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Déclaration CGT CER du jeudi 29 avril 2010 Imprimer Envoyer
Secteur Fédéral CGT Cheminots Dijon - CER
Jeudi, 29 Avril 2010 14:53

Monsieur le Directeur,

La direction SNCF, sous l’impulsion de son président, impose aux cheminots une politique qui tourne résolument le dos au Service Public et ne sert que les intérêts privés de quelques filiales du groupe. « Ambition 2012 » et sa traduction managériale «Simplifier et Rassembler la SNCF» n’ont généré que souffrance des cheminots, baisse de qualité de la production ferroviaire et dégradation de l’image de notre entreprise. Plusieurs journées de grève et de manifestations auraient dû permettre aux dirigeants de la SNCF de mesurer le niveau de mécontentement des cheminots et leurs attentes fortes notamment pour le Fret, mais aussi concernant l’organisation de la production, l’emploi, les salaires et l’amélioration de leurs conditions de travail. La Direction, dans une démarche provocatrice, a délibérément ignoré ces mobilisations tout comme les résultats édifiants du baromètre social de juillet 2009.

Avant même le nuage de poussière du à l’irruption volcanique en Islande à l’origine de la paralysie du trafic aérien dans une bonne partie de l’Europe, c’est l’enfumage et les coups tordus du gouvernement et de la direction qui ont asphyxié le dialogue social à la SNCF et il y aura un avant et un après avril 2010 dans l’entreprise.

Guillaume Pepy plus prompt et méthodique à casser l’unité syndicale que pour négocier et tenter de désamorcer un conflit annoncé, a oublié de compter avec les cheminots du terrain qui ont su se rassembler fortement autour des militants CGT et mener cette action en toute transparence et démocratie.
Comme lors de sa visite à Dijon le 18 juin 2009 pour l’inauguration du pôle d’échange multimodal, à l’occasion de laquelle il feignit devant 400 cheminots une mésentente sur l’emploi du temps pour esquiver sous les sifflets les questions qui lui étaient posées en lançant « je reviendrais dans les 6 mois », M Pépy nous a refait le coup de l’escamotage.
Cela a commencé avec sa déclaration « la grève s’éteindra au bout de 48h » le président, mésestimant le niveau de mobilisation, de colère, mais surtout la prise de conscience des cheminots grévistes quant à ses intentions destructrices.
Le gouvernement, le président et son COMEX ont déployé sans compter leur énergie en communication afin de stigmatiser les cheminots en grève, Dominique Busserau allant même jusqu'à donner des leçons de solidarité ce qui pourrait prêter à sourire si le gouvernement auquel il appartient ne s’acharnait pas au quotidien contre les luttes sociales, pour affaiblir les solidarités au profit de la minorité de Français la plus aisée de ce pays. Des chômeurs en fin de droits, en passant par les retraites, les déremboursements et autres franchises médicales, la casse des services publics, sans parler du fameux bouclier fiscal, le gouvernement ne détient pas une once de crédibilité quand il appelle à la solidarité. Solidarité bien ordonnée commence d’abord par soi-même.
De plus, la CGT rappelle la responsabilité entière de la Direction dans la durée du conflit à la SNCF. Si le président avait voulu réellement négocier avant la grève, il aurait pu l’éviter en maintenant la réunion prévue le 31 mars 2010. S’il avait voulu négocier plus rapidement pendant le conflit, il en aurait réduit la durée. En outre, l’arrivée du nuage volcanique n’a pas provoqué de réactions supplémentaires de la part de l’entreprise pour accélérer les négociations et permettre une sortie de grève plus rapide.
 
Mais cet enfumage médiatique a atteint ses limites. Les usagers, les citoyens mesurent la dégradation du Service Public ferroviaire, les retards et les suppressions de trains, les fermetures de triages et l’augmentation du trafic de camions sur les routes, le mauvais état du réseau ferré et le manque d’entretien du matériel, les fausses annonces de prévision de trafic.
 
