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Déclaration CGT CER du 28 mai 2009 Imprimer Envoyer
Secteur Fédéral CGT Cheminots Dijon - CER
Vendredi, 29 Mai 2009 00:00

Monsieur le Directeur,

Toujours confrontés au refus gouvernemental et patronal de négocier après les mobilisations unitaires et interprofessionnelles des 29 janvier, 19 mars et 1er mai derniers, le nouvel appel des 8 organisations syndicales interprofessionnelles à se mobiliser mardi 26 mai et le 13 juin prochain poursuit l’action engagée et porte haut les convergences d’intérêts des salariés, des privés d’emploi et des retraités.

La crise a bon dos et sert facilement d’alibi à des entreprises qui multiplient les suppressions d’emplois, les délocalisations et fermetures de sites.
D’ici 2010, un million d’emplois seraient concernés.
Que l’on soit issu du secteur public ou du privé pour toute et tous, femmes et hommes, cadres, ouvriers ou employés, jeunes ou retraités, le pouvoir d’achat baisse et faute de moyens, nombreux sont ceux qui n’envisagent plus de partir en vacances cette année.
Pourtant les résultats de nombre d’entreprises ne sont pas catastrophiques. Les dividendes versés aux actionnaires de celles du CAC 40 ont augmenté de 14% en 2008.
La CGT n’accepte pas les effets de cette crise dont les salariés ne sont pas responsables.
Ce contexte n’épargne pas les cheminots. Outre les conséquences des dividendes versés dorénavant à l’Etat, la perte de 20 000 emplois en moins de 10 ans, celles liées à l’actuelle restructuration sans précèdent de la SNCF et au déclin programmé de son FRET ferroviaire, ils doivent maintenant faire face à l’annonce de mesures d’économies annoncées au Conseil d’Administration de la SNCF du 27 mai qui dépassent le cadre d’une révision budgétaire classique.
Il s’agit d’accélérer l’ouverture à la concurrence, l’autonomie et le caractère d’indépendance des activités de la SNCF, mettre les cheminots et leurs droits sous la coupe des lois du marché.
Autant d’éléments qui ne sont pas sans compromettre les conditions de transport des usagers et la qualité de service de l’entreprise publique SNCF.
C’est pourquoi les cheminots ont agi par la grève le 26 mai 2009.
En regard du climat social dans l’entreprise, nous mettons en garde la Direction si elle pense que les mobilisations des cheminots ne sont qu’un soutien aux initiatives interprofessionnelles ou l’expression d’un coup de colère passager.
Dans un récent sondage commandité par la Direction SNCF, 62% des cheminots ont exprimé leur crainte de voir le démantèlement progressif de l’entreprise publique au travers du projet  « simplifier la SNCF » et ils sont 61% à dire que les grandes orientations de l’entreprise vont dans la mauvaise direction.
En effet, le projet de verticalisation de l’entreprise pousse vers un éclatement des métiers, vers la spécialisation des entités et la dédicace intégrale.
La structuration de la SNCF par branches (activités/filiales) autonomes et indépendantes et les objectifs de rentabilité financière demeurent.
 
