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Déclaration CGT CER du 28 février 2008 Imprimer Envoyer
Secteur Fédéral CGT Cheminots Dijon - CER
Vendredi, 29 Février 2008 00:00

 

Sous l’impulsion d’un Président de la République et d’un Gouvernement ultralibéral, adepte de la privatisation, et d’une Europe obsédée par la concurrence, des dossiers lourds d’effets pour l’entreprise et les cheminots se sont accumulés et se poursuivent.

Nous voulons parler entre autres, du Fret, des activités VFE, de l’Infra et bientôt si la Direction continue dans l’orientation prise, l’activité SNCF Proximité.

Lundi 25 février, le Conseil d’Administration de la SNCF a choisi un nouveau Président – la CGT n’a pas participé au vote. L’élection d’un Président de la SNCF est de la seule responsabilité de l’Etat et du Président de la République.
Nous n’attendons pas de grands changements dans la mesure où Guillaume Pépy est tout de même co-auteur des politiques qui ont été menées ces dernières années et que nous avons combattues.
Par contre, il a maintenant la première responsabilité et s’il veut corriger et modifier de façon substantielle les politiques poursuivies dans l’entreprise, il a des marges de manœuvre.
La CGT ne le dédouane pas de ses actes passés, mais il a les données du problème en main.
Nous le jugerons à ses actes et décisions.
Nous attirons l’attention sur le fait que nous n’accepterons pas demain ce que nous n’avons pas accepté hier, c’est-à-dire que le rôle des représentants des salariés soit cantonné à un simple accompagnement social des projets économiques et industriels décidés unilatéralement par la tutelle et la Direction.
La CGT et ses administrateurs demandent donc de nouveaux engagements et surtout que soient levés les inquiétudes et les risques pour l’avenir de l’entreprise dont le budget 2008 et les prémices du futur plan d’entreprise sont porteurs.
Cette demande de changement de cap s’adresse à la Direction de l’Entreprise et à l’Etat qui ne répondent pas aux attentes suscitées par le « Grenelle de l’Environnement » en ne positionnant pas la SNCF comme entreprise publique de Service Public dans la voie du développement durable.
 
Le 05 février 2008, les cheminotes et cheminots ainsi que les salariés des filiales concernées, se sont prononcés de manière forte pour que d’autres choix prévalent dans l’entreprise et que s’installent de nouveau et durablement les trajectoires qui ont marqué un accroissement des activités de l’Entreprise et un relèvement important du niveau de l’emploi… en quelques mots des trajectoires correspondant à un Service Public de qualité.
En votant à 42,10 %, tous collèges confondus, pour la liste des candidat(e)s présenté(e)s par la CGT à l’élection des représentants des salariés au Conseil d’Administration de la SNCF, les cheminots ont donné un signe manifeste de l’adhésion à un syndicalisme d’action, porteur de propositions alternatives aux politiques socio-économiques, qui ouvre des perspectives à l’ensemble des salariés.
Ce résultat, + 2,10 nationalement et + 3,74 % sur la région (soit 42,74 %) par rapport aux élections des Comités d’Etablissements de 2006, dernier scrutin, donc qui tient compte des modifications inhérentes dans la composition sociale de l’entreprise, de la répartition entre les collèges, de la recomposition syndicale, des multiples restructurations et des dossiers lourds de l’entreprise, conforte la CGT à sa place de première organisation syndicale dans l’entreprise, loin devant la deuxième.
En participant à 61,83 % à cette élection, les cheminots ont témoigné leur attachement au fait syndical.
Ils démontrent ainsi leur volonté de « compter » dans les décisions à venir les concernant et dans une période où vont s’engager des discussions avec le Gouvernement sur la représentativité syndicale.
La progression de la CGT dans le collège Cadre, + 2,55 %, traduit l’exigence de ceux-ci que soit pris en compte leur avis dans les choix stratégiques de l’entreprise.
En plaçant la CGT comme deuxième organisation syndicale dans le 3e collège, les cadres ont envoyé un message fort à la Direction de la SNCF quant à la politique managériale qu’elle leur demande de mener contre laquelle ils se sont aussi mis en grève ces derniers mois.
La démarche de la CGT alliant contestations, mobilisations, propositions et négociations sur tous les dossiers d’actualité dans l’entreprise tel l’avenir du régime spécial de retraite, les salaires, l’emploi, le budget 2008, l’avenir du Fret, est validée à l’occasion de cette élection.
Les cheminots et les salariés du groupe SNCF, en votant majoritairement pour la CGT et en attribuant 3 sièges d’Administrateur sur 6, se sont dotés d’élus qui porteront au plus haut niveau de l’entreprise et du Gouvernement, leurs aspirations et revendications.
Direction et Gouvernement doivent en tenir compte et s’engager vers d’autres choix que la suppression massive d’emplois, la remise en cause des acquis sociaux, la casse de l’activité Fret, la déréglementation sociale et le démantèlement du Service Public.
 
