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Déclaration CGT CER du mercredi 26 mai 2010 Imprimer Envoyer
Secteur Fédéral CGT Cheminots Dijon - CER
Dimanche, 30 Mai 2010 08:15

 

Monsieur le Directeur,
Sans développer trop longuement il nous apparaît nécessaire d’évoquer ce qui se passe en Europe.
Les gouvernements européens, qui ont il y a quelques mois opté pour un plan d’aide de centaines de milliards aux banques, sont aujourd’hui mis à l’indexe par les agences de notations, agences crées par les grands groupes privés. Les aides comme les 360 milliards d’euros alloués en France fin 2008 aux banquiers et destinés selon Nicolas Sarkozy à «ne pas faire subir aux Français le coût exorbitant d'une faillite bancaire» auront  finalement aidé les marchés à se maintenir à flot pour aujourd’hui spéculer sur les dettes des états européens et tout particulièrement celles du Portugal, de l’Irlande, de la Grèce, de l’Espagne, brefs ceux qu’ils appellent par addition de la première lettre de leurs noms les PIGS, les porcs en anglais. Si la Grèce était une banque, les autres états européens l’auraient sauvé depuis longtemps.
La Fédération CGT des cheminots a largement combattu les traités européens qui font du libéralisme l’unique horizon de la politique européenne. Nous assistons à l’échec intrinsèque, systémique du traité constitutionnel européen imposé aux peuples.
Le pacte de stabilité doit être remis en cause pour sortir de la dictature des marchés et relancer une politique des services publics en Europe.
Nous restons très vigilants quant à cette situation et la CGT apporte tout son soutien au peuple Grec.
 
En France c’est le dossier des retraites qui fait l’actualité. Les journaux télévisés nous ont annoncé d’ailleurs hier soir la fin de la retraite à 60 ans, sans confirmation officielle du gouvernement. Sans doute que l’avant-veille d’une journée d’action unitaire sur les retraites, certains ont voulu faire passer le message que les jeux étaient faits.
Le document d’orientation fourni aux confédérations la semaine dernière jalonnées de quatorze engagements a essentiellement comme fil conducteur les propositions du Medef. Obsédé par l’allongement de la durée de cotisations, le report de l’âgé légal et la baisse du taux de remplacement, le ministre Woerth tente bien d’écorner les revenus du capital, mais aucun chiffre n’est avancé pour mesurer le niveau de cette contribution.
Pire encore, il continue de soutenir que l’augmentation des cotisations sociales patronales par employeurs et salariés ne peut répondre au déséquilibre des régimes de retraite, du fait du vieillissement de la population. Le gouvernement continue d’affirmer que cette augmentation serait préjudiciable à l’emploi. Manifestement, les propositions avancées par la CGT au sommet social, convoqué le 10 mai dernier par le président Sarkozy, n’ont pas inspiré le ministre.
Contrairement aux objectifs affichés, les pensions vont sensiblement baisser par rapport aux revenus d'activité.
Pas d’augmentation générale des cotisations employeurs donc, car elle se traduirait par une baisse estimée par le ministre de 50 000 emplois pour 1 % de cotisations supplémentaires.
Au contraire, c'est la financiarisation de l’économie, et la crise qui en a découlé, qui sont à la source de la destruction de 680 000 emplois ces derniers 18 mois.
Pour la 1ère fois depuis la guerre, la masse des salaires versés en 2009 a reculé de 1,4%.
20 milliards : c’est l’impact sur l’ensemble des protections sociales en 2009, soit – 5% de recettes.
La crise peut-être, mais pas pour tout le monde : profits des entreprises du CAC 40 en 2009, 47 milliards... Part des profits versés en dividendes aux actionnaires en 2009 : 56% c’était 42% en 2008... 14 milliards d’allègements d’impôts pour les entreprises en 2010 ! Je passe sur le bouclier fiscal et tous les cadeaux faits aux amis du Fouquet...
 
Alors oui, garantir les retraites passe par l’élargissement de l’assiette de cotisations à toutes les rémunérations, le développement de l’emploi, l’augmentation des salaires et une mise à contribution des revenus financiers des entreprises.
 
Moins de deux jours après que le gouvernement ait rendu public le document d’orientation, la Direction vole à son secours en communiquant pour tenter de faire croire aux cheminots qu’ils ne sont pas concernés. Cette posture est inadmissible, car la Direction ment aux cheminots par omission. Cette tactique et son usage ne peut plus tromper personne. Depuis la réforme de 2007, un lien mécanique lie le régime de la fonction publique au nôtre. Donc l’allongement vers 42 ans (du nombre d’annuité pour un taux plein) fait que notre âge pivot passera à 59 ans1/2 au lieu de 57ans1/2. De plus, environ 80 % des cheminots sont des « poly-pensionnés », ils seront donc pénalisés pour percevoir leur pension du régime général au même titre que les cheminots relevant du PS 25.
 
