| Déclaration CGT CER du 18 décembre 2008 |
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| Secteur Fédéral CGT Cheminots Dijon - CER |
| Lundi, 22 Décembre 2008 00:00 |
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La crise économique amplifiée par la crise financière internationale touche durement une grande partie des salariés dans leurs emplois et leurs revenus. Alors qu’ils n’en sont en rien responsables, les salariés, demandeurs d’emploi et retraités en sont les premières victimes. Un nombre croissant de salariés ne parviennent plus à vivre de leur travail en raison de la précarité de l’emploi, de la faiblesse des revenus qu’on leur impose. Une situation aggravée par les inégalités d’accès aux soins, au logement, à l’éducation, à la culture, aux transports...qui menace l’avenir des jeunes, met à mal la cohésion sociale et les solidarités.
Une période marquée comme rarement, par le mécontentement d’une majorité de la population et par de véritables attentes sociales.
Les droits fondamentaux ne sont plus aujourd’hui garantis par la Nation. Nous sommes bien face à une œuvre de destruction des repères et des valeurs qui structuraient notre vie sociale depuis la libération.
C’est bien parce qu’il y a urgence et que l’ensemble des organisations syndicales a une responsabilité à assurer vis-à-vis de la situation que la CGT a pris l’initiative d’organiser une réunion intersyndicale, afin de définir ensemble les conditions d’une mobilisation coordonnée sur un plan interprofessionnel et cela rapidement.
Réunies le 15 décembre, les 8 organisations syndicales présentes ( CGT , CFDT, FO, CFTC, CGC, FSU, UNSA et SOLIDAIRES) appellent les salariés du privé et du public, les chômeurs et les retraités, à une journée nationale de mobilisation interprofessionnelle le 29 janvier 2009 qui donnera lieu dans tout le pays à des grèves et des manifestations.
Elles appellent à agir massivement et à interpeller le gouvernement, le patronat et les employeurs pour faire aboutir les revendications portant sur l’emploi, le pouvoir d’achat, les salaires, les garanties collectives, la protection sociale, les services publics et les conditions de la relance économique.
La CGT mettra tout en oeuvre pour offrir au monde du travail et aux privés d’emploi un cadre d’intervention de haut niveau, permettant d’infléchir sérieusement les politiques socio-économiques actuelles.
La CGT s’y emploiera, forte du résultat aux élections prud’homales du 03 décembre 2008, un scrutin qui lui confère des responsabilités importantes.
La CGT, avec 33.80%, son meilleur score depuis 20 ans dans des élections prud’homales est la seule grande confédération à progresser en voix et en pourcentage, + 1.6%, et devance désormais la deuxième organisation syndicale de 12 points.
Le gouvernement et le patronat auraient grandement tort de sous-estimer cette nouvelle donne syndicale en évoquant l’abstention massive. Car si nous ne sommes pas satisfaits du taux de participation dont la responsabilité incombe très largement à des conditions particulièrement déplorables d’organisation du scrutin dont les acteurs principaux sont les employeurs et l’administration, ce sont près de 5 millions d’électrices et d’électeurs qui se sont exprimés et ont confirmé la première place à la CGT.
Gouvernement, patronat et employeurs auront plus de difficultés à s’appuyer sur des syndicats qui veulent accompagner le système. À l’appui de ce résultat qui survient dans le cadre de toute une série de progressions obtenues dans d’autres élections, la CGT entend plus que jamais aller à la rencontre des salariés et construire avec eux le syndicalisme conquérant, offensif et démocratique qu’ils viennent d’encourager dans une démarche syndicale soucieuse du rassemblement et de l’unité d’action.
Pour terminer sur ce chapitre des élections, pour la première fois de l’histoire, les retraités de la SNCF étaient appelés à élire leurs représentants au Conseil d’Administration de la Caisse de Prévoyance et de Retraite du Personnel de la SNCF.
Le résultat de ce vote inédit réalisé uniquement par correspondance, avec un taux de participation à 72%, place la CGT en tête des organisations autorisées à présenter des candidats à ce scrutin. La CGT avec 38.80% est la première organisation syndicale chez les retraités, + de 31% devant la deuxième organisation syndicale puisque la Fédération Générale des Retraités des Chemins de Fer ( FGRCF) avec 29.17% soit près de 10 points de moins que la CGT n’est pas une organisation syndicale.
Le taux de participation particulièrement remarquable et le vote CGT massif sont un signe fort envoyé au gouvernement et à la Direction SNCF.