Tous les cheminots ont à l’esprit la réorganisation de l’activité FRET dont le fonctionnement a entraîné des difficultés structurelles et organisationnelles qui n’ont pas permis de limiter les conséquences de la crise mais les a, au contraire, aggravés en fragilisant l’activité, en particulier de l’EPIC.
On constate, d’ailleurs, que les seules entreprises dont les trafics et le chiffre d’affaires progressent au 1er trimestre 2009 sont les filiales de la SNCF.
La stratégie consistant à transférer les trafics de l’EPIC vers les filiales est une réalité que les cheminots contestent et combattent. Ils seront nombreux à l’exprimer le 03 juin devant le siège de la Direction nationale du FRET à l’appel des fédérations syndicales CGT-UNSA-SUD RAIL et CFDT.
La situation économique, financière et sociale de FRET SNCF dépasse les effets de la crise. La CGT alerte depuis des années sur les choix de gestion imposée par la Direction de la SNCF et le gouvernement. Aujourd’hui il ne s’agit pas de faire du fatalisme et de se laisser emporter par les mensonges permanents du libéralisme. Il s’agit de réfléchir à partir des réalités et de changer radicalement de politique.
Les travaux du « Grenelle de l’Environnement » l’ont démontré : la question du transport de marchandises représente un enjeu énorme pour notre société tant en matière d’énergie, d’environnement, de santé publique, de sécurité routière, de conditions sociales des salariés des transports ou tout simplement de qualité de vie. Dans ce cadre la logique voudrait que l’on privilégie les modes de transports les plus économes et les moins polluants.
L’avenir de FRET SNCF est capital pour toute l’entreprise de Service Public SNCF. Le retour d’expérience demandé par la CGT sur les décisions prises depuis le plan VERON se fait toujours attendre.
La direction SNCF et le gouvernement refusent d’assumer la responsabilité de leurs échecs contenus dans cette politique libérale.
Pour ce qui la concerne, la Direction doit en tirer toutes les conséquences.
D’autant plus que les orientations que portent « la destination » annoncée pour 2012 ont pour modèle la restructuration du FRET. Une Direction qui veut désimbriquer les services et isoler les cheminots en les cloisonnant dans un produit ou une ligne appartenant à une branche, ce qui va induire à terme la concurrence entre les personnels et la casse du statut social des cheminots.
Après l’empilage des restructurations de ces dernières années, de nouvelles réorganisations liées au projet « simplifier » sont annoncées avec Infra 2010, le regroupement des pôles Ingénierie, l’entité et les établissements circulations, gares et connexions…
L’ensemble des établissements sur la région est fortement impacté par cette logique de séparation des activités qui bouleverse les organisations de travail actuelles, le contenu des métiers et menace l’avenir de certains sites. Les différentes réorganisations affectent la qualité de services et les conditions de vie et de travail des cheminots. Elles se traduisent par des réductions drastiques d’effectifs, la précarisation de l’emploi, l’appel de plus en plus régulier et fréquent à la sous traitance.
Dans ce contexte, nombre d’initiatives revendicatives sont en cours sur la région.
Elles portent notamment sur la structuration des établissements, l’organisation de la production, les métiers, les effectifs, le pouvoir d’achat.
Elles touchent tous les établissements et fonctions, que ce soit à l’Exploitation, à l’Equipement, à la Traction, au Matériel, à l’ECT.
 
Les cheminots se mobilisent pour préserver leur outil de travail, leur emploi, leurs conditions de travail pour la défense du service public, un service public de qualité accessible à tous les usagers.
Nous sommes convaincus qu’il y a d’autres pistes à explorer que les mauvaises recettes que les directions veulent appliquer.
La CGT pense qu’une réponse concrète à nos 10 propositions pour un meilleur fonctionnement de l’entreprise constituerait une bonne base pour restaurer la qualité de la production, donc l’efficacité de l’entreprise.
Dans le cadre des difficultés quotidiennes des cheminots se pose avec force la question du pouvoir d’achat et des salaires. L’amélioration du pouvoir d’achat et autre politique de l’emploi sont nécessaires pour relancer la consommation et sont aussi les conditions pour pérenniser le financement du régime spécial des cheminots, basé sur une protection sociale collective et solidaire.
La revalorisation des salaires et pensions en 2009 s’impose. Elle doit permettre d’augmenter le pouvoir d’achat des cheminots actifs et retraités pour faire face à leurs besoins.
La balle est dans le camp de la Direction de l’entreprise, des directions régionales et locales.
Après un 1er trimestre où vous n’avez pas écouté le mécontentement grandissant (même si nous constatons quelques  infléchissements  dus aux mobilisations des cheminots depuis le début de l’année, mais qui ne sont pas de nature à remettre en cause l’hégémonie des branches, les dysfonctionnements qu’elles génèrent et les craintes qu’elles suscitent pour l’avenir), ces situations conflictuelles appellent de votre part des engagements à hauteur des enjeux et non pas une stratégie de communication qui se veut par trop rassurante.
Par ailleurs, dans une période ou de vives inquiétudes existent chez les cheminots, vous ne connaîtrez pas d’amélioration dans le climat social si vous ne revisitez pas les attitudes de vos Directeurs d’Etablissements, qui sont vécues comme de véritables provocations.
Pour poursuivre sur le dialogue social et j’en terminerai là : La CGT condamne fermement la position de la Direction sur le dossier des facilités de circulations.
Annoncer lors de la réunion de conciliation du préavis de grève du 26 mai et par «  temps réel » la rupture des négociations par une prise de décision unilatérale est inadmissible et relève d’un dialogue social indigne d’une entreprise publique.
Non seulement la Direction brise le dialogue avec les représentants des cheminots mais elle revient sur ses engagements en terme de nouveaux droits.
La Fédération CGT compte bien ne pas en rester là. Elle appelle les cheminots à poursuivre la signature de la pétition unitaire (100 000 à ce jour, 3600 sur la région réunies par la CGT) pour exiger de nouveaux droits dans le cadre d’une réelle négociation.