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Déclaration CGT CER du 20 mars 2008 Imprimer Envoyer
Secteur Fédéral CGT Cheminots Dijon - CER
Lundi, 24 Mars 2008 00:00

Monsieur le Directeur, 

Jeudi 06 mars, la table ronde Fret demandée par les organisations syndicales a conduit la Direction SNCF à faire de nouvelles propositions apportant quelques inflexions dans la politique industrielle de Fret SNCF.
Ces premières annonces sont à mettre au crédit des mobilisations et de la pression revendicative. Pour autant, les propositions demeurent insuffisantes au regard des enjeux et des besoins de transport de marchandises mais aussi en rapport avec ce qui a été abandonné et cassé au niveau de l’outil de production Fret.

Nous estimons que les modalités engagées pour réaliser « l’intégration industrielle du Fret » créent à moyen terme les conditions de l’externalisation, de la filialisation de l’activité, en rendant celle-ci plus autonome, en éclatant la filière Traction et les structures de production Exploitation transverses à toutes les activités de la SNCF.
Sur la négociation sociale qui s’engage, il n’est pas concevable, pour la CGT, de baisser le niveau des conditions sociales de plusieurs milliers de cheminots qui se verraient appliquer une autre réglementation du travail qui porterait atteinte à la santé, à la vie de famille, et une autre rémunération. Cette façon de faire ne peut qu’encourager le dumping social alors qu’une convention collective nationale de branche du secteur ferroviaire est en cours d’élaboration.
Nous réaffirmons notre opposition à tout projet qui porterait un coup à l’unicité de l’entreprise et au statut des cheminots.

Le 12 mars s’est tenu une nouvelle table ronde sur la pénibilité. Lors de cette réunion, la CGT a bataillé pour obtenir des mesures pour tous les cheminots prenant en compte les contraintes et la continuité du Service Public et une reconnaissance de la pénibilité des métiers à la SNCF.
Sous la pression des cheminots qui ont bien fait d’agir à l’appel de la seule CGT, qui une nouvelle fois a pris ses responsabilités et a mis en adéquation ses engagements avec ses actes, la Direction a dû revoir ses propositions à la hausse.
Aussi, comment ne pas condamner l’attitude de certaines directions en faisant pression sur les cheminots en les dissuadant de faire grève, en provoquant nombre d’entraves à l’exercice normal du droit de grève. Si ce n’est pas de l’intimidation et des manœuvres anti-grève, comment cela s’appelle t-il ?
Ces comportements inacceptables n’ont malgré tout pas empêché des milliers de cheminots d’interpeller la Direction sur leurs revendications et d’exiger des réponses.

Depuis le 21 novembre 2007, des négociations sur le régime spécial de retraite et de ses droits ont été imposées au Gouvernement et à la Direction par les mobilisations des cheminots du dernier trimestre 2007.
L’imposante manifestation du 22 janvier 2008, ainsi que la grève du 12 mars 2008 ont également pesé sur le contenu des décisions de l’entreprise.
Les mesures arrachées sont le fruit des actions des cheminots même si le compte n’y est pas.
La CGT va continuer à créer les conditions de la mobilisation sur l’ensemble des dossiers pénibilité, salaires, Fret, emploi, Service Public, droit de grève.
D’ores et déjà, la CGT appelle les cheminots à participer aux manifestations interprofessionnelles organisées dans toute la France le samedi 29 mars 2008 pour défendre et gagner de nouveaux droits sur nos régimes de retraites basés sur la solidarité intergénérationnelle.
Dès le mois de septembre 2007, les Fédérations CGT des salariés impactés par la réforme des régimes spéciaux ont alerté l’ensemble du monde du travail en démontrant que l’objectif du Gouvernement était de prolonger encore la durée des cotisations dans le cadre du rendez-vous de 2008 et ce, pour tous les salariés.
De mars 2008 à mai 2008 s’ouvre une nouvelle phase de discussions avec le Gouvernement sur l’avenir de notre système de retraite. Les orientations tracées par le Gouvernement sont bien la confirmation de celles de 2003, l’allongement à 41 ans de la durée de cotisation et une nouvelle baisse du niveau des pensions.