Nous reviendrons en fin de matinée, lors du rassemblement régional unitaire à l’appel des 8 Organisations Syndicales, sur les questions emploi, Fret et droit syndical, notamment pour ce qui concerne la région.
Sur le Fret, nous pourrons même reprendre ce dossier puisque nous avons pu obtenir de la Direction Régionale, un CER extraordinaire mercredi 05 mars 2008.
 
Sur la revalorisation des salaires et pensions : les premières propositions faites par l’entreprise, lors de la table ronde du 19 février 2008, ne sont pas acceptables.
En annonçant une augmentation générale des salaires de 1 % au 01 janvier 2008 pour une inflation estimée au minimum à 2,1 % en 2008, la Direction SNCF s’inscrit dans une nouvelle baisse du pouvoir d’achat.
Cette nouvelle perte viendrait se rajouter au contentieux de 1,1 % pour l’année 2007, alors même que la flambée des prix sur les produits alimentaires et de premières nécessités et le coût du logement confirme une inflation toujours à la hausse en ce début d’année avec + 0,52 % en janvier et + 2,8 % sur un an.
 
En lien avec la question du pouvoir d’achat, le dossier des retraites.
Les discussions en cours à la SNCF sur la pénibilité se déroulent dans le cadre de la négociation imposée au Gouvernement et à la Direction par l’action massive des cheminots lors du dernier trimestre 2007 sur la réforme des régimes spéciaux de retraite à laquelle la CGT reste opposée.
Ces négociations s’inscrivent également dans une démarche générale au plan interprofessionnel le 04 mars 2008, jour de la 16e négociation avec le patronat pour les salariés ayant été exposés à des conditions de travail pénibles ! Mais les conditions qu’il veut imposer sont inacceptables, car : le salarié devrait, à minima être âgé de 58 ans, avoir 40 années d’activité et 30 ans d’exposition, dont 10 avec ces trois critères de pénibilité. C’est inadmissible !
Dans ce contexte, les cheminots peuvent apprécier ce qu’ils sont parvenus à faire bouger par la mobilisation à l’appui d’une démarche syndicale offensive et unitaire entre le mois d’octobre 2007 et aujourd’hui dans un processus action – revendication qui se poursuit.
Lors de la table ronde non conclusive sur la pénibilité du 20 février, la Direction a été tenue d’annoncer des principes d’abondement en temps, de rémunération et d’amélioration des conditions de travail pour tous les cheminots afin de reconnaître les contraintes de Service Public et la pénibilité des métiers à la SNCF.
Pour autant, Gouvernement et Direction comptent bien en limiter les effets en proposant des mesures à minima.
Lors de la suspension du mouvement de grève le 21 novembre 2007, les cheminots avaient prévenu le Gouvernement et la Direction SNCF que les dossiers, retraite, Fret SNCF, salaires et pensions, l’emploi et le droit de grève seraient mis sous leur vigilance et leur mobilisation lors des négociations.
Après la manifestation nationale à Paris du 22 janvier 2008, après le dépôt d’une Demande de Concertation Immédiate nationale et unitaire sur ces sujets, les réponses de la Direction SNCF ont été jugées insuffisantes par l’ensemble des Fédérations syndicales de cheminots, ce qui a conduit la CGT à proposer que soit décidée une nouvelle phase de mobilisation sociale. La CGT réunit de nouveau les Fédérations Syndicales de cheminots aujourd’hui pour leur proposer d’agir le 12 mars 2008 dans le cadre de la Table Ronde de la négociation « pénibilité, retraite ».
Forte du soutien des cheminots et du rapport de forces qu’ils sauront mettre en œuvre pour défendre l’entreprise de Service Public contre les volontés de démantèlement, la CGT continue de revendiquer :
  • La reconnaissance des contraintes de Service Public et de la pénibilité des métiers par l’amélioration de la rémunération, des compensations en temps et des conditions de travail.
  • Des augmentations générales des salaires et pensions prenant en compte au minimum le contentieux 2007 de 1,1 % et l’inflation 2008 estimée à 2,1 %, soit 3,2 %.
  • Un débat national sur l’avenir du Fret SNCF associant l’Etat, la SNCF, les Organisations Syndicales, les élus, les associations… Le maintien de l’unicité de la traction et des établissements exploitation.
  • L’arrêt des suppressions d’emploi et des restructurations, rejetées par les cheminots, contenues dans le budget 2008.
  • Le respect du droit de grève et du droit syndical.
C’est cette conception que porte la Fédération CGT des cheminots en ne séparant pas les négociations autour de la réforme de notre régime spécial de retraite des questions liées au Service Public ferroviaire notamment le Fret SNCF, de l’emploi, des salaires, des conditions de travail et des libertés individuelles et collectives.