Non seulement les cheminots retraités ont validé la stratégie de la CGT relative à l’évolution de la caisse et du régime spécial de retraite et à l’occasion de la réforme gouvernementale des régimes spéciaux de retraites que nous avons combattue, mais en accordant leur confiance à la CGT, c’est aussi une mise en garde vis-à-vis de la Direction et du Gouvernement contre toute tentative d’attaquer le régime spécial de protection sociale des cheminots et les droits maintenus lors de la création de la nouvelle caisse.
J’en arrive maintenant à la situation de l’entreprise qui continue d’être secouée par d’incessants bouleversements d’origines diverses, rythmés par un empilage de réorganisations avec comme objectif d’obtenir des gains de productivité qui affectent l’efficacité de la production, la qualité du service et débouchent sur une détérioration des conditions de travail, une remise en cause d’acquis sociaux, un affaiblissement du service public et fragilisent la sécurité des circulations.
Cela se traduit par des réductions massives d’effectifs, le non-respect de la réglementation, du dictionnaire des filières, la précarisation de l’emploi et l’appel de plus en plus à la sous-traitance.
Cette politique impacte l’ensemble des métiers et des fonctions.
Des projets qui, s’ils allaient à leur terme, seraient de nature à supprimer des établissements, directions régionales et centrales et remettraient en cause l’unicité et le caractère intégré de la SNCF par une autonomie des activités. D’autres rapports menacent aussi l’avenir de l’INFRA au sein de l’EPIC.
Il ne s’agit pas pour la CGT de nier à la Direction ses prérogatives en matière d’organisation du travail et de gestion de l’entreprise, mais nous considérons que nous sommes légitimes à contester certains choix au regard des réorganisations passées qui ont d’ailleurs été qualifiées d’échecs.
Nous voulons disposer d’un dialogue social de meilleure qualité digne d’une grande entreprise publique afin que nos propositions alternatives puissent être débattues et prises en compte.
Or, contrairement à ses affirmations, la Direction SNCF bafoue le dialogue social, contourne les organisations syndicales, oppose les cheminots entre eux en cultivant l’individualisme contre le collectif. Revenue à une conception ancienne, elle ne comprend que le rapport de forces. Les cheminots l’ont bien compris, ils réagissent et agissent collectivement avec leurs organisations syndicales et notamment la CGT.
La période actuelle est révélatrice de ce point de vue.
C’est le rapport de forces chez les ADC que la CGT a su créer le 06 novembre et la perspective d’une grève reconductible à partir du 23 novembre qui est à l’origine des reculs de la Direction sur le déréglementation du travail au Fret et les tripatouillages de cette dernière avec le concours de certaines organisations syndicales n’y changeront rien.
Le développement des actions revendicatrices et leurs résultats concernant plusieurs activités rendent fébrile la Direction, l’obligeant, par une abondante propagande, à rassurer les cheminots en tentant de leur faire prendre des vessies pour des lanternes !.
Avec plus de 208 Demandes de Concertation Immédiate à l’initiative de la CGT recensées au 03/12, une dizaine sur la région, les Directions sont contraintes à lâcher sur les revendications comme récemment à l’ET.BFC après le dépôt d’un préavis de grève CGT, même si le compte n’y est pas.
Je profite de ce moment de la déclaration pour dénoncer l’attitude de la Direction de l’ET.BFC qui a manœuvré pour annoncer le 10/12 à ses partenaires privilégiés la levée des sanctions pour les ADC ayant refusé de partir sans ASCT(en EAS).
Si nous prenons acte de cette décision et nous ne pouvons que nous en féliciter, nous vous rappelons, Monsieur le Directeur, que sur ce sujet l’ensemble des organisations syndicales était engagé sur la même démarche.
Pour un dialogue social serein, il aurait été à minima normal que cette annonce se fasse dans un cadre plus large.
Malgré les coups tordus qui ne nous sont pas épargnés y compris sur la région, la CGT est toujours aussi déterminée à créer les conditions de l’unité syndicale sur un contenu revendicatif dans la clarté avec les cheminots, de façon à faire grandir le rapport de forces pour des luttes gagnantes pour l’ensemble des cheminots.
Les multiples actions au niveau des fonctions, des établissements, des sites ferroviaires, démontrent leur niveau de mécontentement et leurs exigences.
C’est dans ce cadre que la CGT a convoqué l’ensemble des Fédérations en intersyndicale aujourd’hui 18 décembre 2008.
La CGT continuera de tout mettre en oeuvre pour construire une action nationale unitaire tous services le 29 janvier 2009 par laquelle tous les cheminots pourront imposer d’autres choix et obtenir satisfaction sur les revendications : emploi-salaires Service Public SNCF-conditions de travail.
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