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Déclaration CGT CER du 17 décembre 2009 Imprimer Envoyer
Secteur Fédéral CGT Cheminots Dijon - CER
Mercredi, 23 Décembre 2009 16:47

Cette année 2009 aura été marquée par les nombreuses mobilisations où les salariés en proie à de lourdes interrogations, inquiétudes ont exprimé de profonds mécontentements quant à leur quotidien et à leur avenir, obscurci par les conséquences de la crise qui n’est pas seulement financière, mais qui a des racines beaucoup plus profondes ; celle d’une crise du système capitaliste.

Dans ce contexte, nous vous demandons, Monsieur le Directeur, de créer les conditions nécessaires pour que les revendications des cheminots, singulièrement les roulants ADC qui sont engagés dans un mouvement social, soient rapidement satisfaites. Au regard des derniers évènements à l’UP de Besançon et particulièrement à Dole, nous attendons des réponses claires de votre part.
Nous y reviendrons à la suite de cette déclaration.
 
En ce qui concerne la dernière période, si la Direction - par la démarche unitaire initiée par la CGT et le rapport de forces – a dû reculer et prendre des mesures dans le sens des exigences des ASCT et ADC, elle n’a pas pour autant pris toute la dimension.
Ces derniers mois les multiples actions au niveau des fonctions, des établissements, des sites ferroviaires démontrent que les cheminots sont attachés aux valeurs de service public et à l’unicité de l’entreprise publique.
 
À l’évidence, après la manifestation nationale à Paris du 08 décembre 2009 à l’appel des fédérations CGT, UNSA, CFDT qui a rassemblé près de 15 000 cheminots actifs et retraités et face à la surdité de la Direction et du Gouvernement, nul doute, sous l’impulsion de leurs organisations syndicales, que les cheminots de tous services sauront se mobiliser massivement dès janvier 2010.
La Fédération CGT des cheminots prendra toute sa place pour que cette action soit la plus puissante possible afin que d’autres orientations stratégiques socio-économiques soient mises en oeuvre au niveau de l’entreprise et dans la défense des intérêts des cheminots, de leur statut, de leur métier.
 
À l’approche du budget 2010 à la SNCF qui annonce dès aujourd’hui un nouveau désengagement de l’Etat et un plan social de grande ampleur - 10 000 emplois seraient concernés d’ici 2012 -, cette nouvelle étape de sensibilisation de l’opinion publique représente un nouvel avertissement pour la Direction de la SNCF et le Gouvernement.
 
Elle appelle dès maintenant des avancées sur tous les dossiers et à tous les niveaux. Dans le cas contraire, le rythme des luttes va s’amplifier.
D’ores et déjà, et parce que les enjeux nationaux et européens du ferroviaire se complètent, après le rassemblement du 18 décembre 2009 à Bruxelles à l’occasion de la réunion des ministres des Transports Européens, notre Fédération propose l’organisation d’une mobilisation européenne dans le 1er semestre 2010.
 
L’accélération et le contenu des réorganisations du système ferroviaire français, à terme, mettent en péril l’entreprise publique SNCF et fragilisent le service public.
Derrière les discours de la Direction qui se veulent rassurants, dans les faits c’est bien l’éclatement de la SNCF qu’elle programme avec des conséquences sur le service public et le statut social des cheminots.
Avec le Fret comme laboratoire d’expérience, la Direction poursuit le morcellement et la découpe de l’organisation interne de l’entreprise.
Les projets sont menés au pas de charge sans véritable concertation approfondie. Pas une réunion du CER sans sa restructuration, les dossiers en informations de ce jour en attestent encore.
Tous les services sont méthodiquement restructurés pour répondre uniquement à des critères de rentabilité financière et centrés sur un seul produit.
Cet ensemble de réorganisation dessine un nouveau mode de fonctionnement basé sur l’intégration industrielle des branches qui s’organisent de manière indépendante uniquement en fonction de la loi du marché.
Étendu à l’ensemble de l’entreprise, il remet en cause le caractère intégré, affaiblit l’échelon régional, les atouts techniques et professionnels et réduit au minimum les services transverses.
 
