| Déclaration CGT CER du 28 janvier 2010 |
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| Secteur Fédéral CGT Cheminots Dijon - CER |
| Lundi, 01 Février 2010 00:00 |
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Monsieur le Directeur,
Si chaque début d’année est l’occasion de formuler des vœux, celui que nous pourrions souhaiter ici, c’est que cette instance soit mieux respectée, que les passages en forces ne soient plus de mise et qu’un dialogue social constructif permette que notre entreprise renoue avec ses valeurs historiques de service public.
Car une fois de plus, la SNCF aura fait l’objet, en cette fin d’année 2009, d’un traitement médiatique très particulier à l’occasion d’événements divers, trains bloqués, retardés, supprimés à cause de la neige et du froid, infrastructures déficientes, incidents caténaires, avaries matériels, informations défaillantes, des milliers de voyageurs mécontents voir exaspérés, des responsables politiques remontés…
Pour la CGT, l’explication de la Direction qui consiste à invoquer la neige et les variations de température - quoi de plus normal en hiver – pour justifier un certain nombre de dysfonctionnements est un peu courte.
Les intempéries ont provoqué une situation qui renforce la CGT dans ses propositions de défense, de reconquête et de développement du service public.
D’autant plus que ces exigences sont déjà mises en exergue par la conjoncture économique qui montre le besoin et la pertinence de meilleurs services publics dont on nous dit d’ailleurs qu’ils auraient permis à la France de s’en tirer un peu mieux que ses voisins durant la crise.
Pourtant ce dont il s’agit aujourd’hui, c’est bien la remise en cause du modèle social français. La CGT, comme elle l’a toujours fait, mettra tout en oeuvre pour une autre politique en matière de service public.
La mobilisation des salariés lors de la journée unitaire d’action du 21 janvier pour dénoncer les effets néfastes de la Révision Générale des Politiques Publiques, véritable attaque contre les services publics tels que les collectivités locales, les hôpitaux, l’éducation nationale … va continuer à grandir.
Dans une démarche unitaire, les 4 Fédérations Syndicales de Cheminots représentatives CGT – UNSA – Sud Rail – CFDT ont décidé d’appeler les cheminots à agir par la grève le 03 février 2010 pour l’amélioration du Service Public et la satisfaction de leurs revendications sociales.
En effet, la SNCF n’est pas épargnée. Il est grand temps que les usagers qui subissent toute l’année des suppressions de trains et des retards quotidiens dus aux dysfonctionnements internes, à l’insuffisance de moyens matériels, humains et en infrastructure soient mieux pris en compte en permanence.
Bien sûr, à l’origine de cette situation, il y a des responsabilités croisées entre l’Etat, RFF et la SNCF.
Mais c’est bien votre politique d’organiser verticalement l’entreprise avec l’ambition de créer des sociétés distinctes autonomes transformées en centres de profits qui est en cause.
L’accélération et le contenu de réorganisation du système ferroviaire français par la spécialisation, la dédicace, les suppressions des mutualisations conduisent inévitablement à un fonctionnement rigidifié, préjudiciable à un service public de qualité qui demande souplesse, réactivité, transversalité, mise en commun…
Quant à l’avenir des cheminots, le Président Pépy a beau affirmer qu’il passe inéluctablement par l’adaptation de la SNCF à la concurrence et sa transformation, au fil des projets et des annonces destructives, ils ne vous suivent plus.
La Vague 3 d’un sondage CSA commandité par la Direction SNCF à l’automne 2009 met en avant que 71 % des cheminots craignent que l’entreprise finisse découpée en filiales et éclatée. Une majorité de cadres ne croit plus à « Destination 2012 » et conteste de plus en plus sa finalité. Par ce sondage, les cheminots valident les analyses et actions de la CGT.
Les orientations du budget 2010 de la SNCF ont été rejetées par toutes les organisations syndicales lors du CCE et CA des 19 et 20 janvier 2010 et pour cause :
Il est donc grand temps pour la Direction SNCF de revoir sa copie. Rien ne se fera sans les cheminots et encore moins contre eux.
Le mécontentement des cheminots s’est caractérisé, ces derniers mois, par de nombreuses actions. Si elles ont débouché sur quelques résultats, l’entreprise arc-boutée sur sa politique continue le passage en force.
Après une demande de concertation immédiate, le dépôt d’un préavis de grève, la direction SNCF a apporté, à ce jour, comme seule réponse la tenue de réunions.
