| Déclaration CGT CER du Jeudi 25 mars 2010 |
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| Secteur Fédéral CGT Cheminots Dijon - CER |
| Vendredi, 26 Mars 2010 00:00 |
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Monsieur le Directeur, Les élections régionales des 14 et 21 mars 2010, même avec une participation au second tour de l’ordre de 51%, auront été marquées par un fort taux d’abstention, ce qui n’est pas signe de bonne santé pour la démocratie.
Pour autant, le vote des électeurs largement représentatif ne peut être ignoré.
La CGT voit dans ces résultats l’expression d’un large mécontentement des salariés tant du privé que du public vis-à-vis de la politique économique et sociale défendue par le Président de la République et les nombreux ministres eux-mêmes candidats. Dans une période qui se traduit par la succession des plans de licenciement, le développement du chômage de longue durée, la stagnation des salaires et des pensions, les difficultés accrues des jeunes à accéder à un emploi et la poursuite des politiques d’exonérations massives de cotisations sociales sans aucune efficacité sur les créations d’emploi, les salariés ne sont pas disposés à être davantage encore les victimes d’une crise dont ils ne sont pas responsable Dans ce contexte, le score obtenu par le Front National conforte la CGT dans son combat contre l’exploitation des peurs, le racisme et la xénophobie.
Ce qui doit être à l’ordre du jour le plus rapidement possible dans la conduite des entreprises comme dans celle du pays, ce sont d’autres orientations dans les domaines économiques et sociaux. Le chef de l’État doit prendre en compte les revendications syndicales concernant l’emploi, le niveau des salaires et des retraites comme éléments de justice sociale et facteur de sortie de crise.
Or les premières déclarations des représentants du gouvernement, tout en reconnaissant une défaite électorale, laissent entendre qu’ils feront preuve «de ténacité et de persévérance gardant le cap», notamment pour la réforme des retraites !
La CGT met en garde contre une attitude gouvernementale qui ne manquerait pas d’alourdir le climat social dans le pays.
La multitude des luttes pour l’emploi, les salaires et les conditions de travail attestent que les salariés n’entendent pas rester spectateurs face à cette situation. Les luttes du printemps 2009 ont révélé déjà la volonté de résistance.
Depuis, la santé insolente affichée par les banques, renflouées par les États à coups de centaines de milliards d’euros, le nouveau départ de la spéculation et des bonus pour quelques-uns, provoquent une légitime indignation et font perdre toute crédibilité aux discours sur la refondation et la normalisation du capitalisme qui serait en marche.
La nouvelle journée d’action de grèves et de manifestations unitaire du 23 mars 2010 à laquelle ont pris part les cheminots actifs et retraités est incontestablement un succès.
La mobilisation d’un bon niveau qui a rassemblé plus de 800 000 salariés du public, du privé, des sans-emploi et retraités est d’autant plus appréciable que la plupart des médias ont fait l’impasse sur ce rendez-vous et que la division syndicale a été malheureusement entretenue par certaines organisations syndicales, y compris localement.
C’est un nouvel avertissement adressé au Gouvernement et au MEDEF, qui doivent tenir compte de la détermination des salariés en répondant aux revendications sur l’emploi, les services publics, les salaires, la retraite par répartition.
La CGT proposera aux autres organisations syndicales, le 30 mars prochain, d’autres initiatives de mobilisation coordonnées pour le mois d’avril et un 1e mai unitaire.
À la SNCF, avec plus de 32 % du personnel de toutes catégories, de tous collèges, en grève de 24 heures, 36 % sur la région (chiffres SNCF), le 23 mars 2010 à l’appel unitaire des fédérations syndicales CGT, UNSA et CFDT, les cheminots ont exprimé avec l’ensemble des salariés leur attachement au système de retraite par répartition, porter haut et fort les propositions et revendications pour assurer la pérennité et le financement. Ils ont également manifesté leur désapprobation à la stratégie industrielle de la SNCF qui casse et déqualifie les emplois, dégrade les conditions de vie et de travail et tourne le dos aux valeurs du service public.
Cette mobilisation trouve écho dans la politique d’abandon de Fret SNCF ainsi que les organisations du travail dans tous les services qui imposent la mono-activité, moteur d’un éclatement de l’entreprise publique intégrée rejetée par une majorité croissante de cheminots.
Après la grève du 20 octobre 2009, la manifestation nationale du 08 décembre 2009 et dans le prolongement de la grève nationale du 03 février 2010, au lendemain du 23 mars la Direction SNCF est au pied du mur.
Cette participation élevée est significative d’un climat social fortement dégradé au sein de la SNCF. Une situation dont, Monsieur le Directeur, vous contribuez, sur la région et dans les établissements.
Gouvernement et Direction doivent urgemment ouvrir de véritables négociations à tous les niveaux de l’entreprise sur la situation de Fret SNCF, les réorganisations et restructurations, l’emploi, les salaires et les conditions de travail.
La Fédération CGT exige la mise en œuvre d’une autre politique qui intègre nos propositions en matière d’organisation de la production, d’apport de moyens humains et matériels aussi que d’amélioration des conditions sociales des cheminots garantissant un service public ferroviaire à hauteur des exigences de la Nation.