Déjà en 2003 on nous expliquait que « le régime de retraite des cheminots ne faisait pas partie de la réforme ». Dans les faits, cette affirmation s’est révélée fausse à très court terme.
 
Mais permettez-nous d’être rassurés, nombre d’organisations syndicales ont gardé leurs forces pour ce dossier, nous devrions connaître une unité sans faille quelle que soit la nature du combat à mener.
En ce qui concerne la CGT, nous serons dans l’action le 27 mai et sur les suites à donner.
  
Dans notre entreprise, comment être censé défendre notre régime spécial, si on laisse péricliter les emplois, si les propositions salariales sont systématiquement en dessous de l’inflation, si on accepte le principe des GIR, Gexci et autres qui n’intègrent pas les cotisations pour participer au financement de la CPRP ?
 
Enfin, comment faire croire que l’on veut protéger notre système de retraite en laissant de côté l’avenir de notre entreprise publique et le statut qui va avec ?
 
Emploi, salaires, FRET, restructurations, ce sont les thèmes que la CGT a porté au travers des mobilisations dans l’entreprise ces derniers mois et singulièrement lors de l’action de grève reconductible d’avril 2010.
Nous sommes largement revenus sur ce conflit lors de notre précédente déclaration au dernier CER. Pour autant, laissez-moi vous redire que pour nous ce conflit n’est toujours pas fini, et que les négociations concédées au travers du courrier de cadrage du Directeur Régional et du Directeur FRET EST sont toujours en cours.
Nous avons d’ailleurs déposé deux DCI, car il nous apparaît que des points de blocages persistes, comme la création de l’UP TGV ou encore celle du COPEM, les déroulements de carrières, la dédicace des roulements, sur l’emploi et charges dans les résidences ou encore le management via les clients mystère, autant de points qui attendent des réponses au regard de la forte mobilisation que nous avons connu sur la région. Si des annonces ont été faites d’une école TGV, d’une école ASCT, de la non-fermeture du triage de Gevrey par gravité en juin 2010 comme initialement prévu d’une école TA sur TB au FRET, nous estimons qu’elles ne sauraient aujourd’hui être suffisantes pour répondre aux attentes qu’ont exprimés incontestablement les cheminots. Sauf à prendre le risque de créer une nouvelle situation conflictuelle sur la région, il convient aujourd’hui de prendre la mesure du mécontentement exprimé en avril, et d’y répondre notamment dans le contexte de la préparation de table ronde nationale annoncée le 11 juin.
Nous dénonçons également une fois de plus l’attitude de la direction qui consiste de manière revancharde à vouloir faire payer en une fois les jours de grève du mois d’avril aux cheminots. Ces méthodes, sont inacceptables, et d’ailleurs prises à l’encontre de nombre de cadres dirigeants de l’entreprise, tant elles risquent de mettre dans des situations de précarité extrême certains agents et n’augurent pas de l’apaisement du dialogue social.
Pas plus d’ailleurs que le refus de retirer de l’ordre du jour du CCE, le point sur la mise en place, par décision unilatérale, d’un régime de retraite supplémentaire des agents du cadre permanent embauchés dans un emploi de conduite à compter du 1er janvier 2009. L’accord signé minoritairement a été dénoncé et la justice a donné raison aux organisations syndicales majoritaires quant à leur capacité à dénoncer un tel accord.
 
Le passage en force, sous forme de décision unilatérale de l’entreprise, dénote donc bien de la sensibilité de la Direction actuelle et de son état d’esprit managérial sur la qualité et l’importance du dialogue social à la SNCF.
Ce système induit un double statut à la conduite.
Ce système introduit la capitalisation dans nos retraites.
Le régime additionnel est géré par un organisme financier privé et est soumis aux aléas boursiers.
Ce système affaiblit notre caisse de retraite.
En offrant des cotisations pour le privé, c’est autant de moins pour la caisse de prévoyance et de retraite.
 
Nous assistons à la mise en application de la triple peine pour l’ADC :
  • allongement du temps de cotisation,
  • application de la décote,
  • cofinancement d’un régime supplémentaire ne correspondant pas du tout aux attentes des ADC d’aujourd’hui et de demain.
Ce système est de fait discriminatoire pour les raisons énoncées ci-dessus et, de plus, il remet en cause la loi sur les 35h et l’accord collectif à la SNCF sur la réduction du temps de travail, accord non dénoncé à ce jour.
 
Au contraire, la CGT revendique et fait une proposition sur la mise en place d’un système :
  • D’augmentation de l’assiette liquidable par intégration des éléments variables,
  • D’alimentation d’un compte épargne temps collectif et solidaire par prise en compte des temps contraints et/ou compensés,
  • De diminution, voire annulation de la décote par la prise en compte de la pénibilité