| Déclaration CGT CER du 26 novembre 2009 |
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| Secteur Fédéral CGT Cheminots Dijon - CER |
| Vendredi, 27 Novembre 2009 00:00 |
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Monsieur le Président, Monsieur le Président, à quoi doit répondre une grande entreprise publique comme la SNCF, notamment en période de crise économique et sociale ? Est-ce à faire du fric et du business et répondre, comme le fait la direction fret, aux intérêts du grand capital ou à l’intérêt général, à la réponse aux besoins socio-économiques du plus grand nombre ? Il y a bien là une opposition de fond sur la finalité même de notre entreprise, entre la CGT, la direction et le gouvernement.
L’application des critères de gestion issus du business privé dans une entreprise publique comme la SNCF conduit, de fait, à privilégier le résultat financier à court terme au détriment des missions et valeurs de service public.
Ce qui n’est pas immédiatement rentable, au sens capitalistique du terme, du point de vue de la direction, doit être arrêté, cassé, coupé, abandonné…, quelles qu’en soient les conséquences ou le prix à payer pour les usagers, les populations, les cheminots, l’aménagement du territoire.
Avec le fret SNCF comme laboratoire d’expériences, la direction poursuit le morcellement, la balkanisation de l’organisation interne de l’entreprise. Tous les services sont méthodiquement restructurés en entités « centres de profit » dédiées à un seul produit.
Les établissements Exploitation du réseau et les établissements Équipement qui travaillaient en complémentarité en lien avec les services d’Ingénierie des directions régionales Infrastructure sont démantelés. Les établissements Traction et ceux du Matériel sont éclatés au gré des activités commerciales. Et les ECT suivent le pas.
Aucun cheminot n’est ou ne sera épargné par cette stratégie.
Cet ensemble de réorganisations dessine un nouveau mode de fonctionnement, basé sur l’intégration industrielle des branches qui s’organisent de manière indépendante uniquement en fonction de la loi du marché.
Déjà en place dans le Fret, elle n’a pas fait ses preuves, loin s’en faut, cette organisation a généré des surcoûts, les délais et la qualité du transport des marchandises se sont dégradés.
Étendu à l’ensemble de l’entreprise elle remet en cause le caractère intégré, affaiblit l’échelon régional, les atouts techniques et professionnels, et réduit au minimum les services transverses…, et au final prépare la vente à la découpe de l’entreprise publique.
Dans ce contexte, vous pouvez toujours la main sur le cœur rassurer les cheminots que la privatisation de la SNCF n’est pas à l’ordre du jour.
À travers cela, sont non seulement menacés la qualité de service, sa régularité, sa capacité à répondre aux besoins, la sécurité des circulations, mais aussi les conditions d’emploi, les emplois eux-mêmes, la rémunération, la protection sociale, le système de retraite, les facilités de circulation, le droit d’expression des salariés et les droits syndicaux…
En lien avec un des dossiers à l’ordre du jour de notre réunion, il faut souligner que non seulement cette stratégie ne répond pas aux besoins de transport de la société, mais qu’en plus, elle est destructrice d’emplois.
Entre 2002 et 2008, 17 900 emplois de cheminots au statut ont été supprimés et l’année 2009 se soldera par 3 600 suppressions de plus. Soit 21 500 en 7 ans, soit l’équivalent de 30 usines Molex. Et, alors que la Direction tente de nous persuader qu’il n’y pas de visibilité sur l’emploi à court, moyen ou long termes, c’est bien un véritable plan social qui se prépare avec, à minima, pas moins de 12 000 emplois menacés à l’horizon 2012 soit 4 usines Continental.
Monsieur le Président, rebaptisez votre dossier « nouvel espace de mobilité emploi régional » et au lieu de vous réfugier sur le fait qu’il n’y pas de licenciement, concédez que la SNCF est un contributeur majeur au chômage de masse en France !
Suppression et précarisation de l’emploi, restructurations au pas de charge, dialogue social indigent, contournement des organisations syndicales, politique managériale agressive et infantilisante, course à la rentabilité financière, ce sont les mêmes recettes qui ont été utilisées à la Poste et à France Télécom et dans d’autres entreprises.
Mais, Monsieur le Président, que les choses soient claires. Vous trouverez la CGT sur votre passage !
À l’instar de l’action nationale unitaire de grève du 20 octobre dernier que vous seriez inspiré de considérer comme un véritable avertissement et des multiples mobilisations locales et régionales dans la période, ce sont les cheminots de la filière commerciale gare qui étaient massivement dans l’action pour exiger la prise en compte de la pénibilité des métiers du périmètre de cette filière, la progression de la prime de travail, l’arrêt du management agressif et l’arrêt de la spécialisation des établissements Exploitation sur une seule activité, voire un seul produit.
Le 1er décembre, les cheminots du Matériel seront aussi dans l’action, sur l’emploi, les conditions de travail, les salaires le tout sur fond de management basé sur la suffisance et le mépris au technicentre.
En lien avec cette mobilisation la CGT ne peut que déplorer et condamner les méthodes de patrons voyous employées par la SNCF aux Ateliers du Mans.
En effet, le 2 octobre dernier, dix camions se sont présentés aux portes des ateliers du Matériel du Mans (72) sous les injections de la direction du Matériel pour tenter de déménager, en douce, une partie de la charge de travail PRM de l’atelier vers l’établissement de Périgueux. C’est lamentable !
Enfin, Monsieur le Président, une DCI nationale a été déposée à la Direction des Trains le 12 novembre dernier. Le mécontentement est réel contre le démantèlement de la filière, la spécialisation des roulements et des ECT et pour la mise en place de moyens humains suffisants pour assurer le Service Public et améliorer les conditions de travail.
Pour faire contrepoids à l’arrogance et au non-respect des engagements pris en table ronde en Mai, une DCI nationale a été déposée à la Traction sur le refus des dégradations des conditions de travail liés aux conséquences de la recherche de productivité à l’occasion du changement de service. Le refus de l’extension de l’EAS, de la remise en cause des réserves traction et des présences de GM sont des craintes fortement partagées.
Sans engagement significatif, vous porteriez la responsabilité d’un conflit majeur dans des filières plus que sensible.
Comme vous pouvez le voir, dans un contexte où les projets sont menés au pas de charge sans concertation, avec une direction et un gouvernement qui ne veulent pas entendre les exigences revendicatives portées par les cheminots et leurs représentants, la CGT travaille à amplifier les mobilisations, et ce, à tous les niveaux.
C’est le sens de la manifestation nationale unitaire du 08 décembre prochain qui réunira les cheminots actifs et retraités afin d’obtenir de réelles réponses à leurs revendications.
Dans le cas contraire, la direction est prévenue, le rythme des luttes va s’accélérer ! |