Cela a continué avec « pas de prime à la grève », le slogan de la direction pour démobiliser les cheminots, ignorer le mécontentement et les exigences exprimés massivement par les grévistes, slogan qui a vécu.
En effet dès le troisième jour de grève des Directeurs de Régions ont été mandatés pour négocier et il aura fallut en tout quinze jour pour que les négociations s’ouvrent dans toutes les régions fortement mobilisée comme celle de Dijon et ainsi arriver à débloquer la situation.
Les cheminots en grève déterminés, sereins, lucides et responsables ont donc contraint le Direction Régionale et la Direction Fret Est à se mettre autour de la table.
Les discussions se sont traduites avec un contenu de négociations sur la base des revendications : emploi, Fret SNCF, organisation de la production et réorganisations, conditions de travail et déroulement de carrière.
Le produit de ces rencontres a été soumis à l’analyse et l’appréciation des Assemblées Générales représentatives des cheminots qui ont décidé démocratiquement de suspendre le mouvement.
La forte pression exercée par les cheminots nationalement dont la CGT a été à l’origine et singulièrement sur la région, des taux de grévistes tout au long des 15 jours entre 55 % et 60 % chez les ADC à l’ET BFC et UP Fret de Perrigny et de 55 % jusqu’à 70 % à l’ECT de Dijon, a fait sauter le verrou.
Malgré le blocage qu’elle a opéré, la Direction de l’entreprise a du concédé à aller au-delà des simples intentions de départ.
Il est dommageable que la Direction SNCF ait mis autant de temps pour revenir à la raison.
Après les premières annonces, lors de la bilatérale du 21 avril entre la Direction Nationale et la Fédération CGT des cheminots, en particulier sur l’emploi avec un niveau de recrutements qui devrait atteindre les 3 000, il était initialement fixé à 1 800 au budget 2010, la CGT, prenant appui sur l’importante mobilisation ira chercher la concrétisation sur l’ensemble de ces sujets.
Elle rendra compte aux cheminots, en temps réel, de l’évolution des négociations qui seront mises sous haute surveillance.
Durant ce conflit, si des obstacles et des difficultés sont apparus, le soutien inconditionnel de l’UNSA et de la CFDT à la Direction, le refus de la fédération Sud Rail de mobiliser dans la plupart des régions, la CGT n’aura cessé de créer les conditions de la mobilisation sur tout le territoire et d’amplifier le niveau du rapport de force afin d’imposer de véritables négociations sur les raisons qui l’ont motivé.
La CFDT complaisante avait en effet déposé des préavis « édulcorés » pour mieux les retirer ensuite aidant ainsi la Direction dans sa stratégie d’enfumage et de désinformation à l’encontre de ceux qui attendent de vraies négociations.
Certains dirigeants syndicaux ont pu à cette occasion expliquer leurs renoncements dans cette action pour préserver les forces des cheminots dans la perspective de luttes contre une nouvelle réforme des retraites. Il est curieux de constater que ceux qui ont le plus vite abandonné le combat en 95, 2003 et 2007 tiennent de tels discours aujourd’hui. Comment peut-on prétendre vouloir défendre nos régimes par répartition en renonçant à la lutte pour l’emploi ou en valorisant des négociations salariales inférieures à la hausse des prix ?
La fédération SUD RAIL a essayé par tous les moyens d’apparaître dans un conflit qu’elle avait déserté dans la quasi-totalité des régions dès le 06 avril 2010, notamment dans ses bastions comme Paris St Lazare, Thionville ou encore Paris Est, en tentant de persuader d’un renforcement de l’action dans beaucoup d’Assemblées Générales.
 
A la sortie des bilatérales du 21 avril, les deux organisations représentatives non grévistes ont dénigré devant la presse ce mouvement social engagé depuis le 06 Avril 2010. L’UNSA condamnant l’exigence d’emplois supplémentaires et la CFDT fustigeant une grève trop longue qui vient de faire perdre des clients et des emplois à la SNCF. Personne ne s’étonnera que la Direction soit restée silencieuse à la suite de ces deux déclarations. Gageons que leurs syndiqués, leurs premiers militants qui ont participé à la grève en dépit de l’attitude de leur fédération à Dijon ou encore dans d’autres régions comme à Clermont-Ferrand où CGT et CFDT sont toujours en grève sur un préavis régional commun, seront sensibles à ces explications ainsi qu’a la déclaration préliminaire de la CFDT lors de la première réunion de négociation sur l’ET BFC arrachée, rappelons le, par les cheminots en grève, déclaration pleine de revendications sur les thèmes à l’origine du conflit.
En lien avec les sujets du jour et concernant le conflit de Clermont-Ferrand nous ne pouvons que nous étonner d’être aujourd’hui consultés sur le rattachement de L’UO TER Nièvre à l’EVOY Bourgogne alors que des négociations sont en cours pour sortir du conflit et qui vise notamment à repousser au mois d’octobre cette consultation sur cette région. Nous interviendrons donc sur ce sujet tout à l’heure.
Les cheminots grévistes ont bataillé et restent mobilisés sur le fond, c'est-à-dire sur les points durs de la politique menée dans l’entreprise, et cette mobilisation va perdurer.
 
Une prochaine table ronde est prévue mi-mai et les négociations engagées en régions doivent aboutir à des résultats concrets comme vous vous y êtes engagé Monsieur le Directeur car qu’elle le veuille ou non et n’en déplaise à l’UNSA et à la CFDT, la direction SNCF a bel et bien été obligée de reculer.
 
Emploi, conditions de travail, niveau des salaires ont des conséquences directes sur les équilibres financiers des régimes de retraites et sur le niveau des pensions. Le Régime spécial des cheminots n’est pas en dehors de cette réalité et reste dans le collimateur du Gouvernement, du patronat et d’autres forces, semble-t-il ! La « concertation » au pas de charge qui s’engage sur une nouvelle réforme des régimes de retraites suscite une légitime inquiétude chez les salariés et les jeunes en particulier.
C’est l’avenir même du système par répartition qui est menacé. Utilisant le mensonge et le catastrophisme et refusant de mettre à contribution le patronat qui bénéficie d’exonérations massives de cotisations sociales (30 milliards d’€ en 2009 !), le Gouvernement entend, encore, imposer de nouveaux sacrifices aux salariés : c’est inacceptable !
La Fédération CGT et les Cheminots refusent de subir les mauvais coups qui se préparent et entendent, à l’instar du conflit social de l’automne 2007, se mobiliser pour préserver et améliorer le régime spécial des personnels de la SNCF et garantir l’avenir du système par répartition.
En ce sens, la Fédération CGT des Cheminots appelle l’ensemble des cheminots actifs, retraités et ayants droit, les personnels CE/CCE à se mobiliser le samedi 1er mai 2010 en participant massivement aux manifestations départementales unitaires qui auront lieu dans toute la France.