| Déclaration CGT CER du Jeudi 25 février 2010 |
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| Secteur Fédéral CGT Cheminots Dijon - CER |
| Vendredi, 26 Février 2010 00:00 |
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Monsieur le Directeur,
Lundi 15 février s’est tenu le sommet social organisé par le Président de la République.
Alors que la situation économique et sociale reste dégradée et très préoccupante pour les salariés, les retraités, les chômeurs et les jeunes qui subissent de plein fouet la violence de la crise qui s’installe dans la durée, aucune réponse concrète n’a été apportée sur l’emploi, les salaires, le pouvoir d’achat, les conditions de travail et les politiques publiques.
La rencontre sur l’agenda social n’a porté que sur le calendrier et la méthode, et elle a accouché d’une souris, même si la prudence a conduit le gouvernement à annoncer des concertations sur la réforme des retraites en avril, pour un projet de loi en septembre.
L’événement s’est donc situé en dehors, avec la réunion intersyndicale et la décision, le soir même, à l’appel de 5 organisations syndicales - CGT, CFDT, FSU, SOLIDAIRES, UNSA - d’une journée nationale de grèves et de manifestations dans tous le pays le 23 mars 2010.
Dans un communiqué commun, les organisations syndicales ont réaffirmé, comme elles l’ont déjà fait en 2009, que la sortie de la crise passe par des mesures en faveur de l’emploi, des salaires et pensions, une fiscalité plus juste, des politiques en faveur d’une relance économique respectueuse des impératifs écologiques.
Concernant les retraites, elles ont exprimé leur volonté que toutes les conditions soient créées pour un vrai débat national. La retraite relève de choix de société. Alors que la plupart des mesures prises ont déjà fortement dégradé le niveau de vie des retraités et entamé la confiance des jeunes générations sans jamais garantir la pérennité des systèmes de retraites, tout porte à croire, au-delà des précautions oratoires, que le Gouvernement et le patronat veulent poursuivre et aggraver des réformes inacceptables pour les salariés, les retraités et les générations futures.
Dans ce cadre, la CGT réaffirme son opposition à l’abaissement du niveau des pensions, à l’allongement de la durée de cotisations et à tout report de l’âge de départ à la retraite. En ce sens, elle réitère son attachement au système de répartition, au maintien de l’ouverture des droits à la retraite à 55 ans pour les cheminots (50 ans pour les ADC) et le calcul des pensions sur le traitement des 6 derniers mois.
La CGT a combattu et combattra toute nouvelle remise en cause de nos droits en termes de retraite.
Le rapport 2010 de la Cour des Comptes qui préfigure une nouvelle attaque sur notre régime spécial encourage la Fédération CGT des cheminots et les cheminots à amplifier les mobilisations.
Ce texte culpabilisateur à l’encontre des cheminots constitue un nouveau brûlot contre le Service Public SNCF, les cheminots et leur statut qui en quelques mots sont trop payés, ne travaillent pas assez et bénéficient de privilèges exorbitants. Il met en lumière les véritables menaces que représente le projet de la Direction SNCF «Destination 2012».
Aussi, face au démantèlement de l’entreprise SNCF, à une remise en cause organisée du service public ferroviaire, à la dissolution de nos métiers, les cheminots n’ont pas d’autres choix que d’agir. L’action de grève tous services du 03 février 2010 avec une participation sérieuse à hauteur de 35 % de grévistes après la grève du 20 octobre 2009, la manifestation du 08 décembre 2009 et les différentes initiatives revendicatives dans les métiers, illustre le climat social de plus en plus dégradé à la SNCF.
Les cheminots ne se sont pas laissé abuser par l’enfumage médiatique orchestré par les directions, nationale et régionale, qui a entouré cette journée d’action, que ce soit sur le pourcentage prévisible des circulations des trains, les chiffres de grève et les motivations de cette mobilisation qui se renforce, entre autres, dans l’encadrement.
Gouvernement et Direction SNCF doivent assurément adopter une autre attitude que celle de l’autruche et répondre aux revendications portées par l’ensemble des cheminots.
Une fois de plus, la Direction SNCF tente d’ignorer le mécontentement exprimé lors de ce mouvement social.
Conformément à l’engagement unitaire, 3 Fédérations syndicales - CGT, UNSA, Sud Rail - ont déposé une nouvelle Demande de Concertation Immédiate le 05 février 2010.
Deux audiences ont eu lieu les 12 et 19 février 2010.
Le moins que l’ont puisse dire, c’est que la Direction doit revoir sa copie !
Sur les réorganisations, vous maintenez le cap.
