Car nous la voulons bien!

La CGT et si j'y étais!
La SNCF teste le FRET

A qui le tour?

Lettres D'Informations




Déclaration CGT préalable au CER du 28 octobre 2009 Imprimer Envoyer
Secteur Fédéral CGT Cheminots Dijon - CER
Jeudi, 29 Octobre 2009 14:29

LE 20 octobre 2009, à l’appel des Fédérations Syndicales CGT, SUD Rail, CFDT, plus de 30% de cheminots (nationalement et régionalement) ont cessé le travail. Et ce n’est pas en tripatouillant les pourcentages de grévistes, en cassant le thermomètre que la Direction fera baisser la température !

Ce niveau de mobilisation est à apprécier au regard du silence inhabituel d’une grande partie des médias, de la pression managériale agressive exercée vis-à-vis des cheminots et l’accompagnement zélé de la politique de l’entreprise par les dirigeants nationaux de l’UNSA cheminots. De ce point de vue, cette organisation a pris des responsabilités importantes pour l’avenir en jouant les télégraphistes du Président de la SNCF et en acceptant sans trop renâcler les promesses faites par ce dernier. Chacun sait que les promesses n’engagent que ceux qui y croient !

Dans le prolongement de multiples actions organisées aux plans local et régional (l’intervention des cheminots de la SUGE ce matin avec leurs OS est le dernier exemple en date), ponctuées par une participation croissante des cheminots, des populations, des élus, cette journée de grève doit être entendue par le gouvernement et la direction de l’entreprise qui viennent de recevoir un sérieux avertissement. Il y a urgence à ouvrir de véritables négociations à tous les niveaux de l’entreprise sur les réorganisations, la situation du Fret, l’emploi, les salaires, les pensions et les facilités de circulation qui sont, rappelons-le, les thèmes de la DCI initiale, co signée par les 4 OS représentatives.
 
En ce sens, forte de la mobilisation des cheminots, la CGT a proposé aux autres fédérations syndicales de cheminots (SUD Rail et CFDT) de s’adresser à la direction de l’entreprise pour être reçues dans les tout prochains jours et ceci dans le but d’obtenir de réelles négociations sur les revendications et des engagements concrets sur les propositions novatrices et alternatives que ne cesse de produire la CGT depuis des mois.
 
La SNCF appartient à la Nation, dans ce cadre, elle doit être gérée, s’organiser, se développer à partir des besoins de la collectivité nationale et non être cantonnée dans le business et la politique du fric !
 
La Fédération CGT appelle tous les cheminots à amplifier la mobilisation. Sans réponse allant dans le sens de nos exigences, la direction prendrait alors la responsabilité de la détérioration du climat social et de la montée du mouvement social.
 
Le 22 octobre, à l'initiative de la CGT, plusieurs dizaines de milliers de salariés  dont nombre de cheminots ont manifesté dans les rues de Paris pour dénoncer la politique de casse industrielle et son lot de drames humains, afin de mettre fin aux délocalisations.
 
Profitant d’une situation économique et sociale lourde de conséquences pour les salariés, la plupart des directions d’entreprises accélèrent les mesures de restructuration sous le prétexte de l’impact de la crise.
La responsabilité des dirigeants patronaux, comme du gouvernement, est de plus en plus mise en avant
Les salariés ne sont pas dupes. Ils mesurent que cette logique de financiarisation des critères de gestion des entreprises, avec une recherche permanente d’augmentation des profits, pour les actionnaires et les marchés financiers est bien la cause de cette crise. La poursuite de cette politique est sans issue pour une reprise de l’activité économique et sociale dans les territoires et filières industrielles.
 
Il est urgent d’arrêter cette hémorragie de l’emploi, des savoir-faire, des compétences, des capacités de production.
Il est urgent de donner la priorité à une valorisation du travail, à l’emploi qualifié, à l’investissement, à la recherche.
Au-delà du discours, il y a besoin d’une rupture avec les politiques menées depuis plusieurs années par une véritable politique industrielle qui donne une ambition forte au développement de l’activité des entreprises dans une cohérence nationale, régionale et européenne.
Forte du succès de cette mobilisation à Paris, ainsi que dans les entreprises, la CGT entend participer aux Etats généraux de l’industrie que le Président de la République vient de lancer.
Ce n’est pas la continuité des choix actuels qui doit l’emporter, mais l’écoute de ce que les salariés et leurs syndicats proposent sur le besoin d’une véritable politique industrielle.
 