Cela doit se traduire sur la région, tout d’abord, par l’abandon de l’EIC, des projets - COPEM regroupant les ADC, les ASCT, les agents d’escale et vente, du rattachement des UO TER Nevers et Auxerre, d’une UP TGV… qui tracent les contours d’un établissement mono-activité -, l’arrêt de l’expérimentation du découpage des territoires de la SUGE.
Des réorganisations qui auront des conséquences fâcheuses au quotidien pour les usagers et plus généralement pour les conditions de vie et de travail des cheminots.
Il y a urgence à changer radicalement les politiques menées ces dernières années. Nous réitérons notre proposition d’établissements multi-activités pour optimiser l’effet réseau et les avantages de la production liée par la mutualisation des ressources, pour plus de souplesse et de réactivité.
La CGT revendique l’augmentation du nombre d’embauches au statut pour maintenir l’effectif de la région SNCF au 31 décembre 2009, et le recrutement de 203 cheminots pour remplacer tous les départs (retraites et autres). Il est fondamental que le Service Public ferroviaire préserve ses compétences dans le but de les transmettre aux générations futures.
Ce dont a besoin l’entreprise, c’est d’une politique de l’emploi permettant d’assurer et de réaliser la charge de travail dans de bonnes conditions, d’améliorer la qualité du service et la sûreté.
Nous vous avons fait, dans ce sens, des propositions alternatives par métiers, en proximité, lors de la réunion du 09 mars 2010 suite à la DCI régionale CGT. Nous n’avons pas été entendus, pas plus qu’à la réunion de conciliation du 18 mars 2010 dans le cadre du préavis de grève CGT.
Autre élément indissociable de l’emploi pour le financement de notre protection sociale et la préservation de notre régime spécial, la question de salaires reste une priorité dans les préoccupations des cheminots.
La colère et les attentes sont réelles sur ce sujet, car la précarité ne cesse de gagner du terrain dans le corps social cheminots.
Lors de la table ronde du 17 mars 2010, la CGT a fait part de ses exigences par la remise de 35 000 signatures sur la pétition qu’elle a portée.
Malgré certaines inflexions, les propositions de la Direction SNCF :
§ Mesures générales :
- + 0,5 % au 1er mars 2010
- + 0,4 % au 1er octobre 2010
à Soit à peine + 0,6 % sur l’année 2010.
- augmentation mensuelle de la Prime de Travail de 10 €.
§ Mesures complémentaires :
- augmentation de la gratification de vacances de 30 €.
- passage du minimum de la gratification annuelle d’exploitation de 129,96 € à 140,25 € (très peu de cheminots concernés) ;
(Ces propositions) entérinent une nouvelle perte de pouvoir d’achat pour les cheminots.
Alors que l’INSEE et la loi de Finance du Gouvernement prévoient + 1,2 % d’inflation en 2010 et qu’un lourd contentieux salarial existe à la SNCF, la Direction se permet de faire un chantage à la signature d’un accord.
La CGT ne vendra pas le pouvoir d’achat des cheminots. La Direction peut, comme elle l’a fait l’an dernier et bien d’autres fois, prendre des décisions unilatérales en la matière.
La Fédération CGT des cheminots a fait part de sa profonde indignation face à une parodie de négociation et dans un contexte où un nombre de plus en plus important de cheminots rencontre les pires difficultés à se loger, à finir les fins de mois, à vivre dignement.
Pour la CGT, le salaire doit être la juste rémunération de la force du travail garantissant les moyens nécessaires à l’existence de chaque salarié dans les conditions d’aujourd’hui, en dehors de tout autre élément de rémunération aléatoire et individuel.
Les cheminots avec la CGT vont continuer à faire grandir la mobilisation, car rien n’est joué pour 2010.
Déjà le 30 mars 2010, les cheminots actifs seront aux côtés des retraités pour l’augmentation des pensions et la sauvegarde du régime spécial.
Face à la multiplicité des attaques et la gravité des réformes qu’elles posent pour le Service Public et les conditions sociales des cheminots, et en l’absence de réponses aux légitimes revendications des cheminots, à l’initiative de la CGT, des DCI unitaires par fonctions et métiers ont été déposées. Dans les rencontres qui ont suivi, les directions n’ont pas répondu à nos exigences et ont même manié la provocation.
La Fédération CGT des cheminots va donc proposer aux fédérations syndicales qui sont inscrites dans une dynamique unitaire, de donner des suites et des prolongements à la journée de grève du 23 mars 2010.
La Direction SNCF doit se préparer à d’autres perspectives de luttes.
Pour terminer, dans le cadre d’un processus plus large et parce que la CGT situe son action pour le transport durable, nous appelons les cheminots à s’inscrire dans les initiatives du 13 avril 2010, journée de mobilisations organisée par la Fédération Internationale des Transports (ITF).
La Fédération Européenne des Transports (ETF) a décidé d’une manifestation nationale à Paris ce jour. Nous serons dans cette action en faveur des chemins de fer, de l’emploi, de la sécurité et du service public ferroviaire. |