La CGT exige que s’engage un véritable retour d’expérience avec un bilan sérieux, ceci afin de prendre les mesures nécessaires pour pallier au manque de moyens, de proximité et de mutualisation dont souffre l’organisation de la production et du travail.
Sur le Fret, la Direction travaille activement en catimini à la casse du Fret SNCF et à de nouvelles annonces après les élections régionales.
C’est de nouveau par voie de presse que nous apprenons que la branche Fret prévoit à l’horizon 2011 de transporter 616 000 wagons en moins par rapport à 2008, ce qui représente 1 200 000 camions en plus sur les routes.
Tout est fait pour tuer Fret SNCF afin de laisser la place aux opérateurs privés qui ne se préoccuperont que des trafics dits rentables.
Cette politique suicidaire est contraire aux ambitions du Grenelle de l’Environnement en matière de report modal en faveur du rail et d’aménagement harmonieux du territoire !
La Fédération CGT des cheminots a interpellé le Gouvernement pour exiger de la SNCF d’arrêter cette politique de la terre brûlée afin que des orientations pour un véritable développement durable de Fret SNCF soient mises en œuvre.
La CGT appelle ses syndicats, les cheminots à une montée en puissance d’initiatives publiques et revendicatives sur les sites pour stopper le bras des casseurs et imposer d’autres choix en tenant compte, enfin, de nos propositions.
S’agissant du volet emploi et évolution des effectifs, tout en prenant acte de l’engagement d’un premier volant de 900 recrutements dès le mois de février 2010 et de l’embauche de 400 alternants dans le courant de l’automne 2010, nous sommes loin du compte, au sens des besoins, pour répondre à une bonne organisation de la production et améliorer les conditions de travail des cheminots.
D’autant que la Direction a annoncé dernièrement que, contrairement à ce qui a été présenté dans le budget, les 1 800 embauches en 2010 pourraient être limitées à 1 000.
Pour la CGT, c’est bien de l’avenir de l’EPIC SNCF dont il est question au travers de l’emploi à statut.
Les dysfonctionnements et la détérioration de la qualité du service public sont étroitement liés à la question de l’emploi.
Concernant les salaires, alors que la baisse du pouvoir d’achat des cheminots est significative, la Direction ose écrire dans son relevé de décision du 19 février 2010 que le niveau des majorations salariales en 2009 s’est élevé en moyenne à 3,1 % pour une progression de l’inflation de 0,1 %.
La CGT exige que la Direction arrête de manipuler les chiffres (en intégrant les mesures, retraites et Glissement Vieillesse Technicité).
Les cheminots, à l’instar de l’ensemble des salariés, sont confrontés à la baisse de leur pouvoir d’achat, à la précarité, aux fins de mois difficiles.
Les cheminots attendent autre chose pour les prochaines négociations salariales annoncées dans la première quinzaine de mars 2010. Ils demeurent légitimes à revendiquer de véritables et significatives augmentations de salaire. C’est ce qu’exprimeront les cheminots retraités avec la journée d’action du 30 mars 2010.
Toujours sur ce sujet, le 28 janvier lors de la réunion pleinière du CER, la CGT vous déposait les demandes individuelles officielles des militants syndicaux CGT concernés par le versement de la GIR et d’une GEXCI moyenne aux permanents syndicaux pour que ces sommes soient retirées sur leur prochain bulletin de salaire.
Depuis, nous avons reçu votre courrier, Monsieur le Directeur, daté du 16 février 2010. Non seulement vous ne donnez pas suite à notre requête, mais le contenu de vos propos ne vous grandissent pas. Les éléments que vous avancez ne sont aucunement valables et frise la malhonnêteté tout au moins la provocation.
Ce qui est recherché, c’est bien d’opposer les cheminots aux militants syndicaux, alors pourquoi tenter de vous justifier.
La CGT ne compte pas en rester là, d’ailleurs la Fédération CGT des cheminots a de nouveau interpellé Monsieur NOGUE, Directeur des Ressources Humaines, sur les mesures urgentes à prendre pour mettre fin à ce dispositif injuste.
Pour terminer, sur l’ensemble des points abordés dans la Demande de Concertation Immédiate, devant les exigences portées par la mobilisation des cheminots, sous l’impulsion de la CGT, souvent soutenue, voire avec la participation active des usagers, des populations et des élus, la Direction doit à tous les niveaux enfin satisfaire aux légitimes revendications.
Si tel n’est pas le cas, la CGT poursuivra la construction d’un rapport de forces pour gagner des mesures allant dans le sens de ce que veulent les cheminots pour leurs conditions sociales, pour le Service Public SNCF.
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