Les exigences exprimées de plus en plus massivement dans les luttes et dans les urnes lors des élections municipales et cantonales doivent trouver satisfaction.
A la SNCF, il y a des urgences sociales qui n’ont pas eu de réponses satisfaisantes dans la période récente, comme la rémunération, la prise en compte des contraintes de Service Public dans le régime de retraite, l’emploi, les conditions de travail, la consistance, le niveau et la qualité du Service Public tant voyageurs que Fret…
La Fédération CGT a déposé une nouvelle demande de Concertation Immédiate sur un ensemble de questions qui nourrissent mécontentement et attentes des cheminots.
Les moyens existent pour satisfaire les revendications. Le résultat courant dans le budget réalisé 2007 s’élève à 867 Millions d’€ et pour celui de 2008 les prévisions annoncent 911 Millions d’€.
Si un excédent a été réalisé en 2007, il convient de rappeler que près de 2 500 emplois ont été supprimés et que l’augmentation générale des salaires a été inférieure à 1,1 % par rapport à l’inflation. A croire que dans l’entreprise on ne sache raisonner que par la variable d’ajustement sur la masse salariale.
Et dernière nouvelle, le Conseil d’Administration du 19 mars a accepté le versement d’un dividende à son unique actionnaire, l’Etat, d’environ 130 millions d’euros au titre de l’exercice 2007, en dépit des lourds investissements programmés. Ces 130 millions d’euros, ce sont autant de moyens en moins pour les cheminots dans la réalisation de leurs missions et pour l’amélioration des conditions de transport pour les usagers et pour les marchandises.
Trop c’est trop ! On ne peut régulièrement stigmatiser l’entreprise publique et les cheminots et ne pas donner les moyens du développement du Service Public, voire lui retirer ses marges de manœuvre.
L’avenir de la SNCF ne peut être du seul ressort de quelques dirigeants. Il doit faire l’objet d’échanges et de débats constructifs avec les cheminots à partir de leur expérience. Ainsi l’avenir de la SNCF doit pouvoir être pensé et porté par les cheminots.
Pour la CGT, afin que la SNCF prenne toute la place qui est la sienne de grand Service Public ferroviaire et qu’elle soit plus que jamais au service du public selon le mandat confié par le Chef de l’Etat, il est impératif que les cheminots retrouvent la confiance.
Cela passe inéluctablement par :

  • Des modifications substantielles de la politique managériale, qui est aujourd’hui basée sur des critères de gestion financiers au détriment de la qualité du Service Public.
  • Respecter les instances de représentation, les élus du personnel et les représentants syndicaux en ne les mettant plus devant le fait accompli.
  • Accepter que les Organisations Syndicales jouent leur rôle quant à la vie économique et la stratégie de l’entreprise.
  • Redonner du sens, du contenu, du pouvoir à la Direction des Ressources Humaines nationale, et par conséquent en région, qui est aujourd’hui relayée à éteindre les incendies allumés par les activités. Le rôle transverse de la Direction des Ressources Humaines doit être renforcée en étant associée étroitement aux décisions, avec le pouvoir de modifier le cours des choses tout en étant garant du statut.
  • Corriger le tir sur la mise en œuvre de la loi du 21 août 2007, à laquelle nous restons opposés. Si elle crée les conditions pour restreindre le droit de grève, elle n’autorise pas la Direction à empêcher les cheminots à exercer leur droit de grève dans le cadre de son application.
  • Enfin, arrêter la répression syndicale et la discrimination à l’égard des militants syndicaux. On en veut pour preuve l’acharnement de la Direction Générale à vouloir sanctionner notre camarade Jacques ALLENOU du dernier avertissement et de 3 jours de mise à pied après que l’inspection du travail ait refusé son licenciement. C’est aussi la plainte contre X, suite au rassemblement du 02 janvier 2008 où 600 cheminots étaient présents, en assignant comme témoin le Secrétaire Général de la Fédération CGT des cheminots, le Secrétaire Général du Secteur CGT de Paris Rive Gauche, le Secrétaire du CER et plusieurs autres militants CGT. C’est une drôle de conception du dialogue social que de faire entendre les représentants syndicaux par un commissaire de police. La Direction vient de franchir la ligne jaune et la CGT ne restera pas sans agir face à la recrudescence de procédures juridiques visant à bâillonner toutes expressions revendicatives remettant en cause ses choix. Si la tête à la Présidence de la SNCF vient de changer, force est de constater qu’il n’y a toujours rien de nouveau en matière de dialogue social. Pas plus aujourd’hui qu’hier, la CGT ne se soumettra au fait du prince et à ses décisions arbitraires. Dans la période, la CGT prendra toutes ses responsabilités pour répondre aux attaques d’où qu’elles viennent et dans tous les domaines.