La CGT porte des perspectives qui sortent de la logique financière, en particulier les questions de salaires, de qualifications reconnues, d’amélioration des conditions de travail, de prise en compte de la pénibilité, pour le départ à la retraite, de l’embauche en CDI et de sécurité professionnelle. L’enjeu est de redonner au travail toute sa place dans l’économie réelle.
C’est également le besoin de droits nouveaux pour les salariés et leurs représentants dans les IRP (comme celle où nous sommes par exemple …)
 
C’est la prise en compte des enjeux environnementaux, pour favoriser les économies d’énergie et une industrie et des transports moins carbonés. C’est le besoin d’un pôle public de financement en priorité pour les PME.
C’est relancer fortement le niveau de la recherche, indispensable à la maîtrise et au développement de nouvelles technologies.
 
Dans les semaines qui viennent, la CGT va poursuivre le débat dans les entreprises en proposant des initiatives convergentes au niveau des bassins d’emplois, des départements, des régions et des filières qui composent l’industrie.
 
Cette puissante journée de mobilisation à Paris a montré une détermination, une confiance dans la capacité des salariés à imposer une autre logique que celle du patronat, du gouvernement. C’est un formidable encouragement à poursuivre les actions revendicatives au niveau des régions avec l’ensemble des branches industrielles.
 
Face au droit sacré de la propriété cher au patronat et au ministre de l’Industrie, la CGT revendique la priorité au droit social, à l’intérêt général pour une industrie créatrice de richesses, d’emplois.
 
C’est probablement au nom de ce droit sacré que la direction de la SNCF a, de nouveau, tenté,  un coup de force, de délocaliser, le vendredi 23 octobre, une partie des charges et de l’outil de travail des ateliers du matériel du Mans, qui a été mis en échec par la mobilisation sociale et citoyenne.
La grève massive des cheminots des ateliers du Mans, la présence et le soutien de nombreuses délégations des sites ferroviaires périphériques, d’élus politiques de la région et de la municipalité, de la population ont permis le succès de cette action. Succès, car la direction, par la voix du chef d’établissement du Mans, a fait repartir « les camions de la honte » .
Il ne suffit pas d’affirmer qu’il existe des espaces de discussions ouverts et dans le même temps, employer des méthodes de « patrons voyous » en délocalisant les charges  et l’outil de travail.
 Le dialogue social doit-il se restreindre à la gestion des drames humains induits par les choix politiques et financiers de l’entreprise ?
La CGT apporte de réelles contre-propositions. Mais il est vrai, les dirigeants n’acceptent pas que les salariés contestent leurs choix économiques. Ils considèrent que le rôle des Organisations Syndicales doit se limiter à l’accompagnement.
 
La direction de la SNCF doit répondre urgemment à cette exigence convergente des cheminots, de la population, et des nombreux élus politiques.
En tout état de cause, la direction de l’entreprise doit être convaincue que la détermination de la Cgt, sur ce dossier comme sur les autres, ne faiblira pas.
Ce comportement des Directions, même si ce n’est pas à l’identique partout, semble être la marque de fabrique du dialogue social « made by Pepy », avec semble t-il l’aval de son actionnaire principal et même pourquoi pas, en le devançant !
Ce n’est malheureusement pas un hasard si certains DET considèrent les établissements qu’ils dirigent comme autant de laboratoires ou ils expérimentent leur lecture des règlements ou leur vision unilatérale du dialogue social. Ils sont confortés dans leurs comportements par la non- intervention coupable de la structure régionale dont vous êtes le responsable.
À défaut de se faire entendre dans l’entreprise rapidement, nous irons faire respecter nos droits , autant que de besoins, devant les juridictions compétentes puisque vous nous y contraignez.
Le dialogue social ne se décrète pas, Monsieur le Directeur, il est fait d’actes concrets que vous tardez à prendre ou si peu, si éloignés des besoins des cheminots portés par leurs O.S, au premier rang desquelles la CGT.
Pour être concret, sur les dossiers qui sont soumis à consultation ce jour, sans rentrer dans les détails dans cette déclaration, où sont les réponses aux questions posées dans les précédents CE ?
Il semble que le préalable minimum serait de nous répondre, cela ne nous ferait pas accepter vos dossiers, mais résoudrait la question du respect des IRP, de leurs prérogatives et par là - même des femmes et des hommes qui les composent.
 

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