustice et vous signifie donc, Monsieur le Directeur, que ce sujet n’est pas clos.
 
En ce qui concerne SIRIUS, le cabinet SECAFI a démontré les failles de l’outil, à travers le rendu d’expertise du 04 mai 2010.
L’essentiel de ces problématiques avait été souligné par la CGT, à savoir notamment :
  • un risque pour la sécurité des circulations ;
  • un risque de détournement de l’attention, ponctuel, mais réel ;
  • une possible remise en cause des gestes métiers, notamment dans la conduite en EAS ;
  • un sac plus lourd ;
  • une préparation de trajet plus compliquée ; 
  • une déshumanisation du métier de conducteur et de GM, etc..
La CGT exige de la Direction des garanties sur le maintien des emplois sédentaires, la pérennité des bureaux de commande, toute transparence sur la sécurité des circulations ainsi que le retrait de la responsabilité de l’ADC quant à l’intégrité de l’appareil.
La CGT exige que ce dossier fasse l’objet d’un passage en consultation au CCE.
 
Le COPEM de Dijon impacte 4 établissements et la filiale EFFIA gestionnaire du PEM. La délégation CGT exige donc que ce dossier soit présenté en consultation au CER de Dijon.
 
Le dernier point de cette déclaration porte brièvement sur le rattachement de l’UO TER Yonne et Nièvre à l’EEV Bourgogne au 01 octobre 2010, en deuxième passage à cette réunion.
Pour plus de clarté et éviter des redites, la CGT motivera son désaccord lorsque ce sujet sera abordé.
 
Merci de votre attention !