La CGT jugera à leur contenu de la volonté de l’entreprise à entendre les revendications des cheminots. Mais l’affaire s’est bien mal engagée. Les deux premières réunions sur l’emploi et le Fret n’ont rien donné. Pire la Direction SNCF a joué la provocation en déclarant ne pas comprendre le dépôt du préavis, continuer les réorganisations et ne rien négocier.
S’agissant du Fret : le « débarquement » la semaine dernière du Directeur du fret doit être l’occasion de changer fondamentalement la politique industrielle suicidaire qui ne permettra pas de répondre à l’enjeu de société que constitue le transfert de marchandises de la route sur le rail.
Engagée depuis de longs mois, la CGT entend amplifier le processus de mobilisations sociales et citoyennes pour imposer d’autres choix stratégiques, plus en rapport avec l’intérêt général, comme nous l’avons fait sur la région le 19 janvier lors d’un rassemblement de plus de 200 cheminots sur le triage de Gevrey et le soir même à Dijon dans un débat public qui a réuni une soixantaine de participants invités, mais où nous avons eu à déplorer l’absence de la Direction régionale qui n’a pas souhaité s’expliquer sur ses choix.
La CGT s’interroge sur l’actualité et la stratégie de la Direction particulièrement en terme de dialogue social, au regard de la gestion des conflits locaux, régionaux – nous en savons quelque chose sur notre région - et nationaux.
Il ne suffit pas d’affirmer le rôle primordial que jouent les représentants des organisations syndicales et les élus du personnel dans le dialogue social et le fonctionnement de l’entreprise, comme la SNCF a tenu à l’écrire dans « l’accord collectif à certaines mesures accordées aux agents en service libre et représentants du personnel ».
Visiblement la Direction SNCF cherche le rapport de force au vu de son comportement.
Plus que jamais les cheminots ont toutes les raisons d’agir en participant à la grève nationale unitaire du 03 février 2010.
La CGT exige :
Avant de terminer cette intervention, je veux aborder la situation des salaires à la SNCF. À l’issue de l’année 2009, les cheminots ont subi une nouvelle année d’austérité salariale marquée par des mesures d’augmentations générales lamentables (+ 0,3 au 1er octobre) et par une baisse sensible de leur pouvoir d’achat.
Les cheminots retraités, pour leur part, ont eux aussi constatée une dégradation sans précédent de leur pouvoir d’achat du fait de la désindexation des pensions sur les salaires, suite à la réforme gouvernementale de notre régime spécial que la CGT a combattue avec les cheminots.
Alors que l’inflation repart à la hausse (+ 3,3 % pour les produits pétroliers, + 2,5 % pour les loyers et l’eau), et que le SMIC a été revalorisé de + 0,5 % au 1er janvier 2010, il y a urgence à ouvrir de véritables négociations salariales à la SNCF.
Le recours à de multiples primes (GEXCI, GIR,…) visant à individualiser la rémunération des cheminots ne vise qu’à les intégrer aux orientations de l’entreprise et ne répond pas aux véritables problèmes du pouvoir d’achat des cheminots.
À ce sujet, la CGT déplore une manœuvre tentant d’acheter les militants syndicaux et de les bâillonnés sur les transformations de rémunération que la SNCF souhaiterait accélérer. Décider unilatéralement de verser aux permanents syndicaux des gratifications indépendantes à une GIR ou GEXCI allant de 50 € à 1 600 €, c’est tenter d’opposer les cheminots aux militants syndicaux.
La CGT refuse ces formes de rémunérations discriminatoires puisque tous les cheminots ne touchent par la GIR et la GEXCI.
Les militants de la CGT exigent de la Direction SNCF que ces sommes, qui ne participent pas au financement de nos régimes de retraite et de prévoyance et qui pourtant a bien besoin de financement au regard du véritable scandale du coût de la vaccination pour la grippe A H1N1, que ces sommes soient retirées sur leur prochain bulletin de salaire. Je vous fais passer les courriers de chacun des camarades CGT concernés sur la région.
Seules de véritables et significatives augmentations générales des salaires en pourcentage sont de nature à améliorer la situation financière des cheminots et à assurer le juste paiement des qualifications.
L’action de grève du 03 février conçue comme un ultimatum doit amener la direction SNCF à négocier sur l’ensemble des revendications des cheminots. Si elle devait rester sourde aux exigences, les Fédérations préviennent qu’elles ont déjà convenu qu’elles déposeront dès le lendemain, une nouvelle demande de concertation immédiate en vue d’une action de mobilisation des cheminots d’un niveau encore plus élevé.
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