Ces transformations facteurs de stress s’accompagnent de décisions dramatiques sur l’emploi des cheminots, avec des dégradations sur la qualité de la production, la sécurité de l’exploitation ferroviaire et les conditions de vie et de travail.
21 500 emplois ont été supprimés en 7 ans, soit l’équivalent de 30 usines « Molex ».
Force est de constater que la Direction SNCF alimente l’allégrement le nombre de chômeurs dans notre pays qui atteint plus de 3,7 millions.
Les destructions d’emplois en France ont dépassé le chiffre de 600 000 depuis 1 an.  Derrière ces chiffres, combien de drames, d’angoisses, de vies de famille qui basculent ?
Après le dépeçage du Fret ferroviaire et le rejet de 1,5 million de camions sur les routes dans les 5 prochaines années, combien de PME PMI seront obligées de se tourner vers le transport routier et combien d’entre elles n’auront pas d’autres choix que de fermer ou délocaliser leur production ?
Il est temps maintenant de nous présenter la facture et de faire la transparence sur cette question. Les cheminots doivent savoir, les usagers aussi.
Pour la CGT, l’emploi doit être abordé en lien avec la problématique du développement durable.
 
La crise économique et sociale actuelle comme la dégradation de l’environnement appellent de façon urgente une nouvelle logique de développement.
L’expérience du Grenelle de l’environnement qui a permis de construire des positions offensives et d’obtenir des avancées en matière de transports, de rénovation thermique de l’habitat ou de mise en oeuvre d’une filière de déconstruction des navires, va nécessiter des batailles importantes pour que ces engagements se concrétisent, notamment en termes de financement.
Ces convergences n’effacent pas certaines approches différentes. La CGT n’a pas attendu le Grenelle de l’environnement ou le sommet de Copenhague pour s’intéresser au développement durable. Les changements technologiques, la mondialisation, le besoin de préserver l’environnement… impliquent de nouveaux choix sociaux, économiques et de gestion.
La prise en compte de ces 3 dimensions nouvelles de la croissance devrait conduire à adopter un mode de développement durable.
 
Quand est-il pour le transport ferroviaire SNCF ?
 
Annoncer un plan gouvernemental de développement du Fret ferroviaire à l’horizon
2015-2020 en lien avec les enjeux du développement durable est une chose, une autre chose est la poursuite de la contraction de l’appareil de production du Fret SNCF (fermeture de triages, de gares, arrêt de dessertes, suppressions massives d’emplois…) qui va sérieusement hypothéquer l’avenir.
Cette situation détériorée de Fret SNCF tant au niveau de la production industrielle que sur le plan du traitement social des conséquences des stratégies ne cesse de susciter mécontentement et mal-être parmi le corps social.
La CGT mobilise les cheminots depuis des mois et tente sous différentes formes de se faire entendre. Elle va prolonger ce processus d’initiatives. La CGT organise le 19 janvier 2010 à Dijon un débat public sur cet enjeu.
 
Après le Fret, c’est maintenant autour des trains voyageurs !
Alors que la suppression envisagée de trains «Corail», «Téoz»,ou «trains auto-couchettes» risque d’enclaver totalement des régions entières, c’est le Transport Express Régional (TER) qui est attaqué. Dans le cadre d’une campagne de dénigrement savamment orchestrée, un rapport de la Cour des Comptes vient en aide au Gouvernement, étrangement à quelques mois des élections régionales.
Les conclusions « à charge » de ce rapport, outre l’absence de référence aux principes d’égalité et de solidarité du service public, ne retiennent que des critères financiers, qui ne trouveraient réponse que dans l’ouverture à la concurrence et l’augmentation de la productivité à la SNCF.
Pourtant, le bilan majoritairement positif des TER depuis 2002 démontre que le modèle de production développé en France, certes perfectible,est à ce jour l’exemple même d’une décentralisation réussie. Preuve en sont les 18 conventions renouvelées qui pour une grande majorité l’ont été pour une longue durée.
La Direction SNCF doit communiquer autour de son bilan sur les effets positifs tant sur les plans technique, économique, social qu’environnemental, de la compétence de ses agents et de sa volonté de satisfaire encore mieux aux besoins de transports de qualité qu’attendent les usagers et les Autorités Organisatrices.
Toute tentative de mise en concurrence, soit-elle locale ou expérimentale, engendrerait une réaction sociale unitaire de niveau national.
 
L’ouverture à la concurrence, dans le Fret ferroviaire a généré son lot d’incidents, d’accidents débouchant sur une régression sans précédent en matière de tonnages transportés.
Dans le transport de voyageurs, la même politique aurait malheureusement les mêmes effets : réduction des prestations, augmentation des tarifs et baisse du niveau de sécurité.
 
Face aux logiques de rentabilité, le service public ferroviaire - comme l’ensemble des services publics - à toute sa place lorsqu’il s’agit de répondre aux besoins sociaux essentiels ou de déterminer une stratégie de développement pour le pays. L’intérêt général, c’est ce qui fonde la légitimité de l’action publique par rapport aux choix privés.
Il est donc urgent de donner les moyens au service public ferroviaire, de mieux accomplir au quotidien les attentes des usagers et des chargeurs en matière de transport.
L’Etat doit assumer ses responsabilités pour son financement et pour l’aménagement du territoire.
 
Un autre avant-goût de la crise d’austérité qui risque de frapper nombre de salariés en 2010.
Après le «travailler plus pour gagner plus», on passe au «gagner moins pour garder son boulot».
La pauvreté est liée au développement des emplois à bas salaires.
La baisse du pouvoir d’achat des salariés réduit leur consommation accentuant la dépression économique et au final c’est l’emploi qui trinque.
Augmenter les salaires et pensions et minima sociaux, c’est un enjeu majeur pour répondre aux besoins des salariés, retraités, privés d’emploi… pour relancer la consommation, pour sortir de la crise.
La SNCF, entreprise à bas salaires, doit ouvrir immédiatement des négociations salariales sérieuses.
 
En réaction à la crise, N. SARKOZY se félicite du rôle d’amortisseur joué par les systèmes de protection sociale qui on permis de limiter la récession à un niveau inférieur à la moyenne européenne.
Agir sur l’emploi et sur les salaires est de nature à consolider tous les systèmes de protection sociale en accroissant les ressources de la sécurité sociale.
 
Cela me conduit à évoquer le dossier des retraites.
L’avenir des retraites sera au cœur de l’affrontement social en 2010.
La retraite par répartition est la traduction de la solidarité entre jeunes, actifs et retraités.
La baisse des pensions ou l’écroulement du système sont présentés comme les deux seules alternatives.
La CGT est bien décidée à en faire le marqueur de la volonté de résistance des salariés. Elle conjuguera tous ses efforts pour l’engagement solidaire de toutes ses forces et du syndicalisme.
 
La CGT confortée par les salariés aux élections, prud’homales et professionnelles, puis dans le baromètre annuel qui recueille l’opinion des salariés sur les syndicats, est encouragée dans sa démarche alliant - contestation, mobilisation, proposition et négociation.
Elle s’est engagée, à l’issue de son congrès, pour une action plus résolue pour la défense des services publics, l’emploi, les salaires et les retraites, et à tracer dès le 1er trimestre 2010 des perspectives de mobilisations revendicatives.
 
La CGT mettra toute en oeuvre pour faire grandir le rapport de forces nécessaire pour aboutir à des luttes gagnantes.
 

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